Affaire Tapie: Nouveau désaveu en vue pour Montebourg…

Encore une nouvelle saga dans le bras de fer Ayrault- Montebourg, un nouveau chapitre pour cette fin d’année 2012 qui risque de fragiliser encore un peu plus le fauteuil éjectable du Premier Ministre (ou de son Ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg). C’est, une « nouvelle affaire » avec en arrière plan, la liquidation judiciaire d’un groupe de Presse (Hersant), une ville, Marseille et, un personnage politique sur le retour: Bernard Tapie.

Bernard Tapie veut s’emparer des quotidiens du groupe Hersant (La Provence, Nice Matin, Var Matin, Corse Matin, France-Antilles et les Nouvelles de Calédonie). Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif et le directeur général délégué du groupe BNP Paribas, François Villeroy de Galhau, s’opposent à cette offre à l’insu de leurs patrons respectifs, Baudoin Prot, le président du conseil d’administration de BNP Paribas, Jean-Marc Ayrault et François Hollande pour le gouvernement.

20121211-114834.jpg

Le tribunal de commerce de Paris s’apprêtait à donner le feu vert à l’offre Tapie (215 millions d’euros) le 08 décembre dernier lorsqu’une nouvelle offre, de dernière minute, émanant du groupe belge Rossel (Montebourg?), est venu brouiller les cartes.

Aussitôt, Bernard Tapie a retiré son offre. Le tribunal de commerce de Paris a fixé une date butoire au 24 décembre, faute d’un repreneur, il « se trouvera dans l’obligation de prononcer la liquidation », donc des suppressions d’emploi. JM Ayrault s’inquiète des risques d’une mise en liquidation judiciaire si Tapie confirme son retrait car, Rossel le groupe belge, ne dispose pas de cash et, est déjà trop endetté. Dans la balance, près de 4.000 emplois, sans compter les grèves nationales possibles du très actif syndicat du livre CGT.

Donc Nouveau désaveu en vue pour Montebourg pour Challenges qui écrit: Le Président de la République et son Premier ministre semblent avoir pris conscience des risques , qui dépassent de loin celui de voir Tapie accroitre son influence et poser – peut-être – sa candidature à la mairie de Marseille. D’autant que celui-ci nous a plusieurs fois assuré qu’il serait candidat s’il n’obtenait pas les journaux mais qu’il ne le serait pas s’il les obtenait. On n’est pas obligé de le croire, mais on n’est pas forcé, non plus, de ne pas le croire ! C’est pourquoi Arnaud Montebourg risque d’être prochainement et une nouvelle fois désavoué par Jean-Marc Ayrault.

Bernard Tapie, Patron de Presse et Maire de Marseille en 2014? Possible. Pas sûr que Arnaud Montebourg reste au gouvernement si le désaveu se confirme. Sauf si F.Hollande desinstalle Matignon…

À suivre.

Dans le Figaro: « Pourquoi Arnaud Montebourg a raison »…

Dans le FigaroOlivier Duha, Président de Croissance +* (Association qui fédère les dirigeants d’entreprises à forte croissance ) s’exprime sur le patriotisme économique et donne raison à Arnaud Montebourg sur le concept du « Made in France ».

20121128-185501.jpg

Article réservé aux abonnés. Pour vous épargner un abonnement au Figaro 😉 , je vous propose quelques extraits de cette tribune.

1. « Made in France » un attribut marketing…

Pour Olivier Duha«le patriotisme économique ne se construit pas par la loi, il est culturel et donne un exemple « […] Les Allemands font la promotion du «Made In Germany» partout où ils en ont l’occasion: c’est pour eux un acte de civisme, et certainement pas de protectionnisme».

Et ajoute,

«La marinière amuse et les railleries vont bon train… à tort! L’action de M. Montebourg vaut bien plus qu’un énième rapport sur la compétitivité ou un nouveau Grenelle sur la réindustrialisation: en faisant du «Made in France» son cheval de bataille, le candidat de la démondialisation est devenu le ministre du Patriotisme économique».

C’est dit.

Il pense que dans les déclarations d’Arnaud Montebourg, «il n’est pas question d’ériger une muraille de France, dont le seul résultat serait de priver nos industriels de commandes étrangères, ni même d’envisager des appellations d’origine contrôlée de conception technocratique, aussi inapplicables que dangereuses.Non, il s’agit pour le ministre d’imposer le «Made in France» comme attribut marketing différenciant».

Je partage son avis.

2. Du patriotisme des entreprises

Son idée: «essayons d’abord de favoriser nos PME françaises auprès des directions générales et des directions achats des grands groupes et, il propose que le patriotisme économique soit mis en avant dans les chartes ou les cursus de formation destinés aux acheteurs des grands groupes».

Ce qui est rarement le cas.

«C’est parce que l’État et les entreprises joueront pleinement leur rôle que le «Made in France» pourra devenir pour la France ce que le «Made in Germany» est pour l’Allemagne: un argument marketing tellement puissant que les constructeurs automobiles d’outre-Rhin n’hésitent pas inonder les médias étrangers de publicités mettant en scène des Allemands, parlant allemand, pour faire la promotion de leurs produits. Même plus besoin des sous-titres, l’accent suffit à rassurer et donc à faire vendre».

Pourquoi pas nous?

Puis, aborde l’aspect pédagogique auprès du consommateur français qui ignore que dans la fabrication de produits dits «technologiques», les composants essentiels sont fabriqués par quelques sous-traitants et fabricants mondiaux, les marques connues du consommateur se contentent toutes d’assembler les mêmes composants provenant des mêmes fournisseurs.

«Quand le cœur de la machine est identique d’un produit à l’autre, ne reste donc plus que le prix ou le marketing pour se différencier. À ce jeu et en l’absence d’une marque «Made in France» puissante, les industriels français choisissent de se différencier par le prix, ce qui explique que nous ayons les entreprises les moins rentables d’Europe».

3. Et de conclure

«M. Montebourg a donc raison de mener le combat pour changer les comportements d’achat des agents économiques et préférer nos PME, nos produits et nos services à chaque fois que nous sommes capables de délivrer des produits similaires en coût et en qualité à ceux de nos concurrents. Ce que les Allemands ont fait, nous pouvons le faire – ne le faisons-nous d’ailleurs pas déjà dans le luxe? Au tour maintenant de l’industrie et des services!»

J’ajoute: le Made in France, c’est Maintenant! . Voila une tribune qui va inquiéter encore un peu plus les abonnés du Figaro, déjà perturbés par les tribulations à l’UMP. Même la lecture devient pénible…

(Merci Rom’)