Jules César, Eric Woert: « La femme de César ne doit pas être soupçonnée ».

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« La femme de César ne doit pas être soupçonnée ». Par cette phrase qu’on lui prête, Jules César signifiait que son épouse devait  être parfaite et son comprtement irréprochable. Or les Romains jassaient sur les relations entre Pompéia -Mme César- et un dénommé Cloduis Pulcher (« le beau Claude« ). En bon Latin, Jules César choisit non pas de démissionner, mais de virer Pompéia.

Eric Woert n’est pas Jules César. Au lieu de répudier son épouse soupçonnée d’avoir « optimisé » fiscalement Mme Bettencourt, il la soutient. Il veille à sa carrière. C’est un époux moderne et attentionné, comme beaucoup de femmes aimeraient en avoir. S’il n’avait pas été maire de Chantilly, puis secretaire d’Etat, puis trésorier de l’UMP, puis ministre et même premier-ministrable, aurait-il conservé l’estime et l’amour de son épouse?

Le mariage, redisons-le, est un exercice permanent de séduction. Sarkozy, qui se plaint à la télé de son dur métier de président de la République, s’il n’avait pas décroché ce job, aurait-il séduit Carla Bruni? Pourquoi Eric Woert n’aurait-il pas le droit lui aussi de cumuler charme, fonctions et avantages?

Tout ce qu’on peut lui reprocher, ce sont les chapeaux de Mme Woert. L’école de Chantilly, en matière d’élegance, c’est spécial. Bibis et galurins du prix de Diane n’impressionnent pas les classes vulgaires et on peut le regretter. Dans ces conditions, est-il juste que ce soit ce pauvre mari qui porte le chapeau?

Fréderic Pagès, Le Canard enchainé, 21 juillet 2010


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METAPHYSIQUE: L’Etre et le Guéant

Claude Guéant
Claude Guéant

A propos des rumeurs conjugalo-élyséens, Claude Guéant, secrétaire générale de L’Élysée, a déclaré : ‘’ La vérité d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui.’’ Une phrase étonnante… Mais est-elle absurde ?

Bien avant le déficit de la Grèce, le grand sophiste Protagoras avait déclaré : ‘’l’homme est dans la mesure de toute chose’’. Bien avant l’Union européenne, Blaise Pascal constatait : ‘’Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà.’’

Regardons l’histoire des sciences. La vérité géocentrique ( » La Terre est au centre de l’Univers’’) ne vaut plus un clou aujourd’hui. Même Claude Allègre sait que la vérité d’aujourd’hui n’est pas la vérité d’hier.

Dati abandonne l'ump de Paris ?
Dati abandonne l'ump de Paris ?

Donc, Guéant n’a pas tort. Ce qui cloche, c’est qu’il est pressé. A cause de son patron, il ne donne pas de temps au temps. La vérité du Polonais Copernic a mis quatorze siècles à détrôner la vérité de Clauduis Ptolémée, latino-gréco-égyptien (comme Dalida). Mais, avec Guéant, la vérité du lundi n’est pas celle du mardi, qui ne présage rien de bon pour celle du mercredi. Peut-être même de l’après-midi. Mais dire que la vérité définitive n’existe pas, est-ce-dire une vérité absolue ?

Pour Guéant, la vérité ne vaut guère mieux qu’une rumeur. Ni absolutiste ni relativiste, c’est un grand rumoriste.

Frédéric Pages, Le Canard enchainé, n° 4668 du 14 avril 2010, page 8.

Complaintes des sans-liberté

A lire : Complainte des sans-liberté de Apollinaire Samantoto_Mafuta, La Bruyères Editions 2010.

Complainte des sans-liberté

Lancinantes douleurs congénitales et séculaires, ces poèmes thématisent, à l’instar des romantiques, le malaise et le désenchantement quasi permanents que vit l’Afrique des « seigneurs de guerre », une Afrique victime de guerres interminables et intermittentes, de disparitions précoces et de l’emprise d’une angoisse existentielle.

En témoin privilégié de son temps, l’auteur tout en dénonçant les abus dans lesquels s’emmure le continent africain : génocide, prolifération des milices et d’armes nocives, résurgence de l’extrémisme, augure dans un élan émancipateur, une nouvelle ère avec les poèmes qui chantent, d’une part, la fin des régimes totalitaristes et proclament d’autre part, une Afrique libre, fraternelle et conviviale.

En saluant les audaces formelles se lisant dans ces poèmes qui sont véritablement à l’honneur de cet auteur de talent, talent si réel et si prometteur pour la littérature congolaise écrite, moins nantie ces dernières années en œuvres de qualité, j’invite donc le lecteur à suivre de près l’itinéraire angoissant que nous révèle et nous trace ce prêtre écrivain, et qu’il savoure surtout ses métaphores flamboyantes et ses cris de cœur poignants. Alea jacta est !

Paru le : 14/01/2010; Alphonse Mbuyamba Kankolongo (Préfacier); ISBN : 978-2-7500-0431-6; EAN : 9782750004316; Nb. de pages : 94 pages; Poids : 130 g; Dimensions : 13,5cm x 21,5cm x 0,5cm