De l’attractivité de la France, pour une compétitivité structurée…

Valoriser l’attractivité, définir les bases stratégiques pour montrer que «la France est un pays où l’on peut investir», c’était le but affiché par le Conseil stratégique de l’attractivité de ce lundi 17 février à l’Élysée. Il en ressort quelques grandes lignes assez intéressantes…

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Pour compléter son arsenal séduction et pour aller bien au delà de l’existant (les pôles d’excellence, le potentiel technologique et industriel, la marque France valorisée par des labels: #Madeinfrance, #Frenchtech), la France se dote d’un nouvel outil global de promotion qui intègre:

1. Le « Passeport talents » pour attirer les talents internationaux: Début 2015, offrir une durée de séjour de quatre ans renouvelable aux les entrepreneurs internationaux qui souhaitent venir régulièrement en France avec des visas de circulation de longue durée (jusqu’à 5 ans) et un délai d’obtention réduit à 48 heures.  Un allègement généralisé des formalités pour attirer tous les acteurs de l’économie de l’intelligence et les inciter à rester en France.

2. Faciliter l’implantation des start-up étrangères en France: Avec le French Tech Ticket, les startups étrangères sélectionnées bénéficieront d’une aide financière de 25 000 €, d’un interlocuteur unique (French Tech Help Desk) et d’une aide  logistique à l’implantation, d’un accompagnement sur mesure fourni par les accélérateurs French Tech.  Bpifrance renforcera l’information sur les financements publics dont ils peuvent bénéficier.

3. Mieux connecter la France aux marchés mondiaux: fluidification des procédures en douane et des opérations logistiques, simplification et dématérialisation des procédures administratives à la frontière, une seule interface numérique pour déposer toutes les déclarations administratives obligatoires, facilitation du paiement de la TVA à l’import etc.

4. Une agence unique pour renforcer l’internationalisation de l’économie française. Dans un seul et même établissement public, de l’Agence française pour les investissements internationaux (Afii) et d’Ubifrance pour renforcer l’internationalisation de l’économie française, en étroite collaboration avec les Régions. Et, en filigrane, la stabilisation des normes et mécanismes fiscaux pour éviter que certains « grands» s’extirpent de l’obligation fiscale vis à vis de la France. Pour résumer:

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Il est donc question de réorganiser le potentiel économique et industriel, d’établir les bases pour de nouvelles synergies entre d’un côté, les entreprises (convergence technologique) et de l’autre, l’action des pouvoirs publics (convergence structurelle). Ceci, pour asseoir dans la durée, ce qu’il convient de nommer «la compétitivité structurée», un nouveau concept que je trouve plus adapté, et qui va bien au delà de la simple compétitivité dite «structurelle».

Une bonne chose. A suivre.

France: Le pétard mouillé de The Economist…

20121115-220025.jpgLa dernière UNE du Journal « The Economist » présente la France comme une bombe à retardement. Certains s’en réjouissent, spéculent sur l’Etat de la France.

Un dossier alarmiste de 14 pages sur une France prête à exploser: « la France pourrait devenir le plus grand danger pour la monnaie unique européenne », et« la crise pourrait frapper dès l’an prochain ».

The Economist n’a pas complètement tort! écrit mon confrère Stef qui nous rappelle très justement que nous sommes toujours à la merci des banquiers. Avant toute spéculation, prenons le temps de regarder les fondements idéologiques de ce journal. Dans une interview du NouvelObs (que je vous propose de lire en partant de la fin), cette question :

|NouvelObs| Votre journal est-il influencé par la City ou par un parti politique ?

|TheEconomist| – Non. Nous sommes un journal libéral. Nous sommes pour moins d’Etat, pour que l’on donne plus de liberté au marché. Mais politiquement c’est différent. Nous avons soutenu Angela Merkel, Barack Obama, Nicolas Sarkozy (deux fois, même si c’était avec plus de réserve la seconde fois).

Ah bon? Maintenant, on sait…

Prolégomènes utiles pour lire ces 14 pages avec retenue. C’est dans l’air du temps. Dans le même registre, s’attendre d’ici 15 jours à un remède de cheval de L’Institut Montaigne pour économiser 50 milliards d’euros sur 5 ans. Challenges.fr dévoile quelques pistes: 1. Supprimer 300.000 postes de fonctionnaires (9 milliards d’euros), 2. Diminuer les indemnités chômage (4,5 milliards d’euros), 3. Réduire les remboursements maladie (10 à 15 milliards d’euros), 4. Faire le tri dans les aides au logement (9 milliards d’euros), 5. Rogner les avantages familiaux (7 milliards d’euros). Rien que ça…

L’institut Montaigne pour souvenir, c’est la boite à idée de Nicolas Sarkozy pendant la dernière présidentielle. Encore!. Cette institution avait ouvertement fait compagne (des idées) pour N.Sarkozy, contre F.Hollande, avant un rappel à l’ordre du CSA. Souvenez-vous…

The Economist, l’institut Montaigne sans compter une certaine presse… tous ces rapports gratuits d’amis qui nous veulent du bien, c’est toujours bon à prendre. Les lire donc, on y trouvera peut être quoi satisfaire le FrontDeGauche et les écologistes. Insister c’est maintenant! La France vit décidément une période postelectorale assez curieuse. La bataille des urnes ne suffit plus pour mener sereinement une politique validée par le suffrage universel.

En France, l’élection des idées économiques, c’est le troisième tour de la présidentielle, du suffrage universel.. À terme, elle le remplacera, peut être…

Nouvelle donne.