« Je tweete donc je suis », c’est l’histoire d’un mec devenu le porte-parole des #SDF (lire)…

ERvé @CroisepattesBillet de Ervé dit @Croisepattes sur les #SDF connectés . Non, il n’est pas devenu porte-parole des « Sans Téléphone Fixe », mais interpelle ses « amis des deux cotés du smartphone » sur les risques d’une « pseudo médiatisation » qu’il appelle « le Tsunami du vide », qui au final ne règle pas vraiment les problèmes de fond. Après deux trois petits modif’ dans le texte – avec son autorisation- , lecture…

C’est l’histoire d’un mec devenu le porte-parole des #SDF, porté par les médias qui le sollicitent à tour de bras d’honneur (ben oui, une fois que c’est dans la boîte ou publié, le mec SDF on s’en fout, qu’il retourne sur son bout de trottoir). Via les réseaux sociaux, une déferlante d’indignations et de soutiens (via même cagnotte en ligne) s’organise et MIRACLE: ça marche pas. Le mec est toujours SDF. C’est ballot. Alors on s’indigne forcément. C’est pas normal, en France, de vivre comme ça toussa toussa… Mais désolé… Si. C’est comme ça.

Une baguette magique? un truc pour « s’occuper » de SDF ?

 Rien.

Normal, il n’y en a pas de baguette magique. Par contre, il y a des structures, du personnel (dans le sens armée de travailleurs/travailleuses sociaux), médecins, associations d’accueil de jour, et j’en passe, (sans parler de la générosité des gens) qui permettent à qui VEUT de s’en sortir.

Mais à « QUI VEUT »…

Il suffit de le demander (je sais, parfois ce n’est pas facile).

Alors, passer par Twitter pour dire que son pote souffre de son dos, assis sur un banc, bière et petit sourire, ça me laisse un tantinet perplexe. Et pour connaître ce qu’est un cri d’alarme, on ne pose pas devant un smartphone pour dénoncer un soi-disant système à la con quand on peut en bénéficier. La critique est facile dans les deux sens. (..) Pour certains d’entre nous, Twitter, c’est devenu la technique du fainéant. Je tweete donc je suis…

Il faut faire le bilan, se demander pourquoi on est toujours à la rue si c’est si génial que ça d’être médiatique via twitter.

  • Et moi qui écrit ce tweet long, quelle légitimité ai-je à donner mon avis ?
  • Réponse: Un ras-le-bol .

J’utilise Twitter (en dehors de la déconne) comme marteau pour proposer à qui à besoin de planter un clou pour accrocher un improbable tableau sur un mur. Mais aussi, quand je décroche un boulot, créer ou recréer du lien social. Ce que certains déclarent faire dans les médias. Je suis comme tout le monde, ça me flingue ces « appels au secours » mais je suis réaliste, pragmatique un peu aussi.

Dans la rue, on se considère comme des « potes », « de vrais gens solidaires ». Mais des fois, pas facile de compter sur les autres …

Pour terminer :

  • Il n’existe pas de #SDF, mais des personnes différentes qui vivent à et dans la Rue. Je fais parti des personnes pour qui la Rue est une Famille, famille dans le sens « chez moi ». Au bout de plus de vingt années, je pense la connaître dans ses douleurs et ses souffrances, sans parler de sa violence mais aussi dans ce qu’elle peut apporter : solidarité, entr’aide, attention…
  • Nous sommes légions SDF : travailleurs pauvres, retraités pension de misère, ex-taulards, laissés pour compte-psychiatrique, mômes virés par les parents pour des milliers de raisons, ex-enfants de la DDASS…
  • Votre solidarité ou votre façon de voir les choses vous honore, et on ne peut qu’en être touché. Mais évitez de synthétiser les situations en 140 signes.
  • Twitter n’a de magique que si on lance un appel et un feux-follet magnifique quand l’appel à trouvé réponse.

(…) Voila, un tweet long merdique mais que je tenais à vous adresser juste histoire de vous dire que pendant l’été aussi, il y a des gens sur le trottoir, comme en hiver-, et que la chaleur tue.

Fin de ce long tweet. Je vous aime. Biz.

Ervé

./…

 

2 réflexions au sujet de « « Je tweete donc je suis », c’est l’histoire d’un mec devenu le porte-parole des #SDF (lire)… »

  1. Tiens, j’ai pensé à Ervé quand j’ai lu ces jours-ci que 26 % des logements étaient vides dans les 1er, 2, 3 et 4e arrondissements de Paris. Si on VEUT, notre ami peut faire l’emplette d’un bon pied de biche. Mais il va vite mesurer si son bon vouloir ne se heurte pas au pouvoir de proprios peu partageux…

    Aimé par 1 personne

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