François Hollande et l’antisémitisme des «Français de souche» …

A l’occasion du 30e dîner annuel du CRIF, le chef de l’État s’est exprimé au sujet de la profanation du cimetière juif de Sarre-Union (des centaines de tombes saccagées, un acte antisémite d’une violence inouïe), il a déclaré: «J’étais également la semaine dernière à Sarre-Union dans ce cimetière dévasté par de jeunes lycéens, Français de souche, comme on dit, ignorant au point de ne pas avoir vu les écritures en hébreux»..

Français de souche? Une expression «extrême droite» volontairement employée pour mettre en lumière l’antisémitisme qui sévit chez cette couche de la population «originaire de la région» comme l’écrivait la presse constatant que les coupables de cette abjection «c’était pas des arabes de banlieue» mais des «français de souche comme on dit». Le terme n’est pas approprié comme je l’écrivais dans un billet (ci-dessous), il est ici utilisé non pas en terme d’appropriation-valorisation comme l’avait fait très maladroitement Manuel Valls avec son islamofascisme,  mais pour mettre en évidence la responsabilité de ceux-là même qui l’utilisent comme étendard  d’un marqueur social, vecteur d’une prétendue probité sans tache qui les distinguerait des autres, les de-fraîche-date, c’est la lecture qu’il faut en faire. D’ailleurs, comme moi, d’illustres personnages ont eu recours à ce principe du contre-pied pour retourner des vilénies contre leurs auteurs, on peut citer Aimé Césaire avec son «Nègre je suis Nègre je resterais, et le nègre vous emmerde!»), ou MalcomX à qui j’emprunte souvent le désormais «Je suis un nègre des champs»). Caeteris paribus.

Lire: «Français de couche» je suis et j’emmerde Eric Zemmour

Pour l’avenir, je pense qu’il est (peut être) temps de définir un nouveau concept pour compléter le nouveau lexique des strates de la population françaises. Nous avons dans le langage courant toute une pléiade d’expressions d’origine contrôlées: les musulmans de France, les juifs de France, les noirs de France, les chrétiens d’Orient Euh.. de France, etc., manque à l’appel une importante partie de la population qu’on a du mal à définir dans ce tableau d’identification de la République, une population «victime de racisme anti-blanc» comme le clamait Jean-François Copé dans sa période «pain au chocolat». Pour rester dans ce (mauvais) marqueur ColorMeFrance, je suggère qu’on les nomme… «blancs de France», n‘en déplaise à Eric Zemmour. Dans l’attente d’un retour à l’équilibre où l’on désignerait tous les enfants de la république par le seul qualificatif de «français», dans l’attente de cette joyeuse utopie qui mettra certainement du temps à venir, qu’il plaise à cette modeste assemblée d’adopter l’imbécile expression de « blancs de France », je vous remercie.

L’antisémitisme est un fléau qui gangrène la société française, une plaie sociale visible chez tous les .de France, sans exception.

Lire:"Français de souche": pourquoi cette polémique n'a pas de sens

Édit: Je vous conseille l’excellent papier de Bruno Roger-Petit dans Challenges.fr, il revient sur ce procès infondé fait à François Hollande (lien ci-dessus).

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