Syrie: calcul diplomatique, 1+1+11 égal beaucoup…

547802-us-president-barack-obama-meets-french-president-francois-hollande-at-the-g20-in-st-petersburg-russiLe sommet du G20 de SaintPétersbourg a permis de clarifier les positions sur la crise syrienne. Au sortir de ce sommet, la question des preuves de l’utilisation des armes chimiques par le régime de Bachar El-Assad ne se pose plus, la certitude l’emporte sur les doutes à Vladimir Poutine près. Les points de divergence portent désormais sur les moyens d’action contre le régime de Bachar el-Assad.

Calcul diplomatique. Le temps semble être suspendu à la décision du Congrès américain de ce lundi,  sur la participation (ou pas) des États Unis dans une opération opération armée contre le régime de Damas. La Commission des affaires étrangères du Sénat américain a adopté ce mercredi un projet de résolution autorisant l’usage de la force armée en Syrie. Barack Obama s’adressera à la Nation américaine  (et au monde) ce mardi depuis la Maison Blanche.

L’isolement supposé de François Hollande est une interprétation erronée de la situation diplomatique. En plus des États-Unis, La France peut compter sur le soutien des pays du G20 qui appellent à une «réponse internationale forte» contre Damas (L’Australie, le Canada, la France, l’Italie, le Japon, la Corée du Sud, l’Arabie Saoudite, l’Espagne (invité permanent du G20), la Turquie et le Royaume-Uni) au terme du sommet de Saint-Pétersbourg.

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«Nous condamnons dans les termes les plus fermes l’horrible attaque par des armes chimiques dans les faubourgs de Damas le 21 août, qui a coûté la vie à tant d’hommes, de femmes et d’enfants (…) Les preuves mettent clairement en évidence la responsabilité du gouvernement syrien dans cette attaque (…) Nous appelons à une réponse internationale forte à cette grave violation des règles et des valeurs en vigueur dans le monde, afin d’envoyer un message clair pour que ce genre d’atrocité ne se répète pas. Ceux qui ont commis ces crimes doivent en porter la responsabilité.»

Un message sans ambiguïté du Club des 11, bientôt 12, 13 etc, pour une réponse forte sous le sceau du Conseil de sécurité des Nations-Unies, bloquée par la Russie. Il faut être naïf, voire stupide, pour croire que Barack Obama pourrait «offrir gracieusement» à Vladimir Poutine une victoire diplomatique après le feu-vert annoncé du Congrès américain, pour vice de blocage.

Les manœuvres militaires. L’actuel « statu quo » sera de courte durée car sur le terrain, les manœuvres militaires ont déjà lieu au large des eaux territoriales syriennes depuis plusieurs semaines. Les bases militaires sont en état d’alerte maximun (américaine Incirlik en Turquie, britannique Akrotiri à Chypre, Russe-Syrie Tartous).

BAtaille navale Syrie

A première vue, on s’oriente vers une intervention militaire inspirée du scénario Kosovar, c’est à dire, sans l’aval du Conseil de Sécurité paralysé en 1999 par le véto russe et chinois. À défaut d’être légale, faire valoir le caractère légitime de l’intervention, au nom du droit d’ingérence lié à la protection des populations civiles, avec une coalition de volontaires.

François Hollande n’est donc pas seul comme semble l’espérer LeFigaro dans une «exclusivité exclusive» déjà publiée par LeParisien la semaine dernière. Le « sujet Syrie » est devenu un filon pour une critique politique partisane. « on ne remerciera jamais assez le Figaro pour son sens civique que d’avoir permis à l’opinion française d’être éclairée par l’interview de ce dictateur.» (F. Hollande).

En «calcul diplomatique»1+1+11 égal beaucoupselon le théorème de bombe.li (voir commentaire 2). Petit à petit…

Édit(18h00): L’Allemagne signe à son tour (+1), ainsi que L’Union Européenne (+1) pour une «riposte forte» contre le régime syrien.

[screen] (Merci à Melclalex pour le scénario Kosovar)

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