Trappes: Les « veilleurs » de banlieue…

Les veilleurs de banlieueBillet mauvaise foi. En France, la mauvaise foi est devenue franchise et s’exporte, c’est nouveau.  Sous le prisme des événements de Trappes, de nouvelles convergences dans la société française se font jour. Ce texte devrait satisfaire tout le monde, ou pas. On commence.

Après le réveil raté de Brétigny-sur-Orge, la banlieue sort de son sommeil à Trappes sous les applaudissements de la presse unanime. Les cousins des quartiers chics de Paris sont en extase  » les renforts sont arrivés! Ils vont prendre la relève! On va pouvoir partir en vacances à Rio, Gloire! « . Oui, les veilleurs de banlieue sont dans la place, prêts à rejoindre le grand cortège de la contestation sociale savamment orchestrée par les « veilleurs » canal historique, de la ManifPourTous, jusque là seuls aux avant-postes..

La fraternelle des veilleurs, cette nouvelle franchise désormais bien ancrée de notre société, prône le retour à des valeurs religieuses pour mieux la structurer, c’est con. Face à l’hérésie du monde actuel disent-ils, la foi prime sur les lois de la République. Une curieuse convergence d’idées a vu le jour entre ces deux fractions pourtant rivales. Ensemble, ils ont fêté le sacre du PSG au Trocadéro avec faste, signe avant-coureur d’une radicalisation naissante, structurée par la frange intégriste du réseau « Civitas-De Bourges« , juste après l’adoption de la loi Mariage Pour Tous par l’Assemblée nationale et le Sénat, puis sa validation par le Conseil constitutionnel.

Retranchés dans des bornes étroites d’un extrémisme sans précédents, ils se sont érigés en « prisonnier politique« , en « défenseurs de je ne sais quelle connerie« , en « résistant à rien » avec le concours irréfléchi d’une droite décomplexée et d’une certaine presse très à cheval sur ces « valeurs actuelles« . Les veilleurs étaient nés, la contestation publique actée, la brèche ouverte, l’effet contagion sur les rails. Le temps de latence s’est écoulé…

Des invalides à TrappesDes invalides à Trappes, le même destin.

C’est à Trappes que le « VeilleurConnecting-People » a vu le jour, avec l’entrée en lice des « veilleurs de banlieue« . Ne pas se saisir d’une telle perche aurait été irresponsable. Il faut préciser que ces derniers ne s’identifient pas comme des « veilleurs« , mais les similitudes sont d’une telle évidence que ce qualificatif n’est pas usurpé, n’en déplaise aux veilleurs canal historique.  En effet, le format établi par la mouvance « catholique » est très bien assimilé par les Thénardier de banlieue, toujours aux aguets et très réactifs à chaque opportunité.

Ils partagent la même philosophie de vie.

1. Se croire au dessus des lois avec un irrespect manifeste vis à vis des forces de l’ordre. Le dictionnaire du veilleur est très riche en la matière: Etat-policier, Dictature, Rébellion,  « On ne lâche rien« , « On nique tout« .Etc.

2. Se baser sur des convictions religieuses pour définir une nouvelle hygiène de vie (Postures vestimentaires, Prières de rue, etc). les « veilleurs de banlieue » devant le commissariat de police de Trappes, symbolise ce mimétisme…

3. Faire face à l’autorité pour une  morale qui ne s’imprime plus sur le papier à en tête de la république. L’imprimante Code civil est hors réseau, les drivers sont à réinstaller, les cartouches rechargeables à sec, les serveurs des données ont souffert de l’absence de maintenance ces dernières années, la faute à la crise.

Le « veilleur de banlieue » a sa propre spécificité. Femme, elle se voile par respect ou par obligation. Homme, il se méfie du Barbier (et de Christophe) qui souvent copie lepoint.con. Jeune, il brule voitures et poubelles pour lutter contre la fraicheur de ces longues nuits d’été. De banlieue ou des beaux quartiers, seul ou en bande organisée, le veilleur adore  les troubles à l’ordre public, les manifestations non autorisées, rêve de Liberté pour faire ce qu’il veut sans se soucier des conséquences, dénonce ad libitum la répression policière, la discrimination, la double peine et les incarcérations abusives. Le veilleur est un irresponsable volontaire.

Le veilleur prône l’intolérance et rêve d’une société à haute valeur spirituelle. Problème, la République rêvée des veilleurs catholiques n’est pas celle des veilleurs de banlieue malgré les nombreux points de convergence. Comme des supporteurs d’un même club de foot, les Meilleurs-ennemis-de-France se copie-collent, s’étripent avec joie,  chantent,  partagent cantiques et versets loin des sonates de la Marseillaise…

On peut donc affirmer sans se tromper que « Les veilleurs naissent libres et égaux en France. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur leurs conneries communes ». Oui, il est venu le temps des Cathédrales, la France a changé, la banlieue s’intègre. Mutatis mutandis, elle aussi veille.

La nuit sera longue.

Fait.

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