[Relire]: Le p’tit Négrito à l’Ecole des champs-de-coton, #esclavage…

coton, l'or blanc de l'esclavageAprès les propos de la Ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol – qui est passée allègrement de la femme voilée à la Mémoire violée ce mercredi 30 mars sur RMC en déclarant: « il y avait aussi des nègres américains qui étaient pour l’esclavage », je vous propose de relire ce billet de mai 2014, édité après la tenue de propos similaires par Thierry Mariani, député de UMP, il avait déclaré le 07 mai 2014 que: «l’Afrique n’a pas attendu l’Occident pour pratiquer l’esclavage», en y ajoutant le hashtag (mot-dièse) «déculpabilisation». Nous reviendrons sur l‘utilisation du mot « nègre »  -lien à la fin du billet-. Aussi, pour aider certains à mieux « se déculpabiliser » face au silence sur cette nouvelle fleur de Lys, petit retour sur la merveilleuse vie des « consentants ». Relisons ce billet actualisé, 1ère édition, 08 Mai 2014.

(…) Par un beau matin de printemps, quelque part en Amérique, le p´tit Négrito, à peine sur ses pieds, 3ans et demi, était réveillé par son papa et sa maman dès les premiers chants du coq…

– Coucou Négrito! Allez debout feignasse, on se réveille! Il fait soleil, c’est le grand jour! C’est la rentrée des classes aujourd’hui mon fils! le monde des grands t’attend…. – Hum (il a du mal à se lever), c’est quoi le monde des grands papa? demanda t-il, – Tu verras, c’est trop bien, c’est un monde où il n’y a pas de chômage, on travaille toute la journée tout en bronzant gratos. Un jour, on remerciera Grand-Père pour ces vacances qu’il nous a payé, -Papy? demanda le fils – Oui, c’est Missié Mariani qui l’a dit, je croyais que c’était lui et Mam’Rossignol qui nous avaient offert ce beau cadeau sous les tropiques, mais non, c’était semble t-il ton Grand père, lui, ton oncle Kouta Kinté et tout le village, tu te rends compte? Ton Papy était donc très très riche et je ne le savais même pas! Puis, sa maman ajoute: – Il fallait beaucoup d’argent pour se payer un si grand bateau, embaucher tous ces marins et nous offrir une si belle croisière! Tiens, pour les remercier, on a décidé, ton père et moi (et tous autres cousins de la famille), de prolonger nos vacances ici pour bien en profiter. Allez, on reparlera de Papy une autre fois, il faut y aller, n’oublie pas ton cartable..

À table, face à sa ration de maïs-sucre-de-canne, le petit Négrito, fatigué, avait du mal à se bouger les fesses, un vrai fils de feignasse…

– Mamooon, z’ai sommeil! veux rester au lit mamooon !!! dodo… – Oui mon cœur, je sais, mais ta tante Rosa n’est plus là, elle habite maintenant chez les cousins des Mariani, chez les Zemmour, de l’autre côté de la vallée, on ne peut pas te laisser tout seul mon petit, tu vas venir avec nous – Plus là tâta Rosa mamooon? -Oui Negrito, on verra tâta rosa le jour du marché, ce week-end après l’église, tu pourras jouer avec tes cousins, la famille d’Afrique,  ils vont nous rejoindre en vacances ici, c’est bien, on aura des nouvelles de Papy…

Puis, le son du moteur mal réglé du véhicule de ramassage scolaire, celui du Directeur de l’établissement, sonna l’heure du départ pour l’école, premier jour d’apprentissage… – Allez, prend ton sac-à-dos Negrito, aujourd’hui, c’est nous qu’on va te donner ta première leçon, tu apprendras vite mon fils, tu feras comme Papa!

Negrito enfants esclave traitre negrière

Le petit Negrito n’aimait pas l’école -obligatoire-, il détestait les lieux pour y être né, c’était déjà son centre aéré, son école maternelle, son aire de jeux, il aimait faire la sieste sous le manguier qui faisait l’ombre, il a souvent accompagné ses parents lorsque tâta Rosa, la maîtresse de l’école-de-maison était indisponible, ou en « réunion de travail » avec le directeur de l’établissement.

C’est ainsi qu’en Amérique, grâce à ces jolies colonies de vacances mémorielles, payées par de riches donateurs très discrets, disons, des gens modestes (faire du bien à l’humanité et s’en vanter, c’est mal), que des milliers de petits nenfants nègres entrèrent très tôt dans la grande et prestigieuse Ecole-des-Champs-des-Amériques. Le petit Negrito était très doué, il a très vite obtenu tous ses diplômes, à 13 ans il était déjà major de sa promo, à 18, il a eu sa maîtrise-des-champs, puis promu responsable de plusieurs exploitations. Ses parents étaient absents lors de sa remise de diplôme, de très belles distinctions, il était à l’honneur…

Esclave, vente, humiliation, traite negrière

Pendant toute sa carrière, Negrito avait gardé son sac d’écolier, un précieux présent qu’il tenait de ses parents, et qu’il avait transmis à son fils, puis à son petit fils. De génération en génération, un très bel héritage.

[Mot de fin]. Je tiens à remercier ici tous les heureux donateurs pour ce grand service rendu à mon humanité. Ils veulent garder l’anonymat je sais, les descendants refusent toujours l’héritage dans le cas d’une « très bonne action » mais j’insiste, ça me fait plaisir, on m’a appris à toujours dire merci. Aussi, un Grand Big Up à tous ces mécènes pour ces 4 siècles de bourses d’études, Grazie mille pour avoir rendu possible l’inscription de plusieurs générations de noirs dans les Grandes-Écoles-des-champs des Amériques, botondi pour ce cursus universitaire sans fin, and thank you pour ces siècles de Hautes études Cotonnières (H.E.C) loin du baobab d’Afrique et de l’arbre à palabres. Mèsi pou tousa’w ka fè ban nou, Asante.

A LIRE: De l’esclavage à Rossignol, une brève histoire du mot « nègre »…

[Guy-Alain Bembelly, Lyon. Billet « Hautes Études Cotonnières » (H.E.C ), 2ème édition]. Fait.
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