​Que faire des statues des #négriers et #suprémacistes blancs de France? Question…

635px-Mascaron_nantais_02C’est bien de regarder vers les Amériques et de se réjouir du démantèlement des statues des suprémacistes blancs, il serait peut-être temps de se poser la même question pour nos suprémacistes & négriers Bleu-blanc-rouge. Oui, il y en a, beaucoup.

À toutes fins utiles, je rappelle aux uns et aux autres – comme ça- que notre belle république est truffée « d’objets du même calibre », résultat de plus de 400 ans de participation, aux premières loges, dans le  « commerce triangulaire » lors de la traite négrière. Il suffit de se promener en levant les yeux devant les riches bâtisses à Nantes par exemple – le principal port négrier français-, pour découvrir ce « vernissage d’un autre temps ».  Et pour ne pas faire de jaloux, on va citer La Rochelle, Le Havre, Bordeaux, Saint-Malo, Lorient, Honfleur, Marseille, Dunkerque, Rochefort, Vannes, Bayonne, Brest etc. Dans les artères de ces villes, en plus des statues négriers, on trouve aujourd’hui encore, les marques de «l’Art Nègre Panthéonisé» sur les frontons de riches et belles demeures, des œuvres gravées du sceau de cette «belle époque» où le «bois d’ébène» avait une très grande valeur marchande. Aussi, Slate pose  la question: « Que faire des statues des négriers français »?  Extrait du beau papier de Slate.fr.

Le « débat sur la Mémoire de l’esclavage » est posé. Certains proposent de «Débaptiser les collèges et les lycées Colbert», ministre de Louis XIV et acteur de la légalisation de l’esclavage. Le retirer de l’espace public. Mon avis: les virer, mais ne pas les détruire, les garder dans « le Musée de l’esclavage » – À construire, dans Paris par exemple (une idée). L’option « Musée des horreurs » n’est pas à exclure. En plus – c’est dimanche et j’ai le temps, -, je propose de les remplacer par les statues des « gens propres » et qui ont fait la grandeur de la France, dans le droit fil de l’identité française, ce patrimoine commun.  A ce propos …

Pour la journée du patrimoine, Emmanuel Macron était à Villers-Cotterêts pour un retour sur un acte fondateur de notre identité: l’ordonnance de 1539 par François Ier, « qui fait du français la langue officielle », [Macron]. « Si nous parlons tous le français, c’est grâce à l’ordonnance de Villers-Cotterêts », [Stéphane Bern]. Au delà de la polémique autour de cette approximation historique,  je vais m’attarder sur le très peu cité personnage central au cœur de cet Édit: Alexandre Dumas, l’un des plus écrivains français, le plus lu dans le monde, un personnage haut en couleur qui, comme tout le monde le sait très bien, était … noir. Disons … « pas blanc » bien qu’interprété au cinéma par Gérard de Depardieu.

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C’est lui. Puisque l’Édit de Villers-Cotterêts – On va dire « ordonnance Alexandre Dumas » – est l’acte fondateur de notre identité, – ce qui me propulse de facto dans « notre identité (Youpi!) – je propose de remplacer les statues des suprémacistes français par celui Alexandre Dumas, par exemple. Une statue Joseph Bologne dit Chevalier de Saint-Georges à Versailles ne serait pas mal je crois. Voila pour ces deux français « victimes des négriers suprémacistes blancs de France ». Dans ce « Grand Remplacement », je propose qu’on érige une statue d’honneur à Robert Badinter, Père de l’abolition de la peine de mort en France. Le manuscrit de son discours devant l’Assemblée nationale est à lire. Et une statue pour Simone Weil – loi du 17 janvier 1975 relative à l’interruption volontaire de grossesse (IVG)». Les gens biens, ce n’est pas ce qui manque en France. Alors, Kékonfait des statues de nos suprémacistes français? Vous avez 4 heures – et pas 400 ans-.

[PS: Dans l’hypothèse « c’est une idée insupportable! Mais pourquoi donc tu nous stigmatises? », dans cette hypothèse, je propose qu’on les naturalise citoyens américains pour commencer, puis on les déboulonne, ça passera mieux je crois. Sans oublier l’option déchéance de nationalité. De rien]

À vous.

