#08Décembre: la petite histoire de la #FêteDesLumières à #Lyon ….

La Fête des Lumières à Lyon, c’est d’abord l’histoire d’une église dédiée à la Vierge sur la colline de Fourvière, ravagée pendant les guerres de religion en 1562 (entre catholiques et protestants qui se tapèrent dessus à coup de Bible et de chapelets), et reconstruite en 1586. Œuvre de Pierre Bossan, architecte.

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Célébrée le 08 décembre dans la Cité des Gaules, la Fêtes des Lumières à Lyon, c’est une histoire qui débute le 8 septembre 1643, je vous explique. Ce jour là, les gens de l’Église, les édiles, le prévôt des marchands et les échevins montent à Fourvière pour demander à la Vierge Marie de protéger la ville de Lyon de la peste qui arrive du sud de la France, et ils font le vœu de renouveler ce pèlerinage si Lyon est épargnée. Vœu exaucé car progressivement, la maladie diminue et disparaît, et jamais elle ne revint à Lyon. «Alléluia gloire à la Sainte Vierge Marie! C’est grâce à Elle!» crièrent les gens. « Joyons! » Et ils « joyèrent » en silence sur l’Évangile du Père Thierry-la-joie sur le parvis de L’Église.

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« ça mérite bien une statue n’est ce pas? Qu’en pensez-vous les gens? » demanda l’Église-avant-Barbarin, en 1850. « Oui, une grande statue de 5m,6 de haut pour bien la remercier! Hé Joseph!Hugues Fabisch, sculpteur, – t’es désigné volontaire, tu le feras dans ton atelier des quais de Saône, au boulot! ». Et comme Joseph ne peut rien refuser à Marie ….

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Non, le Tunnel de fourvière c’est pas eux, les bouchons lyonnais non plus! Ne pas tout leur mettre sur le dos. Mais, l’inauguration prévue le 8 septembre  –date de la fête de l’Immaculée Conception de la Vierge– est repoussée au 8 décembre  en raison d’une crue de la Saône, quand ça veut pas. Et le 08 décembre 1852, un «temps de Bretagne» va de nouveau contrarier les plans des chefs religieux, proches de l’abandon. Zut! Et toujours pas de prévisions météo sur Google à l’époque. Donc, nouvelle séance de prière, ça marchait bien à l’époque, y paraît. Puis soudain, le ciel lyonnais se dégage, la Vierge Dorée avait encore frappé, soleil et #BeauTempsPourTous !

Et à la nuit tombée, des bougies trônaient aux bords des fenêtres de la ville entièrement illuminée pour la remercier, une véritable fête est née! Depuis, chaque 8 décembre, nous lyonnais posons des lumignons à nos fenêtres pour ensuite parcourir les rues de notre belle Cité pour admirer la féerie qui s’installe. Un mouvement suivi par les mises en lumière des sites patrimoniaux, des paysages de fleuves et de collines, des quartiers et des voies habillent l’ensemble de la ville en 1989. Depuis 1999, la Fête des Lumières se déroule sur une durée de quatre jours et vous êtes de plus en plus nombreux à nous rendre visite. Et ça commence ce soir. Entrez….

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#CulturezVous: Le « mariage à la gaumine » …

Dans la série « Z’étaient pas cons les anciens « , le « mariage à la gaumine »

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A toutes fins utiles, on ne sait jamais. En France, les Chouinard ce n’est pas ce qui manque, à Beziers par exemple, ça chouine tout le temps, sans oublier les chouineurs de la ManifPourtous.

Merci à Mlle Titam [via Facebook] pour cette belle curiosité  qui s’applique à la politique: « Gagner une élection à la gaumine (D. Trump) » ou, chez nous, « Gouverner à la gaumine » (devinez)…

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« #Allemand et #Noir (en plus!) »: Theodor Michael Wonja, rescapé des nazis …

wonja-592x296-1477753868Allemand et noir en plus!, il a survécu au nazisme. Theodor Michael Wonja (92 ans) porte sur lui tous les préjugés et stéréotypes collés aux Allemands et aux Noirs, il est les deux et l’accepte.

