Noir, donc antisémite ?…

Hier, à l’angle d’une rue de ma belle cité lyonnaise, une interjection à mon égard: «Tiens! un cousin de Dieudonné, un antisémite…». Un raccourci facile, un glissement prévisible qui découle de l’actualité. Constat d’état: «Antisémite involontaire», mieux, un «antisémitisme par omission», nouvelle étiquette.  Ma mélanine est supposée être caution solidaire des dérives des mes semblables, ok. Comment vous dire les choses sans que…, Comment émettre un autre son de cloche sans devenir la victime expiatoire d’une société qui délègue sans vergogne ses propres traumatismes?

Dans  «Discours sur le colonialisme», pamphlet d’Aimé Césaire édité en 1950, une grille de lecture, des éléments de langage, peut être des réponses, pour comprendre l’ethnographie de l’occident face à ses impedimenta.

Aimé Césaire: Discours sur le colonialismeAimé Césaire (source, pdf)

Et j’ajoute: « La mémoire n’est pas un comprimé sécable qui ne soulage qu’une partie de notre conscience ».

Bon dimanche.

28 réflexions au sujet de « Noir, donc antisémite ?… »

      1. Il y a des textes des certains résonnant joliment dans la bouche d’autres,
        je trouve celui de Césaire vibrant fort bien dans ton blog.
        Amitiés

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  1. En fait pour une fois il n’y a que deux alternatives : « aimer » tout le monde, ou n’ « aimer » personne. Je pense que ceux qui se laissent glisser dans le racisme (pour simplifier) qui peut être un « simple » machisme (si l’on peut dire), sont des individus (pas des humains) qui n’aiment personne, même pas eux-mêmes. Ils sont vides, vides de contact humain, et ils cherchent un autre chose introuvable, ce qui les rend si agressifs. Ils ne peuvent pas se trouver, parce que tout simplement, à mon avis, ils n’existent pas. Salut à toi, Bembelly !

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  2. Il faudrait relire également Duras, Arendt, Camus… Où est le mal? En tout cas il n’est ni l’apanage des blancs, des noirs ou des arabes… Comme la bêtise d’ailleurs ou le racisme… On est tous dans le même bateau! Et il me semble qu’il est utile de rappeler parfois, certaines valeurs auxquelles nous sommes attachées parce qu’ elles nous humanisent… Merci pour le texte de Césaire. Agnès

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    1. Oui, il faut relire certains auteurs pour comprendre aujourd’hui.
      La France est en train d’asseoir une fausse-vérité pour masquer ses errances passées. La Shoah est une souffrance mémorielle qui a des racines occidentales. Vouloir exporter la responsabilité de ce crime vers d’autres souffrances, c’est une insulte inacceptable. Lorsque le « meurtrier« , on va dire, lorsque l’auteur du crime contre l’humanité se cache derrière d’autres victimes, l’humanité prend un coup sur la tête et va finir par s’écrire au pluriel.

      À chacun ses forfaits.

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  3. Laissons Aimé Césaire dormir du sommeil des justes. Inventons les sociétés de demain. J’en ai marre de citer untel pour avoir du contenant contre untel-autre. Ré-inventons-nous un peu. Laissons les les traces nous guider mais inventons notre propre chemin.

    Cordialement,

    Ervé

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        1. Qui pour leur expliquer? La télé, la radio?
          Cette personne n’est qu’une victime des marchands de mémoire, les tradeurs-ès-cotation sur la bourse des valeurs (Zemmour, Dieudonné, Finkielkraut, Soral etc.)

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  4. le propre des débiles est de pensée de manière binaire, avec relations simple si A alors forcément B Cela leur demande trop de neurones pour employer des nuances. C’est comme si mes voisins muslims (nés au Mali) étaient forcément des terroristes (alors qu’en fait ils en connaissent des victimes et voulaient leur loger une balle dans la tete à ces b’stards) . Ces débiles de la rue, ou des trucs 2.0 ne pensent pas, ils procèdent par réflexes simplistes et confusion mentale où des tas de trucs se mélangent.

    Comme Ervé le dit : pas besoin de sortir tel ou tel philosophe ou écrivain de génie, il faut leur rentrer dans le lard avec leurs mots, démonter leurs « idées » avec ces mots , et donc leur expliquer que non, ce n’est pas par ce que 1 individu dans un groupe fait une connerie, que tout le groupe est coupable et responsable.

    Courage à toi, par ce que si ce genre de comportement se mettait à prospérer c’est le début d’une grosse saloperie niant le vivre ensemble : blanc, noir, jaunes, petit gris, gris, gros, minces, terre-creuse, aliens et Alf.

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    1. Merci.
      Je suis plus inquiet pour ceux qui n’ont pas assez de recul face ces « choses« , et croyez-moi, la tentation d’être irrespectueux est très forte. Je pense aux jeunes, aux oubliés de la République. Il faut craindre le repli identitaire vers des thèses aux antipodes de l’acceptable.

      Mais bon…

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      1. La question du recul par rapport à telle ou telle thématique dépend de la personne. C’est ce qui, me semble-t-il, permet d’être raisonnable et de ne pas verser dans l’émotion, berceaux de tous les excès. C’est aussi le choix de la facilité, du confort.

        Aujourd’hui, il suffit d’ouvrir la télé pour constater à quel point ont tente de nous maintenir dans l’émotion en permanence, l’émotion qui rend les choses simple, qui rend les choses blanches ou noires. Toute nuance étant suspecte par nature.

        Ces cela, à mon avis, le principal danger et le seul rampart face à çà, c’est l’éducation.

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