Clash Michel #Onfray – Yann #Moix, ou l’Art de vaincre sans convaincre …

Clash Moix Onfray Duel des titansLes temps changent mais les gladiateurs sont toujours à la mode dans nos arènes (politiques), un patrimoine célébré hier sur le plateau de l’émission «On n’est pas couché» de Laurent Ruquier sur France 2.

Ce samedi 19 septembre, on a assisté à un face-to-face entre deux adversaires ex-amis, équipés par la seule arme de la rhétorique, ils ont croisé le verbe, un combat de titans sans son célèbre salut: «Ave, Imperator, morituri te salutant». Nouveau jeu de cirque médiatique? Peut-être bien, un combat de gladiateurs sans chevaux ni chars, une joute oratoire à l’issue sanglante. Au cœur de l’échange, l’intellect, la morale et un zeste de philo. L’objectif: convaincre l’auditoire, être adoubé par la grande armée des couche-tard devant le petit écran. Distribution de baffes verbales, tout y était, les roses et les piques, une anthologie qui nous change des simples Blogowars

«épigone de l’extrême-droite» et «adepte du consentement meurtrier» etc., premières salves de Yann Moix à l’encontre de Michel Onfray, philosophe libertaire qui attendait patiemment ces cris d’orfraie pour une riposte graduée consistant à faire pénétrer le glaive de ses réponses par les trous de la visière de son adversaire, ce qu’il fut avec talent, on peut le dire, avant de l’éperonner: «J’ai dit que vous étiez un excellent romancier, je le crois toujours. Mais il ne faut pas vous essayer à la pensée, ce n’est fait pas pour vous». Un coup sans affects pour d’abord envelopper son adversaire dans le compliment, avant de le réduire à l’impuissance, le flatter avant de l’enfourcher, une vieille technique qui marche toujours. Il est en effet difficile de savourer l’éloge et de s’en défaire dans la foulée pour contredire une chute avilissante, ce p’tit temps de latence devient alors aubaine pour l’adversaire qui peut en placer une autre.

Pour Yann Moix, difficile fut d’apprendre qu’il n’était que «choix par défaut d’Onfray» pour remplacer Aymeric Caron en tant que chroniqueur de l’émission ONPC: «Votre place, on me l’a proposée, je l’ai refusée». Et le doigt levé de Néron, pardon, de Laurent Ruquier validant (l’info) le coup fini par l’achever, définitivement terrassé dans ce Clash of Clans qui a très vite tourné au massacre intellectuel. Oui, ce fut un carnage, sur la forme du moins. Sur le fond, l’aide inespérée de deux amazones (Léa Salamé, Emilie Frèche, romancière) a permis d’écorner la parfaite défense de Michel Onfray (sur le Front national, l’afflux des réfugiés en Europe, sur la fausse Gauche, etc.) et cela malgré ses incessantes piques «BHL» en réponse à Yann Moix, son maillon faible

Michel Onfray, fallait pas l’inviter, ce fut pénible pour son adversaire qu’il a vaincu sans (me) convaincre sur le fond. Interrogé sur ses accointances avec la pensée souverainiste, M. Onfray a déclaré: «Je ne suis pas Congolais». Non, il n’est pas congolais! [Moi si, et le Congo t’emmerde!]. Il l’a dit et sans ambiguïté, une «heureuse précision», disons une perche que Yann Moix n’a pas su saisir dans le débat, dommage.

(…)

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8 réflexions au sujet de « Clash Michel #Onfray – Yann #Moix, ou l’Art de vaincre sans convaincre … »

    1. J’ai connu Yann Moix plus acerbe que ça, il s’est fait bouffer, et en toute beauté! C’était un carnage, heureusement que nos deux amazones sur le plateau ont fait le job…

      Il a vaincu Yann Moix, sans (me) convaincre, sur le fond.

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  1. Je n’ai pas vu l’émission…..je n’aime pas ces jouxtes….faut il qu’il y ait toujours un vainqueur quand les idées méritent mieux. Convaincre dans l’échange c’est mieux L’acharnement de certains contre Onfray me fait penser à la chanson de Beart  » le premier qui dit la vérité , il doit être exécuté  » !!
    Même si on n’est pas toujours d’accord avec lui

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  2. peut-être se faisaient-ils un entre soi, échange ni malpoli d’ex camarade.. pas vu, juste l’extrait sur cette page,
    mais m’a fait penser à Hannah Arendt et son idée du philosophe fréquentant ou associé du politique.. un entretien avec Barbara Cassin vu dans l’Obs au début du mois, je l’ai retrouvé..

    « C’est que les philosophes, lorsqu’ils s’emparent de la question politique, lui font subir une torsion particulièrement dangereuse. Ils ne savent pas se tenir devant elle de façon neutre, comme ils le font par exemple devant la nature. Le philosophe transforme la politique en quête de la vérité, réservée à «ceux qui savent». Cela les conduit souvent à se rapprocher d’un prince qu’ils espèrent éclairer de leurs conseils, et que ce prince se mue en dictateur ne les gêne finalement pas tant que ça.

    La dérive commence dès Platon et son idée du philosophe-roi, qu’il tente de mettre en pratique lors de son voyage en Sicile chez Dion de Syracuse. Un fantasme d’influence du même ordre animait Heidegger en 1933, lorsqu’il pensait être en mesure de guider Hitler. Arendt le dit avec humour à l’occasion des 80 ans de Heidegger. «Le penchant au tyrannique se peut constater dans leurs théories chez presque tous les grands penseurs», note-t-elle, diagnostiquant une véritable «déformation professionnelle» …

    bonne journée 🙂

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