Dans son autobiographie (Allemand et Noir en plus!  éd. Duboiris), déjà un best-seller en Allemagne avec 40 000 exemplaires, désormais dans les bacs en France depuis le 29 octobreTheodor Michael Wonja retrace l’histoire d’un noir allemand victime des lois raciales de l’Allemagne du 3ème Reich, rescapé du nazisme  et qui a du faire face à la discrimination dans l’après-guerre

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Tiraillé entre ses origines africaines et ses «valeurs prussiennes», il affiche son attachement au continent Africain et au Cameroun – ex colonie allemande-, pays d’origine de son père qui débarqua à Berlin fin des années 1800- début des années 1900 avant de rencontrer sa mère, une allemande. Une vie de galère fait de boulots de figurants dans des « spectacles d’exhibition d’indigènes » pour survivre –car beaucoup considérait déjà que les Noirs étaient là pour leur prendre leur travail.Aujourd’hui c’est pareil, et pas qu’en Allemagne -. Puis, interné dans un camp de travail tenu par les nazis en 1943, il a eu beaucoup de chance. Question de Jeune Afrique:

Aujourd’hui père de quatre enfants, comment avez-vous pu échapper à la stérilisation forcée pratiquée par les autorités du Reich sur des enfants d’origine africaine ?

J’ai eu beaucoup de chance. L’administration m’avait sans doute oublié. D’autant que je m’appelle Theodor Michael. Il est difficile sans me voir de savoir si je suis noir ou blanc. Wonja qui est un titre honorifique à Bimbia, localité d’origine de mon père au Cameroun, ne figure pas sur mes papiers allemands. Je n’ai jamais reçu de convocation pour me rendre et subir cette stérilisation. Peut-être aussi grâce aux spectacles d’exhibition d’indigènes qui nous ont fait voyager dans plusieurs pays les autorités ont-elles perdu notre adresse…

A Paris –chez Présence Afrique, la référence il a rencontré sa famille et amis avant une séance de dédicace que nous livre JMTV+, auteur de la vidéo ci-dessus que j’ai résumé pour vous.

«Je suis allemand de nationalité, de langue maternelle, de culture. Un Allemand responsable aussi de la deuxième guerre mondiale, de l’extermination des Juifs. Et en plus, je suis Noir. Je porte en moi tout ce que le monde reproche aux Allemands et tous les préjugés et stéréotypes collés aux Noirs. Mais c’est surtout un témoignage de cette époque hitlérienne que j’ai voulu produire».

A lire et à offrir : Allemand et noir en plus! Souvenirs d’un rescapé des camps Nazis

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19 Sept 1899, hommage à Alfred #Dreyfus … #Souvenirs

Rappel des services du Ministère de la Culture et de la communication via Twitter. Le 19 septembre 1899, Alfred Dreyfus est gracié par Emile Loubet, Président de la République .

Le 18 Août dernier, devant le lieu du Procès en révision du Capitaine (Actuel @Lycée et Collège Emile Zola à Rennes), j’avais marqué un stop devant une image forte : Dreyfus sortant de son procès,  un homme seul face à ses frères d’armes le dos tourné

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Tout un symbole.

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Marianne: Les timbrés de la République depuis 1849…

14_republiquedusenegalDepuis quelques heures en France, les philatélistes du Dimanche sont de sortie. La dernière timbrée de la République fait couler beaucoup d’encre de salive, les références aux valeurs françaises, attributs supposés indispensables de la Marianne s’imaginent dorénavant, s’inventent à tout vent. Aussi, il est utile de revisiter les visages de la France depuis 1849.

Marianne est universelle, symbole de la Liberté, elle est Paix et commerce en 1876, Droit de l’Homme en 1902, Semeuse en 1903, Mercure puis Iris en 1939, Cérès en 1940, puis Coq d’Alger en 1944. la Marianne a eu plusieurs vies et de nombreux amants: Arc de Triomphe (Washington) en 1944, Dulac puis Gandon en 1945, Muller en 1955. Devenue Moissonneuse en 1955, Marianne est Liberté en 1982, elle a fêté le bicentenaire de la révolution avec Briat, le 14 juillet 1997 avec Luquet….

