Fumée blanche à l’Élysée…

C’est quelque chose d’inhabituel. De la fumée blanche au Palais de l’Elysée! Inquiétude? Les pires supputations  alimentent les conversations. Que s’est-il passé? Quelques explications…

Dès mardi soir, ils se sont réunis en Conclave, dans la Chapelle-Sixtine de l’Elysée sous la direction des Saint-d’Esprit.

L’actuel Président, âgé de 57 ans, que l’on décrivait comme un Président de transition du fait des promesses non tenues lors de son élection en 2007 a crée la surprise en annonçant un  »Aggiornamento de la France », c’est-à-dire un grand Concil destiné à adapter la France au Monde moderne.

Elysée-II s’ouvre le 15 février 2012. Parmi les grandes réformes figurent le Sarkorendum, la disparition des corps intermédiaires au bénéfice des cardinaux locaux pour les offices élogieuses à l’attention de l’Élysée.

Dans l’usage français reconnu par le Concil de 1958, le terme de Président désigne l’Evêque de Paris, garant de l’unité de la France Républicaine, et non son chef et monarque temporel de l’État de l’Elysée, actuellement Nicolas1er.

Pour la circonstance et conformément au nouveau rituel, tous les cardinaux de France et de Navarre s’étaient parés des plus beaux oripeaux de la République pour ce conclave inédit.

Le Conclave de l’Elysée II n’est de ce fait que l’expression de ce choix divin et non celui d’un Référendum, expression païenne de la volonté du peuple.

Le Cardinal Fillon V de l’archevêché de-Beaucé, Monseigneur Raffarin du Poitou, L’Abbé Copé de Meaux, Le Cardinal Juppé de Bordeaux, la Mère Supérieure Boutin de la confrérie Petites-sœurs-des-pas-pauvres, La Grande Pucelle Nadine de-Morano, Le Père Morin du-débarquement-de-Normandie, le Cardinal Gaudin de Marseille, le Cardinal Guéant de la ville de Rrom, symbole de la civilisation à la main, L’archevêque Hortefeux l’Auvergnat, etc. Monseigneur Letchimy-de-Martinique était absent.

Tous, s’apprêtaient à communier en cœur sur ces paroles apaisantes de Nicolas1er

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisi et qui vous ai établi, pour que vous alliez et que vous portiez du fruit, que votre fruit demeure, et que la France vous accorde ce que vous lui demanderez en mon nom.

(Jean XV,16).

Et d’ajouter

Chaque fois qu’il y aura blocage, je ferai trancher les français

L’élection du conclave n’est de ce fait que l’expression d’un choix de ses membres. Dire, exprimer, soutenir ou croire le contraire, est une hérésie.

Avant le Scrutin, un seul bulletin de vote est distribué aux cardinaux électeurs. Débute ensuite le scrutin proprement dit, les cardinaux électeurs ont à leur disposition ce bulletin unique de vote, rectangulaire, pouvant être plié en deux comportant sur la partie supérieure l’inscription « Eligo in Summum Sarkozy« , le Cardinal Copé  inscrit le nom de l’élu dans la partie inférieure.

Chaque cardinal se dirige ensuite vers l’autel de la chapelle Elysée où est placé un calice recouvert d’un plateau sur lequel il dépose son bulletin plié en deux. Il prononce alors la formule

Je prends à témoin Nicolas Sarkozy, qui me jugera, que je donne ma voix à lui que, selon Dieu, je juge devoir être Président,

Puis fait glisser son bulletin dans le calice. Dès que tous les cardinaux électeurs ont voté, on procède au dépouillement et au décompte des voix. Une fois dépouillé chaque bulletin est enfilé à l’aide d’un aiguille le long d’un fil. Pour être élu, il faut obtenir deux tiers des voix.

Si cette majorité n’est pas atteinte, les bulletins ainsi que toutes les notes des cardinaux sont brûlés dans le poêle de la Chapelle Sixtine de l’Elysée et un fumigène est adjoint pour donner une fumée noire et un nouveau scrutin est organisé. Le Cardinal Guéant est opposé à toute fumée noire, soutenu par le Cardinal Hortefeux.  Ils sont à l’initiative du vote à bulletin unique à un seul tour.

Si la majorité des deux tiers est atteinte,- c’est le cas- le cardinal Gaudin pose alors plusieurs questions à l’élu. Tout d’abord

Acceptez-vous votre élection canonique comme Souverain Président de FranceEt aussitôt qu’il a reçu le consentement, il lui demande: De quel nom voulez-vous être appelé? Il répond: NSII – Nicolas Sarkozy II –

Et comme l’élu n’est pas encore Evêque, il est consacré immédiatement. Jean Sarkozy II, Evêque de Neuilly.

