A l’intérieur-de-Matignon: F. Hollande et son « Michel Rocard » (2ème partie)…

thumb.php« Pourquoi François Hollande a t-il nommé Valls à Matignon? Quelle serait donc cette mystérieuse stratégie politique qui justifierait un si grand écart, loin de sa base électorale et de ses alliés écologistes? » François Hollande a t-il une idée derrière la tête?

C’est à cette question que j’essaie de répondre dans ce billet Valsciné en deux parties. (lire la première tranche avant la suite)

 1ère partie: A l’intérieur-de-Matignon: Hollande et son "Rocard"...

(2ème partie, suite)

Dans les sondages, l’image de Valls est synonyme de modernité, la presse (de droite) parle de l’homme politique  «le plus populaire de la gauche»,  il culminait à 53 % d’opinions positives contre 26 % pour François Hollande en 2013. Alors, l’impétrant se lance dans les eaux froides d’une politique très médiatique. Au terme d’une déclaration ampoulée sur les Roms et après sa croisade contre un comique antisémite, il ne cache plus ses «ambitions pour L’Élysée», mais précise que si François Hollande décide de se représenter en 2017, il se rangera. Fatale naïveté! Au lendemain donc des municipales 2014, François Hollande le nomme à Matignon, il lui offre un poste de premier plan tout en gardant un double des clés, il lui impose une équipe de fidèles qui n’est pas celui qu’il aurait vraiment choisi , un cadeau empoisonné, le coup de Jarnac.

En off, François Hollande laisse entendre à qui le veut  que «l’ancien Maire d’Évry est un phraseur prétentieux. Sa façon de parler-faux quand il veut faire populaire se retournera contre lui.» Ou encore : «Pour être président, il faut beaucoup d’expérience, beaucoup d’intelligence, mais cela n’est pas suffisant. Il faut du plexus. Valls pense avoir tout, mais il n’a pas de plexus». Tombeur de Nicolas Sarkozy en 2012 dans un face à face télévisé gravé dans les archives de l’ORTF «Moi Président de la Republique..», impitoyable devant la faiblesse, François Hollande le méprise autant que son prédécesseur Place Beauvau, mais se prive de lui faire sentir, le temps de remonter dans les sondages et de redresser la France.

En 2015, prétextant la petite défaite de la gauche aux élections régionales après celle des européennes 2014, Manuel Valls  veut démissionner du gouvernement avec l’idée bien arrêtée de ne pas laisser passer sa chance en 2017, mais le vieux Pépère ne lui en laissera pas l’occasion. Il le garde à Matignon après un mini-remaniement et impose le retour des écologistes (et du Front de Gauche) dans le gouvernement Valls II, avant le virer en mars 2016 pour nommer (enfin) Martine Aubry à Matignon, le Figaro parlera du « baiser de la mort« . En effet, contrairement à 2012, c’est sur le Président de la République  que se cristallisent en 2016 les intentions de vote d’une gauche devenue euphorique grâce à la reprise économique initiée par JM Ayrault,  et une vraie baisse du taux de chômage. Face à une droite divisée après la condamnation de Sarkozy, François Hollande est réélu en 2017.

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Prudent, Valls décide d’attendre que le vent tourne pour courtiser le destin. Et, c’est un homme littéralement «essoré» par les coups tordus de l’Élysée qui, en  juin 2017,  se représentera aux législatives dans une circonscription torpillée en sous-main par L’Élysée avec la candidature téléguidée de Marc Vasseur, un protégé de Ségolène Royal qui voulait se venger de sa défaite de juin 2012 à la Rochelle. Manuel Valls, impopulaire et sans mandat, attendra la fin du deuxième quinquennat de François Hollande, pour dire publiquement tout le mal qu’il pensait de son persécuteur. Il avouera, en 2024, qu’il trouvait François Hollande décidément «malhonnête» et, en prime, «entouré de gens à la moralité douteuse». La haine, chez certains, s’exprime à retardement.

(Fin).

Une fiction? Oui car, Manuel Valls n’est pas Michel Rocard et François Hollande n’est pas Mitterrand. Juste une chose, je ne suis pas Madame Soleil,

Mais…

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[Récit] A l’intérieur-de-Matignon: F. Hollande et son « Michel Rocard » (1ère partie)…

elysee[Fiction(politique)-presque– 02.04.2014]

Depuis l’arrivée de Manuel Valls à l’intérieur-de-Matignon, (on va utiliser cette expression qui sonne juste), depuis ce hold-Up politique interne à la gauche, on peut légitimement penser que la dernière municipale était une « législative gouvernementale », une seconde primaire citoyenne de la majorité présidentielle pour définir la nouvelle ligne politique à mi-mandat. La surprise du choix Valls appelle une question: Pourquoi François Hollande a t-il nommé Valls à Matignon? Quelle serait donc cette mystérieuse stratégie politique qui justifierait un si grand écart, loin de sa base électorale et de ses alliés écologistes?

