Chant des partisans code 131115 … #ParisAttacks 

Dans son semainier(politique), le très pacifique -et réservé- Juan Sarkofrance a écrit: #JeSuisEnGuerre. Oui, la France est en Guerre comme l’a déclaré le Président de la République François Hollande: «C’est un acte de guerre commis par une armée terroriste, Daech, une armée jihadiste (…) un acte de guerre préparé, organisé, planifié de l’extérieur et avec des complicités intérieures, que l’enquête permettra d’établir». Deux jours après la cérémonie du 11 novembre, le «chant des partisans» résonne, encore…

Vol noir des terroristes dans nos vies, haine macabre à nos trousses, on marche et on nous tue, hier encore, une récurrence, la Liberté qu’on enchaine. Ce n’est ni la 1ère, ni la 2ème, ni la 3ème Guerre mondiale, c’est une « Nouvelle Guerre », choisir «ses armes» et se défendre, « libres nous sommes, et libres nous resterons»… [Non, nous parlerons de « l’efficacité » de la #LoiRenseignement une autre fois, après les 3 jours de deuil national, pas maintenant]. Partisan et vigilant

(…)

Publicités

Afghanistan: Encore une erreur stratégique …

La France est en deuil. Quatre de nos soldats ont payé de leur vie le renforcement de notre engagement militaire en Afghanistan et, notre retour dans le commandement de  l’OTAN.

Nicolas Sarkozy a laissé entendre qu’un retour anticipé de nos soldats était envisageable. De son côté, François Hollande annonce le retour en France des troupes Françaises d’ici fin 2012 s’il est élu Président.

Petit retour sur cet engagement militaire de Sarkozy en Afghanistan et, dans le commandement de l’OTAN.

En 1966, par une simple lettre, le Général de Gaulle avait quitté l’OAN. Il refusait que la dissuasion nucléaire française puisse être placée sous le contrôle des Américains, maîtres incontestés de l’Alliance.

Tous les présidents de la Ve République avaient, depuis, suivi cette ligne gaullienne sauf… Nicolas Sarkozy. Le 3 avril 2009, ce retour était officialisé en grande pompe en présence de Barack Obama, au sommet de Strasbourg et Kehl (Allemagne) pour le 60e anniversaire de l’Otan.

Lorsque Sarkozy arrive au pouvoir, la France disposait de 1000 soldats en Afghanistan. Une sorte de minimum syndical voulu par Jacques Chirac. En 2008, pour marquer le retour de la France dans l’Otan, Sarkozy porte le contingent à 3000 hommes. Ils seront 4000 fin 2009. En juin 2011, après la mort d’Oussama Ben Laden, Paris annonce un retrait progressif des troupes françaises. Un premier départ de 400 soldats a eu lieu fin 2011, 600 autres devraient partir courant 2012, pour réduire les effectifs déployés à 3 000 dans un an. Et pour un retrait définitif en 2014.(lepoint.fr).

Lors d’une visite surprise à Tora en Afganistan, le 12 juillet dernier, Nicolas Sarkozy  déclarait:  »Nous ne partirons (d’Afghanistan) qu’une fois la mission accomplie ». L’annonce d’aujourd’hui d’un retrait sous le coup de l’émotion pose la question de la cette logique interventionniste de Sarkozy. La mission est-elle accomplie? Au fait, Quelle mission?

Aussi pénible soit-elle, une seule conclusion s’impose. Le retour de la France dans l’OTAN et le renforcement de notre présence en Afghanistan sont à mettre dans le bilan comptable des erreurs stratégiques de Nicolas Sarkozy.

Libye: Pénurie de munitions, l’OTAN en guerre la fleur au fusil…

Il parait qu’on a plus de munitions pour notre guerre en Libye? C’est une info tirée du Journal Le Monde.fr de ce samedi. C’est embêtant au regard de notre engagement dans ce conflit libyen. Cette pénurie de munitions toucherait principalement les bombes à guidage laser, les plus utilisées par la coalition en Libye.

Depuis la déclaration du 19 mars dernier par Nicolas Sarkozy, la France est guerre! On ne dit pas guerre  c’est vrai, mais notre implication dans le conflit libyen est sans conteste. En témoigne les félicitations des insurgés de Benghazi dans les premières heures de l’intervention…

Le feu d’artifice du début a laissé la place à une distance coupable du point de vue des insurgés qui reprochent à l’OTAN, et à ses troupes, de ne pas en faire assez. Les troupes de Kadhafi ont depuis repris du terrain sur les positions des insurgés. Pourquoi? Que se passe t-il? L’explication nous vient du Washington Post cité par Le Monde.fr : Les forces de l’OTAN engagées dans les opérations aériennes en Libye sont à court de munitions.