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Afrika Obota ou « Mère Afrique » de Pierre Claver #Akendengue. Billet [@Zgur_ Music] …

Dans le casque «Extimités (musicales)» l’émouvante « Africa Obota » ou «Mère Afrique» du Grand Pierre Claver Akendengue, l’encyclopédie de la musique africaine. L’ami @Zgur_ ne jure que par lui. Il connait #AfricaObota, ce sublime chant en langue Omyènè du Gabon qu’il ne … parle pas – à vérifier-. Et ça l’a marqué, moi aussi d’ailleurs, depuis tout petit au Congo, une mélodie très présente sur le «Grundig Satellit 2000» – la radio de mon Père- toujours connecté sur les ondes courtes d’ «Africa n°1, Boite postale 001 Libreville Gabon» (comme l’annonçait le générique, de mémoire). Au menu, une longue intro symphonique qui sublime la «Mère Afrique» au rythme guitare acoustique et percussions (bongos, congas, goumbis, talking drums, etc). J’avoue, ce beau refrain «🔊Congoooôôôô-ho! Algérie! Nigéria 🎶Zaïre – Ghana🎶 – Éthiopie🎵 – Camerounnn!🎶🎶» à 2’20 m’a beaucoup marqué, une vieille addiction que je vous livre …

Pour la « récitation des pays d’Afrique » y a pas mieux, en musique en plus, je le conseille. Ouvert et très engagé, « plus grand » que Manu Dibango en Afrique mais moins connu à l’international, Pierre Claver Akendengue avait répondu au «discours de Dakar de Sarkozy» en novembre 2008 dans « Vérité d’Afrique », un album vision globale de l’histoire de l’Afrique, à découvrir.

Africa Obota Pierre Akendegue

🎶Africa! Africa! Africa! Africa ! [En savoir plus, relire billet Zgur de juin 2009]

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Indépendance « chacha » du #Congo: Et la pirogue «Les Jours heureux» toujours pas là…

Congo Indépendance Brazzaville KinshasaEn Afrique dans « le Pays Bantou», il y a deux Congo, deux capitales: Brazzaville et Kinshasa. Le Kongo, pour l’écrire à l’ancienne, est un « pays 2-en-1 » traversé par le majestueux fleuve du même nom, avec deux dates d’indépendance: le 30 juin 1960 pour le Congo-Kinshasa [RDC, Ex Congo-Belge, ex-Zaïre], et le 15 Août de la même année pour le Congo-Brazzaville (Ex Congo Français), le pays du #MadeinSape, chez bisso-na-bisso. On parlera du Cabinda (3ème Congo, ex Portugais) une autre fois.

Et pour sceller dans le marbre la liberté enfin retrouvée, André Malraux avait fait le déplacement à Brazzaville, le Roi Baudoin de Belgique avait rencontré nos cousins d’en face. « Cérémonie remise des clés », le proprio reprenait enfin son bien après des centaines d’années d’esclavage et de colonisation. L’année 1960 marquait la fin du bail en Afrique, mais dans l’euphorie, on avait oublié de vérifier « l’état des lieux sortant ». On ne savait pas …

Et depuis, comme des cons, on n’arrête pas de rembourser cette caution longue comme un bras késapélério « la dette« , plus les intérêts. Bref, passons. Ah l’indépendance! Une bien «belle époque», celle de l’espérance et du « kimpwanza », symbolisée par une mélodie mythique, « Indépendance Chacha » de Joseph Kabasselé dit Grand Kallé, une chanson référence des indépendances africaines, dans le patrimoine culturel de tout un continent – pour l’Unesco, il faut vérifier-. C’est cette agréable sonorité que je partage en ce jour 1er de la liberté de cette terre ancestrale qui m’a vu naître et grandir. Nostalgie perso, en musique, via un clip complainte de la «nouvelle génération», une vraie réussite visuelle et musicale. Chantons! «Indépendance cha-cha to zoui hé! Ô kimpwanza cha-cha to bakiri !

Non, je n’ai pas connu ce « bon vieux temps », je suis de «la génération d’après», celle qui attend toujours que la pirogue « les Jours heureux » remonte ce putain de fleuve pour accoster au Beach Ngobila (Brazza) et sur l’autre rive du Pool Malébo (Kinshasa), avant d’emprunter les «routes imaginaires» de ce grand territoire de l’Afrique centrale pour enfin déverser les bienfaits de la liberté toujours attendue comme le rappelle Alain Mabanckou. Mais bon, mieux vaut être pauvre et libre que  …  sous tutelle, un tiens vaut mieux que deux tu l’auras n’est ce pas?.

Indépendance bla-bla  (version originale ici)

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#AdamaTraoré, mort parce que #Noir? On va finir par le croire… #1andéja.  