Puis, la jeunesse en 2013, le timbre du Quinquennat, by Olivier Ciappa, une Marianne arborant les traits de la leader des Femen, inna  Schevchenko. Et, Grosse colère de la Mère Boutin&Co. C’est quoi votre problème? Elle n’est pas assez blonde blanche la Meneuse? Il vous fallait une brune?

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Il faut être complètement timbré pour critiquer la « Marianne »… Imaginez le cas d’une Marianne de la Diversité… [Édit]. Christine Boutin en Marianne circule sur le Net, petit montage pour une méchante comparaison …

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(La Poste) Lyon, 16 juillet 2013.

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Carte d’électeur: De 1881 au numérique …

Au cœur de la Présidentielle2012, j’avais collecté quelques images pour un billet destiné aux abstentionnistes. Très actif pendant la campagne présidentielle (addiction #FH2012), l’actualité laissait peu de répit pour ce type de billet. Vacances de décembre oblige, on a (enfin!) le temps de solder nos comptes. Billet…

La carte d’électeur est un document qui confère le droit de vote. L’utiliser, c’est s’exprimer. Dans ma « collection cartes d’électeurs« , cette pièce unique de 1881, « Carte d’électeur, Élection d’un député »

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Et ce prénom: Louis Napoléon et, l’école des garçons, toute une époque. Ce p’tit bout de papier a voyagé dans le temps, s’est affiné en 1935

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Remarque. Âge, 1902. Non, ce n’est pas l’âge d’André Dubois, notre électeurl’année son année de naissance. Toujours en format papier, la version 1953, celle de Julienne, née le jour de la Saint-Valentin…

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Dans l’attente des échéances de 2014 (Municipales), nous allons ranger ce charmant papier, très utilisé en 2012, avec succès pour les uns et tristesse pour d’autres.

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Dans un avenir proche, la carte d’électeur sera numérique. Peut être une carte électronique à usage unique qui restera dans l’urne, pour vérifier les émargements en cas de litige (avec l’UMP en bêta testeur). Ou encore, un vote via les réseaux sociaux (Twitter, Facebook), depuis les bistrots, pour moins d’abstention….

Qui sait.

Éphéméride politique> 10 Mai 81, une folle soirée…

Retour sur la folle soirée du 10 mai 1981, celle de l’élection de François Mitterrand à la présidence de la république. La foule des militants Rue de Solférino (siège du PS) dès l’annonce des résultats. On s’embrasse, on se congratule. Des applaudissements, des cris: « on a gagné« , en présence de … Coluche  …

Puis, la place de la bastille en liesse sous les drapeaux bleu blanc rouge.. Nostalgie

En 1981, j’avais piscine. Cette année, le 10 Mai est avancé de 4 jours. J’y serai, pour les valeurs de la République

 »C’était Sarkozy » > Hors série de Libération…

Et la presse parle déjà de Nicolas Sarkozy au passé.  »C’était Sarkozy, Histoire d’une ambition… »

Hors série de Libération, disponible chez votre buraliste

Voter blanc? Voila les gars de la marine…

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Ce soir devant la télé vous pouvez dire : Voila les gars de la marine !!! Exit donc Allez  les bleus !!! La nouvelle tunique de l’équipe de France de foot sera de toutes les conversations pour ce match amical contre la Croatie au stade de France.

Ce billet n’est pas destiné à France-Football. Ce n’est pas un billet politique non plus. Raté! J’ai déjà évoqué ce sujet rayé politique dans un précédent billet, le jour de sa présentation. La marinière, symbole marin à toute une histoire. C’est cet aspect de la chose qui m’intéresse.