Les experts consultés par le Washington Post sont acerbes : « La Libye n’est pas une grosse guerre, note l’un d’eux. Si les Européens manquent de munitions aussi tôt dans un conflit aussi peu important, on peut se demander à quel type de guerre ils sont préparés. Peut-être qu’ils réservent leurs avions aux démonstrations aériennes… »

C’est d’autant plus embêtant qu’à Misrata, les rebelles révolutionnaires encaissent des pertes énormes. Dans un précédent billet, je posais la question de savoir si la Libye serait notre Afghanistan à nous. La question n’est plus  de savoir si on devrait y aller ou pas. On y est. Qu’est ce qu’on fait maintenant? Il faut des munitions…

Il faut dire que  la guerre à un coût. Selon une source aéronautique citée par l’AFP, une heure de vol de Rafale coûte entre 10.000 et 13.000 euros. Pour les Mirages, c’est plus ou moins le même tarif. Il faut calculer entre 10.000 et 11.000 euros l’heure de vol. Pour les bombes, selon le type de missiles utilisé, les prix évoluent entre 250.000 et 350.000 euros l’unité. Ajoutons à cela 50.000 euros, l’heure de fonctionnement pour le Charles-de-Gaulle. Faites le calcul…

Je connaissais l’expression: Partir en guerre la fleur au fusil. Je ne sais pas si le sous-équipement en munitions rentre dans cet adage. En tout cas, j’ai trouvé l’information assez marrante pour en faire un billet.

[illustrations] 1 & 2

FRANCE:La Libye sera-t-elle notre Afghanistan à nous?

17 Mars 2011, Nations Unis

Cette nuit aux Nations-Unies (ONU), la France a retrouvé son prestige dans le concert des nations. La résolution 1973 des Nations Unies autorisant l’utilisation de la force contre les armées de Kadhafi, permet la mise  en œuvre de la « responsabilité de protéger« , et ressuscite le droit d’ingérence. Ouf ! Il était temps…

Alain Juppé, Ministre des Affaires étrangères a porté personnellement ce dossier aux Nations Unis, cela nous rappelle l’intervention de Dominique de Villepin en Février 2003. La comparaison s’arrête là. En 2003 la France refusait d’entrer en guerre contre l’Irak de Saddam Hussein. Depuis hier, on peut dire que cette résolution sonne comme une déclaration de guerre contre la Libye de Kadhafi.

Cette victoire diplomatique a été obtenu sans les voix des traditionnels botte-en-touche (la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil) et… l’Allemagne (si si..), les partenaires du G8 ont fait défaut.

Que contient cette résolution-1973 des Nations unis ? 1-Demande de l’arrêt des combats. 2-Instauration d’une zone d’exclusion aérienne pour empêcher le bombardement sur des populations civiles. 3-Accroissement des sanctions économiques sur le régime Kadhafi. 4-« Les Etats membres sont autorisés à prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser les combats. » Ce dernier point permet à la France et ses alliées de frapper le cœur du pouvoir Libyen.

Cette avancé diplomatique n’augure pas des lendemains qui chantent. Sa mise en place suppose la participation militaire des différents états d’une coalition à bâtir avec l’adhésion des pays de la ligue arabe (ce qui n’est pas gagné) et  des pays de l’Union africaine (là non plus..). Au regard l’attentisme de ces derniers sur la crise ivoirienne (en cours depuis décembre 2010), on peut se poser des questions.

La France, redevenue la Patrie Universelle ses droits de l’homme peut-elle mener seule cette offensive salutaire pour le peuple libyen ? Des vies étaient (et sont) en danger, les bombardements sur les populations civiles inacceptables. Que va-t-il se passer maintenant ? On y va avec qui ? Sans l’Allemagne, quel poids à cette résolution pour l’Europe ? Combien de temps cela prendra t-il ?

En réponse à cette résolution, le Colonel Kadhafi promet ‘’un enfer’’ à la France s’il était attaqué, avant d’accepter aujourd’hui même, le principe d’un cessez-le-feu par son ministre des affaires étrangère. Ruse, gain de temps ? Pas sûr qu’il abdique pour si peu.

La création d’une zone d’exclusion (entre les deux parties), créera de facto deux Libyes. Celle de Kadhafi (et son fils) avec l’actuel drapeau et, La Nouvelle Libye des insurgés de Benghazi (avec l’étendard de la liberté retrouvée).

Paris organise à l’Elysée samedi 19 mars un sommet sur la crise libyenne avec la participation de Ban Ki Moon (Secrétaire générale des Nation Unies), Les représentants de la  Ligue Arabe et de l’Union africaine. (UA). Sur le terrain, Washington post nous apprend qu’Al Qaeda a fait une proposition officielle de service aux insurgés libyens. Si j’ai bien tous compris, nous allons faire la guerre à Kadhafi qui lui est en guerre contre Al Qaeda d’Oussama Ben Laden, qui lui veut nous détruire.. Sacré merdier...

Quoi qu’il en soit, une intervention est (était) nécessaire. Ne rien faire, c’est donner un signal positif aux dictateurs de tous les continents (En Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo attend toujours son éviction par les Nations Unis). Le pays des droits de l’homme peut se féliciter de porter à nouveau l’étendard de la Liberté. C’est une lourde responsabilité, à inscrire dans la durée. La route sera longue et sinueuse, l’enlisement possible, les bavures aussi. Fasse le ciel que cela ne devienne pas notre Afghanistan à nous. En dépit de la présence du Royaume-Uni, faut dire que la défection de l’Allemagne est très mauvais signe pour la coalition européenne. A quelques mois des présidentielles de 2012, voila la guerre qui s’invite dans le débat politique français… A suivre.