#Tunisie: le Médiator de l’Union pour la Méditerranée…

#Tunisie : Le Médiator de l’Union Pour la Méditerranée…

Médiator: Le remède de la démocratie...
Médiator: Le remède de la démocratie…

#Sidibouzid, ville tunisienne. C’est aussi un hastag du réseau Twitter qui a permis de suivre en temps réel l’évolution de la ‘’révolution du Jasmin’’

Une dictature est tombér et, avec elle l’Union pour la Méditerranée’ de Nicolas Sarkozy. Le Médiator? Ah oui… ce médicament prescrit aux diabétiques en surpoids mais souvent utilisé comme coupe-faim débouche sur un scandale aussi grave que celui du sang contaminé…

L’Union pour la Méditerranée a été pensé comme un médicament pour guérir cet espace de vie de certains maux, particulièrement: la poussée islamiste et les flux migratoires vers l’Europe… Depuis 2007, Nicolas Sarkozy a fait de l’Union pour la Méditerrané (UPM) son projet phare en politique étrangère. Le but : créer un espace de paix et de sécurité autour du bassin méditerranéen… Sauf que les bénéfices sont divergents entre les 27 états de ce projet mort-né.

Au nombre des patients : On note l’Algérie, La Libye, la Tunisie, les Emirats Arabes unis, le Maroc, La Syrie, L’Egypte sans compter les Etats Arabes du Golf et Israël… L’ambitieux projet souffrait déjà des problèmes structurels des pays concernés qui voulaient simplement ‘cueillir’ la contribution financière européenne sans avoir à bouleverser le quotidien de leur population, ni réformer leur gouvernance.

Paris, Juillet 2008

En Syrie, la dictature héréditaire des Assad a montré la voie. En Egypte, tout est mis en place pour que Gamal Moubarak succède à son père. En Libye, le Colonel Kadhafi, qui a connu De Gaulle, Pompidou, Mitterrand, Chirac, prépare sa succession au profit de l’un de ses fils. Au pouvoir depuis 1987, le Tunisien Ben Ali s’apprêtait à modifier une fois de plus la Constitution pour s’offrir une présidence à perpétuité. Bouteflika, déjà ministre dans l’Algérie des années 60 souhaite amender la Constitution pour s’accorder un troisième mandat en dépit de son grand âge et de son état de santé… Voila le profil des partenaires du Grand projet d’Union de la méditerranée de Nicolas Sarkozy, des diabétiques du pouvoir absolu avec la politique de la peur comme coupe-faim pour des populations privées de liberté d’expression..

Notons que des voix discordantes (Allemagne) s’élevaient déjà en Europe. L’Allemagne ne cachait pas son scepticisme devant le pragmatisme français qui veut sceller une union avec des régimes non démocratiques et peu respectueux des droits de l’homme.

L’union pour la méditerranée à cet égard, c’est comme concevoir un médicament pour soigner certaines pathologies sans tenir compte des effets secondaires ou des conséquences induites. Les laboratoires de démocratie que sont les pays occidentaux ont renoncé, pour ces pays, aux valeurs élémentaires qui fondent nos sociétés. Les hésitations du gouvernement de François Fillon, les sorties hasardeuses du Ministre des Affaires étrangères Michelle Alliot Marie sur la contestation de la rue tunisienne, laissent penser que ce ‘’médicament’’ qu’est la démocratie trouve en la Tunisie une expression nouvelle : le médiator

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La révolution du Jasmin est en soit un Médiator car met en lumière nos tolérances au nom des principes de rentabilité, de comptabilité, de visée personnelle. Comme pour le médicament à scandale (Médiator), les relations inféodées par la seule rentabilité financière vont à l’encontre des principes simples d’humanité qui devraient sceller nos relations avec certains pays. C’est un vrai scandale avec beaucoup de victimes. Des voix s’élèvent, les laboratoires de démocratie sont mis en cause comme le fabricant du Médiator (laboratoire Servier), les conflits d’intérêts dévoilés… et, on se cache derrière des explications approximatives, des catalogues de bonnes intentions et de directives nouvelles. Pathétique.

Comme en Tunisie, on attend des explications, des mises en examens et les condamnations. Certains seront déclarés responsables mais pas coupables comme pour le procès du  sang contaminé. Dans ce procès des relations avec les régimes peu regardant sur les droits de l’homme, les fabricants de la démocratie du bassin méditerranéen seront-ils entendus comme le vieux Servier? Des voix s’élèvent pour applaudir le courage de la rue tunisienne. Qu’en est-il de l’Algérie ? Du Maroc ? De la Libye ? On ne dit rien ? Ah bon ! Rien ? Même pas une toute petite indignation pour nous faire plaisir ? Non ? Allez courage…

En Tunisie, la dictature était prescrite (remboursée par l’Union pour la Méditerranée) jusqu’à son retrait du marché le 14 janvier 2011.  Aidez-nous à sécuriser l’Europe ! Freinez pour nous les flux migratoires via l’Espagne et, vous aurez carte blanche dans la gestion ‘’démocratique de vos pays’’. Dictateurs ? Mais non… c’est des amis de l’union pour la Méditerranée!

Cette révolution du Jasmin met en cause toute la chaîne ‘’sanitaire’’ des relations entre l’Europe (fabriquant de la démocratie) jusqu’aux autorités maghrébines de contrôle des peuples et de privation des libertés. Sauf que dans ce cas, le contrôle et la sécurité porte sur des hommes, des femmes, des jeunes diplômés, privés de liberté par des gouvernements dont la seule préoccupation est l’intérêt de leur clan. On espère un effet contagion vers L’Algérie, Egypte, Jordanie, Maroc? La Tunisie devient le Médiator de la démocratie de l’union pour la Méditerranée ici la contagion est voulue, car positive. Et si cela pouvait aboutir à une nouvelle gouvernance des Etats Africains en général…..

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