Ce vêtement rayé bleu et blanc est devenu la tenue officielle des matelots le 27 mars 1858, puis celle des bleus aujourd’hui. La raison de ce choix c’est qu’habillé ainsi, un homme tombe à la mer est plus facilement repérable. Pour le foot et les situations de hors-jeu, on est mal, enfin faut voir. La marinière c’était l’uniforme des sans grades. Vu notre prestation au mondial de foot en Afrique du sud 2010, ça se tient, c’est mérité.

Au Moyen-âge, la rayure avait très mauvaise presse en Occident et n’était portée que par quelques marginaux (en vrac : saltimbanques, prostituées, bâtards, prisonniers, hérétiques…). De même, dans la marine, le tricot rayé fait partie de l’uniforme des sans grades, simples matelots, au même titre que le béret à pompon. Selon une ordonnance de 1858, les raies blanches d’une largeur de 20 millimètres doivent être au nombre de 21  et les raies bleues larges de 10 millimètres (…) au nombre de 20 à 21. Quant aux manches, elles doivent compter 15 raies blanches et15 raies bleues … Si quelqu’un veut bien m’expliquer le pourquoi de ces nombres et mensurations – dans le fil des commentaires de ce billet- D’avance merci.

La marinière -la vraie- est en jersey, ses manches trois-quarts ne doivent pas dépasser de la vareuse, et son col monte au ras du cou. C’est un vêtement avant tout confortable et pratique pour la navigation et la vie à bord.  Les enfants sont les premiers civils à porter la marinière et la tenue des petits mousses. Les mamans s’approprient petit à petit la panoplie du marin, et la rayure fait son apparition sur les robes et les costumes de bain.

Comme au foot, des chansons accompagnent cette marinière. J’ai choisi la vidéo ci-dessous de Dalida que j’emprunte à Rimbus pour illustrer ce billet. La version de Jane Birkin n’est pas mal non plus…

Extrait (refrain)

Voilà les gars de la marine,

Quand on est dans les cols bleus

On n’a jamais froid aux yeux.

Partout du Chili jusqu’en Chine,

On les r’çoit à bras ouverts,

Les vieux loups d’ mer.

Quand une fille les chagrine

Ils se consol’nt avec la mer !

Voilà les gars de la marine,

Du plus p’tit jusqu’au plus grand,

Du moussaillon au commandant.

Les gars de la marine vont-ils voter blanc ? Moelleux pou moi…

(PS: Testez mon bouton boost, Merci)

Virer l’Afrique de l’histoire de France, il paraît que « C dans l’air » du temps

Virer l’Afrique de l’histoire de France, il paraît que « C dans l’air » du temps

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C’est la rentrée dans pas mal d’activité (scolaire, littéraire, sportive etc..). C’est une période où j’ai du mal à trouver mes marques, mon allant. L’idée d’un billet ? A foison (#bettencourt woert, #retraites, #roms, #Alqaida etc..). Prendre son temps, dans cette période de grande incertitude sociale, c’est la décision qui s’impose vue mon inertie. De facto, je vous propose la lecture de cet article tiré de betapolitique.fr. Bonne lecture…

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Les nouveaux programmes d’histoire de 5ème introduisent l’histoire des royaumes médiévaux africains. Certains s’indignent que l’on puisse substituer aux grandes figures héroïques françaises la vulgaire étude de mondes lointains…

L’affaire commence par une déclaration d’intention qui fleure bon les plumiers et les pages jaunies de l’école de la troisième république : « Pour promouvoir et défendre l’Histoire de France et son enseignement dans l’Instruction Publique », laquelle instruction publique n’existe plus depuis 1932. Ringard ? Point du tout, c’est sur Facebook, c’est du vrai débat de réseau social, c’est du sérieux (1). Car il y est question de défendre la vraie France, celle de nos ancêtres, celle de nos héros, la France qu’on aimerait que nos enfants (ré)apprennent à aimer. La France des livres d’histoire de papi et mamie, belle, éternelle, fécondée par Clovis qui lui a donné son nom, magnifiée sous Louis XIV, et sublimée par Napoléon. Et cette histoire là est aujourd’hui malmenée, violentée par les programmes scolaires de collège qui préfèrent les empires médiévaux africains (Songhaï et Monomotapa) à nos grandes figures totémiques, lesquelles ont été, du coup, capturées par le front national. Si vous êtes convaincus par la pertinence de l’argumentation, il y a une pétition à signer.