Les bulletins de vote et les notes des cardinaux sont alors brûlés dans le poêle de la Chapelle de l’Elysée de façon à produire une fumée blanche. Le décompte des voix est ensuite conservé dans les archives de la bibliothèque de La-Rue-de-la-Convention, dans une enveloppe scellée qui ne peut être ouverte par personne, à moins que le Souverain-Président ne le permette expressément.

Le Conclave Elysée II prend fin aussitôt après que le nouveau Souverain-Président ait donné son consentement à son élection. Les Cardinaux ont l’interdiction de dévoiler des renseignements aux blogeurs sur le déroulement de l’élection sous peine d’excommunication du web. Puis, sur le balcon de l’Elysée Henri Guaino, Cardinal protodiacre annonce à la foule absente: Habemus Sarkozy!

C’est ainsi que se déroule le conclave (en 1 seul mot) Elysée II et la collégialité démocratique de ses membres. A l’extérieur, le peuple absent s’organise. Un mouvement spontané baptisé #SarkozyçaSuffit, encadré par le Père François-de-Corrèze a décidé de marcher sur l’Elysée au plus tard le 06 Mai.

A suivre.

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Lejaby: Et Sarkozy déshabille les usines françaises…

Lejaby? Une marque de lingerie bien de chez nous qui va perdre la moitié de ses salariés. « L’industrie Label-France, tu l’aimes ou tu la déshabilles »! C’est, osons le dire, la marque de fabrique de la politique industrielle depuis 5 ans . Gandrange, Florange, SeaFrance, etc…

Lejaby? Je connais. J’ai postulé pour un poste au début des années 2000. Ma candidature n’a pas fait le poids face à celle d’Arnaud, un brillant copain. Sans regrets car j’ai trouvé dans une autre branche et aujourd’hui, je suis inquiet pour lui.

Le Résident de l’Élysée, de passage dans la Capitale des Gaules (Lyon)  a encore vanté à hue et à dia ses « nouvelles anciennes » solutions pour « sauver l’industrie française ». Xavier Bertrand, l’horloge parlante chargé de l’emploi a annoncé que 98% de leur rémunération serait maintenue pendant un an. Ce n’est pas un coup de pouce, c’est du bluff médiatique comme le rappel un délégué syndical: « On savait depuis longtemps qu’on y avait droit!’’.

En effet, ce dispositif est prévu par la loi pour le versement de 98% du salaire net, soit 80% du salaire brut. En clair, aucune mesure exceptionnelle d’accompagnement n’a été proposé par le Gouvernement.

Le drame humain de LeJaby n’est pas sans rappeler d’autres faits de désindustrialisation de la France. Nous sommes tous ou serons tous un jour des Lejaby! écrivait Slovar dans un billet du 13 janvier dernier. Sur  La question de l’industrialisation de la France, il nous rappelle que la part de l’industrie dans le PIB français est passée de 24 à 14%.

La nouvelle politique industrielle de Sarkozy est fondée sur l’idée selon laquelle on pouvait bâtir une économie sans usines, en se tournant vers les seuls services. Or il apparaît aujourd’hui que ‘’lorsque les usines partent, les services finissent par suivre le mouvement’’ comme le constate Patrick Artus et Marie-Paule Virard dans La France sans ses usines . Accablant.

Il est bon de rappeler que seule l’industrie est industrialisante. Les bassins d’emploi se forment autour de certaines industries-clés,  vecteurs de croissance avec effets induits sur le développement des services. Ces entreprises satellites  tirent leur compétitivité dans les synergies ainsi crées. Logique économique simple ancrée sur la production industrielle.

Les investissements dites de structure sont du domaine des pouvoirs publics. État, Départements et Régions. En Rhône Alpes, le désengagement de l’Etat est manifeste comme d’autres régions de France avec le transfert des compétences aux collectivités locales sans transfert de financement. En dépit de cela et, contrairement à la France, la Région Rhône Alpes géré par la Gauche (PS) a conservé son TripleA. L’agence de notation Fitch a confirmé le 06 décembre 2011,  le triple A à long terme de la région Rhône-Alpes, en raison de ses bonnes performances budgétaires et d’un autofinancement élevé de ses investissements.

« Nicolas Sarkozy néglige les PME » déclarait Jean Jacques Queyranne, Président de la 1ère  Région de France Rhône Alpes. Il s’inquiète, dans un entretien dans 20Minutes du cas de PhotoWatt (énergie solaires), de Veninov (industries manufacturières) victimes elles aussi du désintérêt de l’Élysée pour le tissu industriel local. La crise a bon dos.