Mort à 24 ans suite à un contrôle de gendarmerie à Persan dans le nord du Val d’Oise le 19 juillet 2016, asphyxié – sous le poids de 3 gendarmes- selon le dernier rapport d’autopsie. Avis d’expert.

#AdamaTraoré, mort parce que #Noir?

On va finir par le croire, une question qu’on ne se pose pas d’ailleurs, on se demande bien pourquoi. Il aurait eu 25 ans aujourd’hui, un an déjà et (…) toujours rien de la part des « autorités compétentes« . Pensées pour la famille, pour la vaillante frangine Assa Traoré, et pour #OumaTraoré, maman de « 7 à 8 gosses » selon la pensée de JupiterNon, «un noir bien portant n’est pas un malaise cardiaque qui s’ignore». Qu’on se le dise…

#JeSuisAdamaTraoré.

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La « danse du ventre » des gens bien d’Afrique, ou quand le « liboumou Ya Ba Boss » s’exhibe …

Chez « l’homme africain » – on va dire ça-,  un « joli petit ventre bedonnant, mais pas trop » est un « signe extérieur de richesse », tout un paradigme. Avoir la forme (ou les formes), c’est être « en forme » – socialement parlant-. Précision: un beau « libumu (ventre) Ya ba Boss » est sans excès de graisse, pas flasque du tout et, – c’est important, je précise – en format « alimentation salade », c’est-à-dire « bio » si vous préférez, et sans Mfubua dedans. Le ventre -liboumou- Ya ba Boss- se montre, avec élégance please (…) …

MadeInSape Lubumu Ya ba Boss

 (…) et se valorise. Le « liboumou Y a Ba Boss », c’est le truc-à la-con des gens-bien-d’Afrique. Ne cherchez pas, c’est comme ça et puis c’est tout! La bière? Un raccourci possible vers le « liboumou Ya Ba Boss », à éviter, ou juste un peu.  Alors, comment ça se danse le « li-danse Ya Ba Boss »? Toujours doucement, malembé, tranquille, bras droit devant et poing fermé, puis de simples mouvements « haut-bas » du fameux « ventre des Boss » que l’on exhibe, un pas devant, bloqué, puis derrière. Tuto-clip démo by Koffi Olomidé le Grand Mopao DonaldTrump(é)

Et comme vous l’avez remarqué, Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, chez la femme africaine c’est « l’inverse », on se comprend. Bref, Bo ségaki « Billet li-danse ya boss », bozui ya ngo (fait)!

./Album, Nyataquance (iTunes)

 

 À chacun son « civilisationnel »? Trois fœtus dans un frigo à Rennes, France. Ho!?

Là, on va dire, sans se moquer, ou juste un peu, que «le civilisationnel d’Emmanuel #Macron» prend un grand coup dans la tronche». Et, la femme noire qui doit être «MDR» comme diraient les «7 à 8 d’jeuns par femme d’Afrique». Ce cas précis d’infanticide qui trop souvent se répète en France – malheureusement – je l’évoquais hier déjà …


Et paf! Trois d’un coup dans le congélo! Et ça vient critiquer les « 7 à 8 gosses vivants par femme d’Afrique ». Précision: Le 1er qui me parle de «déni de grossesse» je le vire, point. À chacun son «civilisationnel», faut pas deconner, y a pas de raison que ça soit toujours les mêmes qui ramassent. [Désolé, mais les propos de Macron sur la «fécondité de la femme africaine» ne passent pas, et ça ne risque pas d’ailleurs…]. Voilà.

Le « civilisationnel » est une proximité que trop souvent on ignore (Pensée)

./source

La réponse des « 7 à 8 enfants par femme d’Afrique » à Emmanuel #Macron: Cher Missié..

Cher Missié Président de France, on note que vous avez déclaré ceci sur la « fécondité de nos mères »

« Civilisationnel »? Ho!? Ça va? [Édit] Et si on ajoute tes macronneries sur « les Antilles c’est pas la France! », « la Guyane, c’est une île!« , sur la « colonisation crime, puis pas-crime contre l’humanité«  sans oublier tes propos sur les kwassa-kwassa comoriens, faut avouer que ça commence à faire beaucoup, pour « un jeune de 39 ans ». Généralement, c’est plus tard qu’on dérouille, passons. Tiens, le magazine AJ+ se pose la question « Is France’s new president racist? ». Avis partagé par le site américain Quartz qui ne prend pas du tout de gant: «Bien sûr, ce qu’a dit Macron est raciste», par le site Vox: « Indépendamment de son intention, le mauvais choix du mot « civilisationnel » est, au mieux, maladroit, au pire, raciste », ou encore le NéoZélandais The Daily Vox et l’Australien SBS. Voila pour la « belle image de la France » à l’étranger que t’offres aux français qui t’ont élu pour « faire barrage au Front national », sans compter la honte pour ta « pauvre mère, 4 gosses (je respecte) ». Alors, c’est ça le #MakeLaFranceGreatAgain?