Bien-sûr, on connaît la rengaine de ces missionnaires de l’identité nationale, on l’a suffisamment désossée ces derniers temps. Et le discours est tellement grotesque qu’en cette rentrée scolaire déjà suffisamment compliquée, on n’avait guère plus de quelques secondes à perdre à pester contre ces pitreries. Mais c’était sans compter sur l’acuité de la presse qui perd rarement une occasion de s’engouffrer dans la brèche d’une possible et énième polémique sur « l’enseignement en France qui fout le camp, c’est comme tout ma bonne dame ». A commencer par Le Figaro qui part donc interroger le docteur de l’âme blessée de la France, Max Gallo (2), lequel trouve que « l’enfer est pavé de bonnes intentions » et craint le « zapping ». Mazette. Ce n’est donc pas Bénin (pardon pour le jeu de mot, c’est cette mode africaine, que voulez-vous).

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Il est vrai que le véritable instigateur de la campagne pour l’hexagonalisation des programmes de collège est pugnace. Dimitri Casali est présenté successivement comme historien, spécialiste de la révolution, puis de Napoléon, puis de l’immigration, puis un peu enseignant tout de même, « en ZEP » bien entendu. Autant dire qu’il s’y connaît en drapeau bleu blanc rouge bafoué. Dans sa pétition pour le rétablissement de Louis XIV et Napoléon 1er (lesquels n’ont jamais disparu des programmes) , il fait montre de tous ses talents de polémiste historien polyvalent. A commencer par la référence obligée à Marc Bloch et à sa célèbre citation désormais tronquée à tout va qui, en version « casaliste » donne ceci : « Ceux qui ne frissonnent pas à l’évocation du baptême de Clovis et de la fête de la Fédération de 1790 ne comprendront jamais l’histoire de la France » tandis que la citation originale est la suivante : « Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France , ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. » Nom de Dieu, mais où est donc passé Clovis ?

Certes, sortie de son contexte, à la manière de Nicolas Sarkozy lors de sa campagne électorale, l’affirmation peut venir valider les prétentions nationalistes les plus primaires. Mais comme le rappelle Gérard Noiriel (3), loin de la perspective du consensus national, Marc Bloch, dans L’étrange défaite, se fait le défenseur d’un libre et nécessaire combat des « philosophies sociales contraires ». Il déplore ainsi que les élites n’aient pas su forger des fêtes populaires susceptibles de mobiliser le peuple autour d’idéaux démocratiques. On est loin de l’apostolat national. Dans le même ouvrage, Marc Bloch écrivait d’ailleurs : « Je ne crois nullement plus difficile d’intéresser un enfant aux vicissitudes d’une technique, voire aux apparentes étrangetés d’une civilisation ancienne ou lointaine, qu’à un changement de ministère ».

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Mais ce n’est pas l’avis des invités du lundi 6 septembre de l’émission C dans l’air sur France 5, avec au casting : Le représentant de l’institution : Laurent Wirth, Doyen des Inspecteur généraux d’histoire et géographie

– L’historien chercheur habitué du plateau de la chaîne : Fabrice d’Almeida

– L’historien amateur auteur d’une « Histoire de France pour les nuls » : Jean-Joseph Julaud

– L’historien polyvalent polémiste en croisade : Dimitri Casali

– Le présentateur novice, autoproclamé porte parole des Français d’en bas qui ne connaissent rien à l’enseignement de l’histoire et à qui il faut parler simplement et pas comme des spécialistes s’il vous plaît : Thierry Guerrier.

