36 Quai des Orfèvres: Guerre des polices ou lutte d’influence politique ?

couv_36-quai-des-orfevresAu 36 Quai des Orfèvres, rien ne va plus, la récente mise en examen de Bernard Petit, Patron de la police judiciaire parisienne, soupçonné d’avoir violé le secret d’une enquête, relance ce que la Presse qualifie déjà de «Guerre des polices». On peut y voir aussi une «lutte d’influence politique» entre la Gauche de retour aux affaires et soucieuse de se protéger, et une Droite Sarkozyste bien implantée dans les hautes sphères de la police judiciaire.

Depuis quelques mois, le «36 Quai des Orfèvres» ne brille plus pour ses exploits contre le grand banditisme mais pour ses bisbilles internes. De la cocaïne volée (52 kg) et jamais retrouvée, en passant par la plainte pour viol d’une canadienne contre les policiers de l’antigang, sans oublier le dossier Rocancourt, il s’en passent des choses et pas des moindres. Au delà de l’aspect purement judiciaire, la lutte d’influence politique est peut-être l’angle juste pour comprendre ce qui s’y passe. Deux flics, deux orfèvres de la politique et une Place (Beauvau), de vrais ingrédients pour un 36 15 code influence politique qui ne dit pas son nom, la guerre contre la finance attendra.

Sarkozyste Christian Flaesch, Bernard Petit

Acte 1 : Le Sarkozyste Christian Flaesch est débarqué du Quai…

Dans l’affaire de corruption «Financement de la campagne de Nicolas Sarkozy 2007», révélé par Médiapart,  Christian Flaesch alors «Patron du Quai, siège de la PJ parisienne», nommé sous Nicolas Sarkozy, avait prévenu Brice Hortefeux d’une convocation en tant que témoin, une faute grave. A juste titre, Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur décide le virer: « Ça fait 6 ans et demi qu’il est à la tête de la PJ, donc il est par ailleurs normal qu’à un moment ou à un autre, il soit remplacé ». Dans l’entourage de l’ancien Patron du «36 Quai des Orfèvres», certains évoquaient déjà une «machination». Le garder aurait été une faute politique. Valls (1), Sarkozy (0).

Acte 2. Manuel Valls place Bernard Petit, au 36 Quai des Orfèvres…

Bernard Petit 58 ans, N°3 de la police judiciaire devient alors Patron du «36 Quai». Contrairement à tous ses prédécesseurs, il ne connaissait pas le «36» et ne faisait pas l’unanimité, mais Manuel Valls voulait en finir avec les méthodes sarkozystes avec la nomination d’hommes irréprochables, «un signe de transversalité et de passerelles», disait-il en 2013 lorsqu’il vantait la brillante carrière du «grand professionnel» Bernard Petit. (Raté!)

Manuel Valls Nicolas Sarkozy 36 quai des Orfèvres

Il faut préciser que la nomination de Bernard Petit au Quai n’était pas sans intérêt pour Manuel Valls dans le jeu de l’influence politique. Plutôt de Gauche, Bernard Petit a travaillé pour trois premiers ministres socialistes, Pierre Bérégovoy, Edith Cresson et particulièrement  Michel Rocard (conseiller technique) où il côtoie alors Alain Bauer, le conseiller très écouté de Michel Rocard et Grand copain du Rocardien Manuel Valls, ex-Patron de la Place Beauvau. Pour son départ à Matignon, il a avait confié les clés du Ministère de l’intérieur à Bernard Cazeneuve au grand dam de François Rebsamen, (Ministre du travail), candidat qualifié pour le Poste, il était chargé des questions de sécurité dans l’équipe du candidat PS pour 2012, François Hollande. Peut-être une autre prudence.

Donc, un proche de Manuel Valls vient de tomber, victime des tensions entre fractions rivales de la police et fort probablement des Sarkozystes qui murmuraient dans les couloirs du Ministère de l’Intérieur: «Bernard Petit, de toute façon, on lui fera la peau» comme le révèle Le journal LeMonde. C’est fait, «ils l’ont eu», un coup dur pour Manuel Valls qui vient donc de perdre un pion dans cette lutte d’influence politique, mais il garde la main. Valls (1), Sarkozy (1), Égalité.

Au «3615 des Orfèvres», un homme est resté à «Quai». 

(To be continued).

Manuel Valls et la première torpille de F. Hollande….

VAlls HollandeLe gouvernement nouveau est arrivé, Elo’dy est satisfaite, « contre toute attente« , je suis content pour elle. Grandludo souligne: «Cette forme me plait sincèrement, et l’ensemble me semble cohérent. Ce n’est pas le gouvernement de « Vallsiens » ou « Rocardiens » que je craignais».

S’en réjouir? Certains le pensent sincèrement, d’autres par fayotage (pas de lien), c’est à mon avis, prétendre que Manuel Valls serait l’otage politique de la « Gauche » dans son propre gouvernement, c’est (comment dire) le faire passer pour un « Ayrault » qu’il n’est pas.

Autre hypothèse: il confirme ses velléités hégémoniques pour asseoir un destin politique au delà de Matignon, c’est plus dans les traits du personnage. De facto, la « guerre des ego » (Montebourg, Sego, Taubira, Hamon, Valls etc.) est à craindre, et,  les divergences « primaire citoyenne » de 2011, ou « Congrès de Reims » sont à redouter.

Gouvernement « de gauche« ? ou nouvelle machine à couacs? Pour torpiller Manuel Valls, François Hollande ne pouvait pas faire mieux, il tient peut être, son « Michel Rocard »…

À suivre.