Liberté?: Non merci, c’est pas la peine… de mort.

Guilty.

J’ai beaucoup hésité, puis, j’ai pris mon clavier pour vous faire part de mon sentiment sur notre nouvelle jouissance collective face à l’humain  exposé à la vindicte populaire, face à ces ‘’condamnés à mort’’, alliés d’hier, despotes déchus livrés à la foule, morts et exposés à la vue de tous, sur grand écran. Requiem…

Après la Libye,  nous aurons droit dans quelques semaines, aux images du Syrien Bachar El Assad courant nu, affolé et livré à la colère du peuple syrien.. Je vous dresse la scène.

‘’Il est capturé suite aux bombardements de son palais par les forces de l’Otan, par les troupes américaines dont c’est la dernière mission avant le retour des GI aux USA pour Noël.  A Damas, une foule en liesse chante, et hurle Mort au Tyran! Allah akbar (en Arabe : الله أَكْبَر) ! Liberté! Démocratie!  Son long corps maigre gisant aux abords de la fosse sceptique de son palais. Corps déchiqueté, mutilé, son pied gauche sur le bas côté de l’allée…‘’ Inéluctable…

Certains l’attendent à juste titre. Ces mères et femmes endeuillées depuis des années. ces familles meurtries. D’autres espèrent simplement la fin de ce régime sanguinaire, la fin d’une souffrance collective.

Introspection. Sommes-nous entrain d’instaurer la peine de mort à géométrie variable? Et, le Tribunal Pénal International, servira t-il encore?. Précision. Il est de notre devoir d’œuvrer pour la fin de ces régimes. Et cela sans aucun doute, cela ne peut durer.

La fin de l’horrible Colonel Libyen n’a pas soulagé ma peine du 19 septembre 1989, dans le désert Africain lors du crash de l’avion DC 10 d’UTA, vol Brazzaville-Paris. Un lourd tribut, particulièrement une amie de Lille. Elle avait enfin passé ses vacances dans sa famille. au Congo. La veille de son départ de Lille, on avait partagé sa joie pour ce voyage vers sa terre natale. Étudiante à Compiègne, c’était son premier retour sur Brazzaville. Et, Elle n’est jamais revenue. Elle était dans ce vol-retour, avec sa mère…

Je n’ai pas aimé le passage de Kadhafi à Paris en décembre 2007. Real politik? Business? Peut être. Grossière erreur, certainement. Aujourd’hui, les mêmes se ‘’réjouissent’’ comme pour effacer leurs errements d’hier. Voltaire écrivait :  »Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge!… » . Ou l’inverse…

Sur le plan moral, le monde est entrain de légitimer une pratique que nous reprouvons tous. La peine de mort. Rendre justice, ce n’est point aller à l’encontre de ses convictions. La barbarie est l’apanage des sans morales. Ce comportement à l’identique de ceux-là même que nous combattons est, à mon avis,  une dérive collective qui légitimerait presque les viles atrocités de ces tristes personnages. Faire pire que son bourreau…

Nous réjouir de cette justice, c’est se mettre au diapason de l’atrocité qui la caractérise. Ces dirigeants sanguinaires nous ont vaincu, moralement en tous cas. Ils ont fait de nous des êtres à leur image: Sans cœur, capables des pires turpitudes et sentences, des mêmes comportements… Eux au moins s’en cachaient. Œil pour œil…

Prendre la vie sans remords. S’en réjouir presque, être indifférent, c’est se déshumaniser. Le faire au nom  de la Liberté? Le lit de cette liberté est épineux. Non merci, je resterai debout.

Certains parlerons de passion de l’indifférence face à la mort d’autrui. Et c’est très différent du mépris, de la joie face à la mort, du plaisir face à la souffrance, c’est rechercher de la sérénité dans ce monde de brutes. Argument  peut être valable  pour les familles victimes de ces dictateurs. Peut être…

Et pour nous? Indifférence par solidarité? Ou pure indifférence face à ce nouveau paradigme mortuaire? Le prix de l’obtention de la liberté? Quelle liberté?

Je préfère rester prisonnier de mes certitudes qu’être libre de toutes contraintes morales.

Être libre, c’est surtout pouvoir l’être face à ses propres pulsions. L’être donc contre soi. La liberté ne peut être entachée du sang de son tortionnaire. Être libre, c’est avoir le choix, si l’on peut. Réfléchir…

Sinon, rouvrant les arènes pour dictateurs. Les peuples opprimés y seront conviés, feront face à leur bourreau d’hier et, la seule issue possible serait la mise à mort. Et, le peuple applaudira. Retransmission sur Internet et tous les réseaux sociaux en format BHL Liesse garantie…

Non merci, la liberté, c’est pas la peine… de mort.

Sans moi.

Syrie: ‘’Omar, wala Homarr? ‘’ Lettre à un ami perdu de vue…

@Jujusete.

Il y a quelques semaines, un journaliste prénommé Omar a été arrêté en Syrie. On ne sait pas grand chose de plus sur ce gars, si ce n’est qu’il était aussi et surtout activiste et qu’il étudiant à la fac de Damas. Impossible de coller un visage à son nom, même via les réseaux les plus poussés dans le monde arabe.

Ainsi commence ‘’la lettre à Omar‘’ de Julie Gommes (de Sète, Journaliste à Tunis, ex Moyen-Orient, ex Asie du Sud-Est.) pour son ami Omar, journaliste ‘’perdu de vue’’ en Syrie. L’escalade de la répression par Bachar Al-Assad suite à l’aspiration de tout un peuple à plus de liberté n’est plus à présenter.

Les manifestations contre ce régime se multiplient depuis le 15 mars dernier, mais elles sont réprimées dans la violence. Près de 1900 personnes seraient mortes depuis la mi-mars, dont la majorité serait des civils, selon le bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, basé à Londres. En outre, 12 000 personnes auraient été arrêtées par les forces de sécurité du régime. Peut être Omar…

C’est la crainte de Julie Gommes dans cette touchante lettre d’amitié…

Extrait…

C’était la blague, quand je t’ai rencontré. Je voulais tester, la réaction, l’humour, me faire accepter, briser la glace d’une manière facile. La blague est restée et les copains te la balançaient de temps en temps. Si on traduit, ça donne « Omar ou âne ? »

Moi, je me méfiais. Se méfier, c’est survivre, c’est toi qui me l’a appris.
Comme utiliser Tor, déambuler dans les vieilles rues du centre de Damas pour fatiguer les followers… C’est toi qui m’a aidée à supprimer toute trace du blog, toute référence à ma profession sur facebook, sur twitter, à nettoyer les traces. Beaucoup de temps passé, que je pensais perdu à l’époque. C’est toi qui m’a …(…)…

lire la suite sur son blog : Sète’ici: Lettre à Omar by Julie Gommes.

D’autres billets de Julie sur la Syrie:  http://seteici.midiblogs.com/sete-ici-en-syrie/

La suivre sur Twitter: @jujusete

syrie Libre

Et pendant ce temps à l’Élysée, c’est: vacances et ravalement de façade...