Is Macron raciste polémique Femme africaine civilisationnel

Cher Emmanuel, l’Afrique, cette veille dame, elle en a vu bien d’autres. Oui mon grand, depuis des siècles – et des siècles– (relire), et elle ne t’a jamais rien demandé je crois. Tu débarques. Cher Emmanuel, « Président de la République française » n’est pas prétexte à invectiver » et le forfait «Toi Président » n’inclut pas cette « forfaiture contre mon humanité« . Tiens, j’y pense, et la fécondité traditionnelle des familles cathos tradi. qui pèse lourd en allocs dans le budget-famille de la république française, l’Afrique, elle t’en parle? c’est (…) « civilisationnel » comme la pédophilie dans l’Église c’est ça? Et les Mormons qui n’élèvent pas que du bétail dans les contrées américaines, ce sont des africaines aussi? Répondre, sauf si ce qualificatif ne s’adresse qu’aux « Mamans d’Afrique», à la femme noire que tu stigmatises, à tort.

Catho intégriste famille nombreuse

Macron enfants d'Afrique fécondité

Mon cher Missié Macron du Touquet, t’as du toupet mais tu t’es planté, et bien comme il faut. En effet, l’ami Fabien sur Facebook nous fait remarquer que ton analyse est basée sur des statistiques obsolètes, des chiffres de 1960 sur le « taux de fertilité, total (naissances par femme) ». Les chiffres 2015 de la Banque mondiale n’ont rien à voir avec tes supputations. C’est beaucoup moins, raté! A défaut de virer ton conseiller-en-statistiques-à-la-con, bien vérifier qu’il ne fréquente pas les sites identitaires pro FN. Autre chose Mon cher Monsieur le Président-stagiaire, l’Afrique n’a pas inventé la « carte famille nombreuse», ça n’existe pas chez nous. Et puis les gosses, pour bien en évaluer le nombre, il faut déjà en avoir je crois, n’est ce pas? Et pour tout dire, la femme africaine elle au moins ne congèle pas ses gosses pour ensuite chanter le « déni de grossesse ». Non, c’est pas dans le « civilisationnel de l’Afrique ». Elle assume, et reste dans son « Histoire, avec son homme africain ». Pas de frigidaire, elle mange bio. Aussi, j’avais pensé te dire avec cette délicatesse légendaire qui désormais me singularise, « je t’emmerde et bien cordialement! » Mais je vais m’abstenir, par respect pour l’éducation de ma pauvre mère, et pour ne pas énerver sa « fécondité civilisationnelle»  comme tu dis. Un petit rappel, notre bon vieux Pépère,- bien que « pas Tonton » selon Noël Mamère – respectait ma mère, lui.

Vive l’Afrique, vive la femme noire, et Gloire à nos mères d’ici et d’ailleurs! …

Signé: un « enfant d’Afrique d’une famille heureuse, avec ses 6 à 7 frères & sœurs, élevés en plein air et au grain de maïs…« .

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[Le Résistant inconnu] Addi Bâ dit « le terroriste noir », mort pour la France …

Charismatique et séducteur, Addi Bâ est mort pour la France. Dans «Nos patriotes», le cinéaste français, Gabriel Le Bomin, revient sur son parcours exceptionnel.

Nous sommes dans les années 40. La France est attaquée. Elle est sous le joug hitlérien. Un homme, Addi Bâ, adopté en Touraine et originaire de la Guinée, souhaite la défendre, comme engagé volontaire dans le 12erégiment des Tirailleurs sénégalais. Il sera fait prisonnier dans la Meuse par l’armée allemande.

Pas pour longtemps, car il parvient à s’échapper. Se réfugie dans la forêt vosgienne. Et c’est par le truchement de l’institutrice du village de Romaincourt que viendra son salut. Entre-temps, la Résistance voit le jour. Addi Bâ la rejoint et prend la tête d’un groupe de maquisards. Grâce à son charisme et à sa bravoure, il se révèle en mettant sur pied des stratégies fortes et efficaces. Pour vaincre l’ennemi allemand. Malheureusement, il sera dénoncé, arrêté, torturé, exécuté par les soldats d’Hitler. A qui il refusa de communiquer la moindre information sur ses frères d’armes.

