Ne pas faire le jeu de la droite? Oui mais, qui a commencé?…

Faire le jeu de la droite[A contre-courant]. À quelques heures d’une échéance électorale, les cheminots de la gauche s’activent pour raboter les quais de l’abstention, cet espace peuplé de voyageurs qui refusent (d’après les sondages) de monter dans les « TER Europe », on cherche déjà les coupables…

Le chef de gare Manuel Valls se décarcasse:  » Ne faites pas le con! Ne pas voter (à Gauche), c’est faire le jeu de la Droite »... Il a raison, s’abstenir c’est livrer l’Europe aux extrémistes. Il faut reconnaître que ces derniers ne désertent jamais les urnes, ils honorent avec force et conviction leur abonnement électoral. Mais, malgré cette débauche d’énergie jusqu’aux terres catalanes, les électeurs de Gauche boudent le nouveau train, certains pensent que ce voyage européen est une nouvelle prise d’otage, une supercherie (politique). Le rose a perdu des couleurs…

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Le problème des abstentionnistes, ce n’est pas l’Europe, mais la France. Le problème? c’est leur quotidien avec une Gauche qui s’est exilée à droite. Ma réflexion ne portera donc pas sur l’intérêt de l’Europe (que les abstentionnistes ne détestent pas, contrairement aux extrêmes), ni sur la sécurité qu’elle nous procure, ce point a été suffisamment abordé sur ce blog, aussi, on va s’épargner une redondance pour répondre à la question essentielle de la montée de l’abstention chez les électeurs de Gauche qui aujourd’hui ne se demandent plus pour qui ils vont voter, mais pour qui ils vont s’abstenir. Alors, S’abstenir c’est faire le jeu de la droite et des extrêmes? Ne pas voter, c’est faire honte à la France avec un score élevé des partis populistes? Oui et sans conteste, mais la vraie question serait plutôt la suivante: Qui a commencé à faire le jeu de la droite?

Quelques réponses…

Faire le jeu de la droite, c’est renoncer aux engagements validés par le vote du 06 mai 2012 avec ce virage politique basé sur la politique de l’offre, c’est à dire, celle dont on ne voulait pas sous l’ancienne majorité, avec les conséquences connues,

Faire le jeu de la droite, c’est instituer une niche fiscale pour le seul bénéfice des entreprises au nom de la sacro sainte «compétitivité», sans contrepartie, au détriment du pouvoir d’achat. Accepter une politique d’austérité en France et faire campagne contre l’austérité pour l’Europe, c’est une contradiction majeure, une incitation à l’abstention,

Faire le jeu de la droite, c’est gérer avec parcimonie les discriminations en France, avec acceptation d’une tolérance coupable sur certaines catégories de la population, et une capacité d’indignation aux abonnés absents,

Faire le jeu de la droite, c’est accepter, puis justifier l’expulsion d’une gamine de 15 ans après son arrestation lors d’une sortie scolaire, puis s’en féliciter au nom du « respect de la loi » au détriment de la morale,

Faire le jeu de la droite, c’est s’acharner lorsqu’elle cherche à revenir, dans ce beau pays qui l’a vu grandir, dans cette belle France qui peut faire d’un immigré son chef de gouvernement… etc.

Alors? Faire le jeu de Gauche? Oui, mais  après vous, si vous voulez bien…

Ce billet est à contre courant des enjeux européens (comme le débat de ce soir essentiellement focalisé sur l’immigration, le nouvel enjeu européen, #DPDA) je le concède, c’est un raccourci, un tissu d’inepties me diront ceux qui savent pour qui je devrais impérativement voter, les ayants-droit de ma carte d’électeur qu’ils imaginent en copropriété. Je sais, je me trompe, je n’ai rien compris, peut être bien. Pour dimanche, j’ai une certitude, j’irai voter, pour qui? Je n’en sais rien…

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