De Gaulle, André Malraux : «Discours de Brazzaville, 14 août 1960» • Inédit

De_Gaulle_Malraux

Le discours de Malraux

De_Gaulle et André Malraux à Colombey -les-deux-Eglises, lors de leur dernier entretien
De_Gaulle et André Malraux à Colombey -les-deux-Eglises, lors de leur dernier entretien

Le 14 août 1960, quelques minutes avant minuit, Malraux prononce un discours à Brazzaville. A minuit (à 0h00 le 15 août), l’abbé Fulbert Youlou, président de la République du Congo, proclame l’indépendant du pays.

Cette nuit a retenti la salve solennelle qui salue l’indépendance des peuples et qui retentira dans la mémoire de vos enfants, comme celles qui saluaient jadis la naissance des rois.

Voici donc l’un des plus grands jours qu’ait connus votre histoire, un jour d’autant plus émouvant pour nous que le destin de l’Afrique Equatoriale d’hier et celui de la France Libre se sont accomplis côte à côte. Brazzaville, vous a dit le général de Gaulle, fut un des hauts lieux de la France Combattante. Hier, le président de la République du Congo et moi sommes allés déposer une gerbe au pied du monument Félix Eboué, qui sut unir sa fidélité à la plus féconde confiance dans les qualités africaines [et] au pied du monument de Brazza qui affirmait avec un espoir souvent trompé que quiconque toucherait au drapeau deviendrait un homme libre. La radio vous l’a dit cette nuit : pour chacun de ces deux morts exemplaires et fraternels dont le dialogue préfigure le nôtre, c’était une gerbe en forme de V, la victoire et la croix de Lorraine, et comme chaque fois, il n’y avait qu’une gerbe, le président de la République du Congo tenait d’une de ses branches, l’envoyé du général de Gaule tenait l’autre.

Il convient de parler ici sans équivoque. L’ère coloniale, à laquelle vous avez fait allusion, Monsieur le Président, avec une dignité de chef d’Etat qui n’oubliait ni le souvenir de ce que vous avez noblement appelé la dot de fiançailles que vous apportèrent les meilleurs des nôtres  ni la fidélité à la douleur, est désormais révolue. Ni vous ni moi n’avons fait l’histoire du XIXe siècle, mais dans la mesure – et vous savez qu’elle est grande ! – où le général de Gaulle a fait notre histoire commune, c’est bien en ce jour d’Indépendance que nous devons crier qu’ici elle n’a jamais été une autre histoire que celle de la fraternité : le général de Gaulle est venu à Brazzaville pour y proclamer une Charte des Droits des Peuples Africain, il y est revenu pour y proposer la Communauté, et j’y suis aujourd’hui en son nom pour y fêter l’Indépendance. Quelles qu’aient été, dans le monde entier – et pendant tant d’années !– les conditions quelquefois affreuses de l’histoire, la France peut être fière au moins de ce matin historique : pour vous, pour nous, pour le monde, il couronne nos rendez-vous de l’espoir et de la liberté.

Sur le monument en mémoire de Félix Eboué, inauguré en 1957, on peut lire sur le socle, deux phrases d’André Malraux:

 

«Etranger, va dire à Lacédémone que ceux qui sont mort ici sont tombés dans sa loi.»
et :
«Passant, va dire aux enfants de notre pays ce que fut le visage désespéré de la France. Les yeux de l’homme qui repose ici n’ont jamais reflété que le traits du courage et de la liberté.»
J’ y ai passé mon enfance, c’était mon  »aire de jeux » sous cette statue en bronze, et aussi dans les travées du Stade Eboué visible dans la vidéo ci dessus. Que de souvenirs dans ce Brazzaville des années 70 à proximité de l’Eglise Saint-Anne. La dépouille mortelle de Félix Eboué repose au Panthéon depuis 1949. Et, bientôt Aimé Césaire ?

 

Sources: Site littéraire André Malraux

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