Les turpitudes de Sarkozy pèsent sur la gestion des collectivités locales. La perte du triple A aura des incidences locales sur le financement des plans d’aides aux entreprises. Rhône-Alpes a anticipé cette perte du AAA en empruntant sur le marché obligataire 120 Millions à 4% de taux d’intérêt. Elle attend toujours la part de l’État dans les investissement de structure.

Aussi, rendre compétitif le tissu industriel local et  »fabriquer français » exige des compétences et du savoir-faire. « L’éducation n’est donc pas une dépense mais un investissement«  comme l’a souligné Vincent Peillon. C’est une des propositions de François Hollande et de  Standard & Poor’s qui justifiait le retrait du A de Sarkozy par l’absence de réelle politique dans la formation-acquisition des compétences nécessaires au maintien de la compétitivité de la France.

En résumé: Les difficultés de LeJaby est symptomatique de la logique de « déshabillage du tissu économique français » par Nicolas Sarkozy. Il n’a pas eu un seul mot pour les ouvriers de LeJaby. Une explication à ce désintérêt?

C’est peut-être parce que à Neuilly, il n’y a pas de réelle production industrielle, contrairement à la Corrèze …

Des solutions d’aides aux entreprises locales existent. On pourrait commencer par alléger leurs dépenses de fonctionnement en baissant les taxes. Réduire la part de l’État dans le prix du Gasoil et autres carburants en activant le gel de la TIPP flottante serait de bonne augure comme l’a justement proposé François Hollande.

Après les domestiquesle détroussage des usines continue

Rachida Dati et la tentation de la Gauche: Et si …

Éric Besson et Sarkozy en 2007

C’est un bruit sourd, à peine perceptible qui circule déjà dans les artères de Lutece, dans certaines officines politiques, dans les rédactions entres autres couloirs de bus de la Capitale: Et si Rachida Dati passait à gauche?

La Presse attend confirmation, les politiques désamorcent l’information par le silence. Le débat est cependant animé dans les groupes de discussion sur le Net. L’UMP tremble, refuse d’exclure l’effrontée…

Les difficultés récurrentes de l’égérie du sarkozysme annoncent la fin d’un cycle.  Le parachutage parisien de François Fillon dans la circonscription de Rachida Dati n’en finit pas de sceller son divorce avec l’UMP.

Dans sa ‘’Lettre à François Fillon’’, elle axe sa diatribe sur deux points : 1- un appel du pied au ‘’courage’’ de Nicolas Sarkozy sur l’ouverture et, 2- une première, son appartenance au cercle des enfants issus de l’immigration.

Comprenez, Monsieur le Premier Ministre, quand il en est encore temps, que l’enjeu n’est pas la circonscription. L’enjeu, maintenant, c’est l’honneur de ceux que je représente, ceux qui croyant en moi ont cru en vous.

Et d’ajouter

Vous m’avez placée, vous-même, face à mon devoir de résistance.

Décortiquons.

1. L’enjeu, maintenant, c’est l’honneur de ceux que je représente: Il est difficile de croire que Rachida Dati fasse allusion aux électeurs de sa circonscription parisienne, acquise à la droite…

2. Résistance. Cette relation d’appartenance évoquée est le signe d’un repli sur soi, pas courant chez Rachida Dati. Elle transgresse tous les codes, captive la critique et les attaques comme rarement en politique. Dynamique, populaire et capricieuse, elle est et reste, un symbole.

A l’UMP, l’ouverture de 2007 a laissé la place à la tentation de l’extrême droite. Les thèses de la droite dite populaire structurent l’axe politique, avec l’amplification du fantasme de l’écran plat. La rupture est inéluctable. Comme Rama Yade, Rachida Dati est en passe de quitter le navire UMP. Vers quelle destination ?

Vraisemblablement, de nombreux électeurs de gauche, particulièrement ceux issus de l’immigration que Rachida Dati ‘’évoque‘’ dans sa lettre à Fillon, ne verraient pas d’un mauvais œil le ‘’retour’’ de l’enfant perdu vers le cercle de la famille politique la plus proche de leurs idées: La Gauche

Cette dimension n’est pas fondamentale bien que non négligeable. La vraie  »valeur » de Rachida Dati, ce n’est pas ce  »poids’ électoral » de circonstance, mais Rachida Dati elle-même. Pour 2012, en pleine compagne présidentielle, la ‘’prise’’ Dati serait un coup de tonnerre politique de grande ampleur. Le passage d’Eric Besson chez le candidat Sarkozy avait affaibli considérablement Ségolène Royal dans un PS déja très divisé. Rachida Dati reste la meilleure ennemie de l’UMP.  Alors, imaginons…

Fin de cycle: Et si...

Et si, à la Besson..