C’est à cette question qu’on va essayer de répondre au delà du prisme de la surprise et de la colère, pour tenter de percer le mystère de ce choix à priori « anachronique« . François Hollande a t-il une idée derrière la tête? Il faut dire que cette « cohabitation » rappelle les passes d’armes Giscard-Chirac, ou plus récent Chirac-Sarkozy [« je décide, il exécute« ]. C’est peut être à gauche qu‘il faut chercher l’explication stratégique de François Hollande, chez un autre Président socialiste, François Mitterrand et son « Manuel Valls » de l’époque: Michel Rocard. Ce dernier était le mentor politique de l’actuel Ministre à l’intérieur-de-Matignon, Manuel Valls.

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Dans un papier du Novembre 2009 intitulé « Le martyre de Rocard«  écrit par Eric Branca, on peut trouver quelques explications sur « l’avenir politique de Manuel Valls« . Cela reste une hypothèse plausible. En effet, Valls populaire et à l’intérieur-de-Matignon, au service d’un Président « impopulaire » me fait penser à une « concurrence asymétrique entre un tueur florentin habité par l’histoire et les rapports de force (F. Hollande Mitterrand), et un idéologue procrastinateur contraint de forcer sa nature pour engager le combat (M. Valls Rocard) ». C’est ce récit politique de la guerre Rocard-Mitterrand qui m’inspire ce billet « actualisé ». Anticipons ce qui peut se passer, Billet Minority Report pour essayer de comprendre le choix Valls par François Hollande. Je garde à l’esprit des faits Rocard-Mitterrand, avec néanmoins de nombreuses retouches, pour une nouvelle lecture. Entrez…

Partie 1. Les fils (politiques) de…

Entre le fils d’un artiste catalan, naturalisé français en 1982, entré en politique à 17 ans au MJS (Mouvement des jeunes socialistes) auprès de Michel Rocard, et l’ancien Conseiller pour les questions économiques de François Mitterrand en 1981 (F. Hollande), rien décidément, ne pouvait être «Normal». Ambitieux, c’est Manuel Valls qui le premier se rapprocha de François Hollande, lequel ne lui demandait rien. Au soir de sa défaite à la primaire socialiste de 2011, et à défaut de se reconnaître dans la ligne du candidat-Hollande (vainqueur), Manuel Valls le soutien, mais reste convaincu que c’est à droite que réside l’avenir de la gauche.

Et le voici qui, à peine au ministère de l’intérieur après la victoire socialiste de mai 2012, s’oppose à JM Ayrault le 1er Ministre, et se dresse contre l’idée même d’un programme politique de gauche avec les écologistes et le Parti de Gauche, perspective sur laquelle François Hollande compte pour sa réélection en 2017. Mais, au lendemain d’une raclée aux élections municipales de mars 2014, Manuel Valls, Ministre de l’intérieur en charge des élections, estime que les faits, plus précisément les statistiques du Ministère dont il a la charge (intérieur) lui donnent raison, et que son heure est venue. Plaidant pour une ouverture vers l’électorat de droite, aidé par son fidèle ami Aquilo Morelle, un ami de toujours (dans le cabinet de Lionel Jospin à Matignon), actuellement Conseiller spécial de F. Hollande à l’Élysée,  il réussi à faire entendre que cet échec est à mettre sur le compte de la vieille morale de gauche, il explique que c’est la défaite de «l’archaïsme». Ce mot, François Hollande ne l’oubliera jamais.

(A suivre)

(2ème partie) > A l’intérieur-de-Matignon: F. Hollande et son

Bonne lecture.

./…

Manuel Valls et la première torpille de F. Hollande….

VAlls HollandeLe gouvernement nouveau est arrivé, Elo’dy est satisfaite, « contre toute attente« , je suis content pour elle. Grandludo souligne: «Cette forme me plait sincèrement, et l’ensemble me semble cohérent. Ce n’est pas le gouvernement de « Vallsiens » ou « Rocardiens » que je craignais».

S’en réjouir? Certains le pensent sincèrement, d’autres par fayotage (pas de lien), c’est à mon avis, prétendre que Manuel Valls serait l’otage politique de la « Gauche » dans son propre gouvernement, c’est (comment dire) le faire passer pour un « Ayrault » qu’il n’est pas.

Autre hypothèse: il confirme ses velléités hégémoniques pour asseoir un destin politique au delà de Matignon, c’est plus dans les traits du personnage. De facto, la « guerre des ego » (Montebourg, Sego, Taubira, Hamon, Valls etc.) est à craindre, et,  les divergences « primaire citoyenne » de 2011, ou « Congrès de Reims » sont à redouter.

Gouvernement « de gauche« ? ou nouvelle machine à couacs? Pour torpiller Manuel Valls, François Hollande ne pouvait pas faire mieux, il tient peut être, son « Michel Rocard »…

À suivre.

Gouvernement Valls: la promo « Primaire Citoyenne 2011″…

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Une « classe primaire« , avec beaucoup de « redoublants », quelques absents (Martine, excusée),  des « Copains d’avant« . On attend le photographe et surtout les premières (fausses) notes…