Politic(Unes) électoralicus: le délit politique organisé…

Délit d'initié politiqueDepuis quelques temps, on assiste à un cirque politico-médiatique qu´on peut qualifier de « PoliticUnes électoralicus », c’est à dire la mise à la Une de faits politiques pour des raisons électorales.

C’est le jeu, l’un ne va pas sans l’autre me direz-vous. Je pense cependant qu’il s’agit d’un délit politique en bande organisée. Spéculation électorale sur la cantonale partielle de Brignoles, non-lieu partiel de Nicolas Sarkozy dans le volet de l’affaire Bettencourt avec le retour en grâce de la « Justice » qu‘il aime bien quand elle l’acquitte (en deux mots).

« Partiel« , parce que la politique à horreur du vide, une affaire en remplace une autre, les Unes se suivent, quand c’est fini, ça recommence. Pour s’en convaincre, je vous présente une petite sélection de sujets déjà au coeur de cette semaine: Cinq colonnes à la Une

1. Après Bettencourt, pourquoi les affaires Sarkozy ne sont pas terminées. Juan Politic pense que l’affaire continue, la véritable affaire n’est pas celle du non-lieu, et que Nicolas Sarkozy a d’autres affaires avec la Justice de la République. Karachi, Kadhafi, encore deux « K » importants dans l’agenda politique de l’ex. Qu’importe l’issue, de nouvelles lignes sont à écrire dans l’agenda politique avant 2017.

2. Après l’affaire Cahuzac, les comptes suisses de Patrick Balkany. Fin de la commission cahuzac en ce début de semaine avec une ordonnance de non-lieu pour le gouvernement, lavé donc de tout soupçons et l’on se demande déjà si l’UMP va participer (ou pas) à une éventuelle « commission Balkany« . En effet, le député UMP est épinglé pour exil fiscal dans les colonnes du Point.fr. La moralisation de la vie publique repassera par une perquisition à Levallois-Perret

3. L’UMP est devenue un non-lieu politique. Pour François Fillon, le non-lieu en politique n’existe pas. En effet, depuis la bataille Copé-Fillon pour la présidence de l’ex parti Gaulliste, le vin de la primaire UMP de 2016 était tiré, François Fillon vient de se resservir une pleine coupe dans les colonnes de valeurs actuelles. Nicolas Sarkozy l’innocent, fière de sa nouvelle virginité judiciaire, est déjà canardé par ses proches. Le sommelier-Fillon veut goûter aux joies de la présidentielle et y va de son tir bouchon. Le collaborateur ne collabore plus, le bal des faux-cul? Une valse à trois temps avec l’entrée en lice de JF Copé ce soir sur FranceTv. To be continued…

A la UNE

4. À Paris, l’unité ne s’écrit pas sur la Front(de gauche). La bataille de la municipale de Paris a déjà fait une victime: Jean Luc Mélenchon. Absent de la lutte contre le FN, le leader du Front de Gauche va devoir compter ses alliés, enfin, s’il en reste. Les échecs à répétition de son parti dans les élections locales (Oise, Villeneuve sur Lot, Brignoles), insupportent le Parti communiste qui s’est tourné vers le PS dans une alliance avec Anne Hidalgo pour la conquête de la Capitale. La stratégie « extrême droite de gauche » de Jean Luc Mélenchon marque un stop. The end?…

5. Le Front national, surenchère électorale. Seulement 10% des électeurs inscrits de Brignoles ont voté pour le candidat du FN, et voilà la République qui vacille, même les fondements de l’Europe se fissurent. Montée du FN? Sur le marché politique, le sigle « FN » est souvent surestimé, c’est une valeur refuge qui « monte » grâce aux traders politiques de droite (pas que) qui s’y réfèrent pour valoriser leur portefeuille électoral. Sur les seconds marchés, le taux d’abstention bat des records, c’est une constance qui s’explique par la capacité des extrêmes à se mobiliser, et la paresse électorale des partisans du Front républicain dans les « petites élections« . À la Une de la presse, le délit d’initié politique s’organise  et s’auto-alimente de sondages pour auto-justifier les nouvelles Unes: 1.Titre à la Une, puis 2.Sondage sur le titre, et 3.Nouveau titre issu du sondage à la Une, etc…

Jusqu’ici, tout va bien, respirez un bon coup…

 
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6 réflexions au sujet de « Politic(Unes) électoralicus: le délit politique organisé… »

  1. Clairement, la tête parisienne du PCF a enfourché les thèses libérales, pour quelques strapontins. Ou peut-être parce qu’elle en partage maintenant les arguments. L’un n’empêche pas l’autre d’ailleurs. Cet épisode permet en tout cas de clarifier la situation : la « droite » (mot un peu fourre-tout) engloberait donc maintenant une partie de l’appareil du Colonel Fabien. Ce ne serait pas surprenant, vu la conservation par ce staff de la notion de productivisme, complètement dépassée. Il rejoindrait ainsi Solférino dans la liste des ennemis du simple citoyen, où autrefois ne figuraient que les « droitistes » assumés.

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