Le dispositif a donné lieu à une bien belle expérience de surdité partagée. Autour de joutes profondes et animées que l’on pourrait résumer ainsi :

Louis XIV n’est pas au programme / Si il y est / Napoléon III a disparu des programmes ?/ Non c’est Napoléon 1er/ Qui n’a pas disparu, regardez les programmes / Regardez moi dans les yeux et dites moi que Clovis n’a pas disparu des programmes / moment de frisson / alors alors ? /Et Charles Martel, hein, il est dans les programmes ? / Non, il n’y est pas /Ben voilà. Sourire de satisfaction béate/ et tout ça parce que Christiane Taubira, en 2001, avec les « Indigènes de la République » (ils se sont créés 4 ans plus tard !) a fait une loi qui ne concerne que la traite africaine…

Précisant bien qu’on ne peut pas l’accuser de conservatisme car il a écrit un livre sur « ces immigrés qui ont fait la France », Dimitri Casali y lance un cri d’alarme : si les jeunes croient aujourd’hui que le drapeau bleu blanc rouge est celui du Front national, c’est parce qu’ils ne peuvent plus s’identifier au panthéon républicain et nourrir le désir de se mettre au service de la grandeur nationale. Dans ce cas, l’urgence n’est certainement pas d’aller promener ses neurones dans la brousse africaine. Thierry Guerrier relance parfois le débat pour comprendre – car il VEUT comprendre- et bigre, par deux fois, lance la question brûlante : Serait-ce parce qu’il y a des enfants issus de l’immigration dans les classes ? Question évincée, contournée, où on comprendra que le petit Mohamed ou le petit Mamadou ont quand même le droit de rêver : le petit Corse Buonaparte ne fut-il pas un modèle « d’intégration réussie » !? Ils peuvent aussi rêver de se faire baptiser à Reims, comme Clovis, avant de repousser Charles Martel à Poitiers…

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On peut certes discuter des modalités de l’intégration de l’histoire africaine dans le récit scolaire et dans ces nouveaux programmes. Est-ce un hasard, par exemple, si dans cette polémique ridicule, on a évité soigneusement de citer l’empire du Mali (qui figure aussi dans le nouveau programme et qui risquait d’être mieux connu des auditeurs) et si on s’est empêtré à plaisir dans le Monomotapa célébré par La Fontaine sans jamais citer les fortifications de Zimbabwe ? Mieux vaut peut-être, pour l’Afrique, parler de ce que l’on ignore, du plus « exotique », et « oublier », dans les deux cas (pays du Sahel et pays du Zambèze) que l’or qui en provenait fut durant des siècles un des supports essentiels du commerce international, de la Méditerranée à l’océan Indien. Pour le dire plus clairement, « oublier » que, sans l’or africain, on ne peut comprendre l’économie de l’Occident médiéval. Maurice Lombard l’avait déjà expliqué dans les Annales il y a un demi-siècle… Mais il parait, a-t-on entendu dans la bouche de M. Casali, que l’histoire des Annales est une affaire d’intellos révolue et que le bon peuple de France doit enfin bénéficier d’un retour enchanté aux images d’Epinal de nos grands-parents. C’ dans l’air le revival lavissien. Et vraiment, il est navrant de tendre un porte-voix à ceux qui, de concert avec notre président, pensent encore que « le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire » (4).… de France ?

Auteurs : Laurence De Cock, professeure d’histoire-géographie au lycée Joliot Curie de Nanterre, Suzanne Citron, historienne, Jean-Pierre Chrétien, historien africaniste. Tous trois sont membres du CVUH : comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire.


(1) http://www.facebook.com/group.php ?g…

(2) http://www.lefigaro.fr/actualite-fr…

(3) « Marc Bloch » notice de Gérard Noiriel dans Laurence De Cock et alii, Comment Nicolas Sarkozy écrit l’histoire de France, Agone, 2008.

(4) Nicolas Sarkozy, discours de Dakar, 26 juillet 2007. Voir Jean-Pierre Chrétien et al., L’ Afrique de Sarkozy. Un déni d’histoire, Karthala, 2008

Sources : betapolitique.fr

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