Le « terroriste noir »

C’est ce parcours exceptionnel, cette histoire vraie que le cinéaste français Gabriel Le Bomin tente de camper dans son dernier long métrage, Nos patriotes. Comme l’avait fait auparavant le Prix Renaudot, Tierno Monénembo, dans Terroriste noir, surnom que les Allemands avaient donné à Addi Bâ. Un résistant qui a déjà été honoré par la République française en 2003 mais aussi par les villes de Tollaincourt et Langeais.

[Par Guillaune Camara (in AfricainsMag)]

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« Discours sur le racisme » ou « la peur du Front national moi non plus » [Aimé Césaire revisité]…

Discours sur le racisme (colonialisme Aimé Cesaire FN Présidentielle 2nd tourEt puisqu’il m’est autorisé de parler de la menace Front national et donc du racisme, allons droit au mensonge principal à partir duquel prolifèrent tous les autres.  «Une société qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une société décadente» écrivait un grand poète noir, Aimé Césaire, le «nègre fondamental», dans son «Discours sur le colonialisme, 1950» de 1950, 1ère Édition. Un texte fondateur, un réquisitoire, un pamphlet poétique retiré des programmes scolaires en 1995 par François Bayrou alors Ministre de l’Éducation nationale. Soit. Je vais ici le reprendre, l’actualiser et le déstructurer au nom de la raison critique dans la « France de l’entre deux tours», pour comprendre et saisir avec fruit, les dessous de cette société moribonde qui s’effondre et qui dans sa chute se répète sans cesse: « jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici (..)».

Le fait est que, notre société telle que l’ont façonné des siècles de Lumières refuse de résoudre les problèmes majeurs auxquels son existence a donné naissance: le problème de sa pluralité et de ses influences multiples; que, déférée à la barre de la «raison» comme à la barre de la «conscience», cette France-là est impuissante à se justifier; et que, de plus en plus, se réfugie dans une hypocrisie d’autant plus odieuse qu’elle a de moins en moins la chance de tromper son monde. Et aujourd’hui, il se trouve que ce ne sont plus les masses venues d’ailleurs qui la menacent, ou qu’on incrimine sur la place publique, aujourd’hui, l’acte d’accusation proféré sur fond de racisme accepté, est un aveu de culpabilité de ceux qui osent encore s’ériger en parangon de vertu. Une société de bonne foi certes, mais d’une hypocrisie collective où l’on pose malhabilement les problèmes pour mieux légitimer les odieuses solutions qu’on leur apporte. Et elle s’obstine à éviter l’innocente question initiale:

Qu’est-ce qu’en son principe que le racisme ?

« Lutter contre » n’est ni entreprise philanthropique, ni volonté de reculer les frontières de l’ignorance. Je trouve que l’hypocrisie n’est pas de date récente, (…) le grand responsable dans ce domaine est le pédantisme collectif, pour avoir posé les équations malhonnêtes: « colonisation civilisatrice », «intégration à la française», «BanlieueStigmatisation des esprits», etc. Et ne pouvaient s’ensuivre que d’abominables conséquences racistes. Il faudrait d’abord étudier comment la France travaille à déresponsabiliser le Français, à l’abrutir au sens propre du mot, à réveiller ses instincts enfouis, (violence verbale, haine raciale, relativisme moral, etc.), et montrer que, …

 » (..) chaque fois qu’il y a un acte raciste et un œil crevé et qu’on accepte, chaque fois qu’il y a une violence policière et qu’en France on accepte, chaque fois qu’il y a une discrimination et qu’on accepte, il y a un acquis de la morale qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend, et qu’au bout de toutes ces valeurs violées, au bout de tous ces mensonges propagés et de toutes ces expéditions punitives tolérées, au bout de cet orgueil encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de la société, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement de la République .

Racisme choic deuxièlme tour Présidentielle 2017Et alors un beau jour, au lendemain d’un dimanche d’élection, elle est réveillée par un formidable choc en retour: La haine suprême est aux portes du pouvoir, les fachos s’affairent et discutent déjà autour des chevalets. On s’étonne, on dit: «Comme c’est curieux! Mais Bah, c’est le nationalisme, on fera barrage, et ça passera  (..)». Et on se tait à soi-même la vérité, que ce racisme déjà installé est une barbarie, celle qui résume la quotidienneté des Barbaries

« Et on attend, on espère, et on oublie qu’avant d’en avoir peur, avant d’en être la victime éventuelle, on en a été le complice; que ce racisme-là, on l’a supporté, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, que ce nazisme-là, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des êtres serviles; que cette sauvagerie hurlante, on l’a cultivé, on en est responsable, et qu’il sourd, qu’il perce, qu’il goutte, avant de l’engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la société ».

