«#Nègre», ma révolte, ma gueule, mon nom. Explications verset #Césaire…

Paris 1934. Un jour, Aimé Césaire traverse une rue non loin de la place d’Italie. Un type passe et lance: «Eh, petit nègre!». C’était un blanc. Aimé Césaire lui répond : «Nègre vous m’appelez? Et ben oui nègre je suis, n’allez pas le répéter, mais le petit nègre t’emmerde!». Le lendemain, il propose à son ami LS Senghor de rédiger ensemble un journal, pour s’approprier ce mot lancé comme une insulte qu’il fallait ramasser pour faire face.

Ainsi naquit un concept politique et poétique: la Négritude. Une réponse à une provocation, avec le concours d’autres étudiants noirs: Léon Gontran Damas, Léopold Sédar Senghor, Birago Diop, etc, autour du journal L’Étudiant noir. Loin d’un repli identitaire ou d’un pseudo communautarisme, ce mot nègre devient une juste appropriation, une arme de protection pour un universalisme qui ne s’arrête plus aux portes de la négrerie. Jean-Paul Sartre en 1948 – dans « Orphée noir » préface à l’ «Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française» de Senghor – confirme: «Le nègre ne peut nier qu’il soit nègre ni réclamer pour lui cette abstraite humanité incolore: il est noir. Ainsi est-il acculé à l’authenticité: insulté, asservi, il se redresse, il ramasse le mot de *nègre* qu’on lui a jeté comme une pierre, il se revendique comme noir, en face du blanc, dans la fierté.». Un précepte qu’on retrouve chez Jean Cocteau (1889-1963): «Ce qu’on te reproche, cultive-le, c’est toi». Sous la plume de Césaire – pas que- ce mot renverse donc une insulte raciste en un terme chargé de sens et valorisant: «Nègre, c’est ma révolte, ma gueule, mon nom. Elle renverse ainsi une blessure quotidienne et cinq fois centenaire en une mémoire: «j’habite une blessure sacrée» [Aimé Césaire]. Tout un … cadastre..

Au-delà de la lecture primaire qu’en font certains, l’insulte raciste qui l’accompagne demeure. Aussi, son utilisation relève d’une autre architecture. Les « non-initiés », merci de vous abstenir, dans votre propre intérêt. Être nègre n’est point l’acceptation d’un quelconque statut d’infériorité et encore moins une résignation face à l’adversité. Être nègre c’est être capable de fouiller en soi, plus profondément comme le dit Césaire: «Fouille en toi, allez, fouille, encore […]; eh bien, quand tu auras fouillé, tu trouveras […] le nègre fondamental!». Et il ne s’adressait pas qu’aux *nègres*. Certains ont compris, les autres, fouillez encore, le Nègre fondamental n’est jamais bien loin…

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