De la Liberté: « Faire petit c’est grand » …

Ce matin à l’heure du café, j’ai posé mon regard sur les détails de cette toile, et j’ai accompagné la pensée de ce cordonnier dans sa grande quête du «petit». Chaussure-poupée, présent du Père Noël je suppose et une réflexion suggérée par le peintre Norman Rockwell [1894-1978]: comment «Faire petit» lorsque qu’on ne sait que «faire grand»? (Cobbler studying dolls shoe, 1921)

Norman Rockwell

Norman Rockwell c’est le plus populaire des artistes américains des années 50, on lui doit les traits de Tom Sawyer dans les romans de Mark Twain. En 1943, il participe à l’effort de guerre en publiant le très célèbre The Four Freedoms (Quatre libertés) qu’il décline en (1) la liberté d’expression, (2) la liberté de religion, (3) la liberté de vivre à l’abri du besoin, (4) la liberté de vivre à l’abri de la peur. Aujourd’hui à géométrie variable, la première (liberté d’expression) est devenu l’excuse pour se défaire de la seconde (liberté de religion) quand elle est différente de la notre, impression de liberté. Les deux dernières s’inscrivent dans cette mise en abîme de la société qui se peint en train de se peindre en se regardant dans le miroir de ses propres convulsions, comme dans le triple Autoportrait de Norman Rockwell (1960), ou encore dans cette œuvre de 1964 où il représente une petite fille noire américaine se rendant à l’école, escortée par des agents fédéraux en pleine période ségrégationniste. Fragile, elle est petite la liberté, la résultante de petites attentions.

Non, les poupées ne grandissent pas. Alors, « Faire petit, c’est grand… ».

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