Oui, il vaudrait la peine d’étudier cliniquement, dans le détail, le laxisme collectif dans la lutte contre les discriminations, et de révéler à la société toute entière, aux très distingués donneurs de leçons, qu’ils portent en eux une intolérance coupable, que la haine nationaliste est son Pétain et le racisme l’habite, que s’ils le vitupèrent aujourd’hui seulement, c’est par manque de logique, …

 (..) et qu’au fond, ce qu’ils ne supportent pas dans ce miroir, ce n’est pas le racisme en soi, ce n’est pas le crime contre l’homme, c’est le crime contre soi, ce qu’ils ne supportent pas par dessus tout, c’est la peur de se voir appliquer des procédés dont ne relevaient jusqu’ici que les « commis de la république » dont ils étaient les Maîtres.

Et c’est là le grand reproche que j’adresse aux pseudos « barragistes de l’entre deux-tours-et-puis-s’en-vont», aux «chiens de garde du colonialisme», aux «macrotteurs politiciens lèche-chèques», aux «académiciens goitreux endollardés de sottises», aux «ethnographes métaphysiciens et dogonneux», aux «intellectuels et hommes politiques convaincus de leur  «supériorité dolicho-blonde»,  à tous ces «Bidault aux airs d’hostie conchiée», etc., je leur reproche d’avoir trop longtemps rapetissé les valeurs de la République, d’en avoir eu, d’en avoir encore une conception étroite et parcellaire, partielle et partiale et, tout compte fait, sordidement raciste.

Faut-il pour autant rejeter dans les ténèbres de l’oubli tous les faits d’armes de la lutte contre le racisme ?

Non. Il est des tares qu’il n’est au pouvoir de personne de réparer et des fautes qu’on n’a pas fini d’expier, mais chaque jour qui passe, chaque déni de justice, chaque réclamation noyée, chaque scandale étouffé, nous fait sentir combien notre société est malade, moralement atteinte. Une société qui, irrésistiblement, de reniement en reniement, appelle sa propre haine. À se replier sur elle-même, une société, quel que soit son génie intime, s’étiole, et la grande chance de la France est d’avoir été un carrefour, et que, d’avoir été le lieu géométrique de toutes les idées, le réceptacle de toutes les philosophies, le lieu d’accueil de tous les sentiments en a fait le meilleur redistributeur d’énergie, l’échange est son oxygène. Et le 07 Mai 2017, viendra la nouvelle  «expropriation pour cause d’utilité publique».

[…]

Lyon, 30 avril 2017. Guy-Alain B. « Discours sur le racisme », adaptation (très) libre du texte d’Aimé Césaire «Discours sur le colonialisme, Chap. – À l’origine du Nazisme – (1955), Paris Sorbonne, 4ème Édition».

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[Docu.] « Je ne suis pas votre Nègre », je répète.., « I Am Not Your Negro!» ici #TéléArte -…

Textes de James Baldwin (1924-1987), réalisation du cinéaste haïtien Raoul Peck, et immersion totale dans les années sombres de la lutte des noirs pour les droits civiques. Et ce n’est pas une fiction. A travers les assassinats de Martin Luther King Jr., Medgar Evres, Malcom X entre autres, un éblouissant réquisitoire sur la question raciale, d’utilité publique dans la France d’aujourd’hui, celle «de l’entre deux tours de la présidentielle», c’est à dire, de ces deux semaines sur 5 ans où l’on se souvient qu’il faut « combattre les idées racistes et le Front national». D’abord un extrait (…).

Dès ce soir sur Arte (France, 2015, 1h27mn), de nombreuses archives, un film qui interroge (avec la voix off de JoeyStarr en VF) en 1h30, un fascinant flot d’images au cœur de l’identité américaine, occidentale et française, sur ses cruautés et ses faux-semblants.

Contre le FN, oui mais tout le temps! – pour ne pas livrer la France aux assassins d’aube -, pas à la carte, «I Am Not Your Negro». (…). Si vous croyez que je suis un nègre, cela veut dire que vous en avez besoin, alors vous devez vous demander – et comprendre- pourquoi (et vous avez le temps)» …

notyournegro

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