#Assange : Mauvaise réponse de François Hollande…

4669249_6_6e02_julian-assange-le-18-aout-2014_ad905ef33fa6a1f516d4340cb0c2908fJulian Assange, le fondateur de Wikileaks a respectueusement adressé une demande d’Asile à François Hollande, Président de la République. La réponse a été rapide comme jamais dans l’histoire de la République. Extraits de la demande d’asile…

Monsieur le président de la République, j’ai l’honneur de vous écrire et, à travers vous, de m’adresser au peuple français.

Mon nom est Julian Paul Assange. Je suis né le 3 juillet 1971 à Townsville, en Australie. Je suis un journaliste poursuivi et menacé de mort par les autorités états-uniennes du fait de mes activités professionnelles. Je n’ai jamais été formellement accusé d’un délit ou d’un crime de droit commun, nulle part dans le monde, y compris en Suède ou au Royaume-Uni.

Je suis le fondateur de WikiLeaks.

WikiLeaks, que j’ai fondé en 2006, avait déjà auparavant révélé de nombreux scandales majeurs de corruption, de violations des droits fondamentaux, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Nous avions pour cela reçu notamment un prix d’Amnesty international et des dizaines d’autres prix journalistiques d’autres organisations prestigieuses, dont cinq nominations successives au prix Nobel de la paix et, plus récemment, cinq nominations au prix Mandela des Nations unies (ONU), créé cette année.

Dès le lendemain, à travers des menaces de mort précises et ciblées, une persécution politique d’une ampleur inédite est lancée contre moi et les principaux employés de WikiLeaks. Elle n’a, depuis, jamais cessé. L’énumération des actions menées contre mon organisation, mes proches et moi-même ne permet pas d’en saisir toute la violence, mais peut-être en donne-t-elle une idée : appels à mon exécution, à mon kidnapping (…) par de hauts responsables politiques et administratifs états-uniens,

L’ampleur de ce dispositif n’aurait guère pu être imaginée par un esprit paranoïaque. Une douzaine d’agences états-uniennes y participent officiellement, incluant le Pentagone, la Defence Intelligence Agency, la CIA, le FBI, l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA), le ministère de la justice et le département d’État. (…) Une persécution politique d’une ampleur inédite est lancée contre moi et les principaux employés de WikiLeaks

Les poursuites ne m’ont pas fait taire

Les persécutions qui s’en sont suivies m’ont forcé à demander l’asile au sein de l’ambassade d’Équateur à Londres, en juin 2012, pour éviter une extradition vers les Etats-Unis qui devenait à chaque heure plus probable.

Dénué de l’assistance consulaire et de la protection que me devait mon pays d’origine, l’Australie – (…), je demeure depuis maintenant trois ans et dix jours au sein de cette ambassade. J’y dispose de cinq mètres carrés et demi pour mes usages privatifs. L’accès à l’air libre, au soleil, m’a été interdit par les autorités du Royaume-Uni ; (…) il s’agit d’un espace modeste qui n’a pas été pensé pour devenir un lieu de vie. Il m’y a été impossible, depuis trois ans, de maintenir la moindre vie familiale ou intime.

Mon plus jeune enfant et sa mère sont français. Je n’ai pas pu les voir depuis maintenant cinq ans, depuis que la persécution politique à mon égard a commencé. Mes proches, y compris mes enfants, n’ont pas pu me rendre visite depuis, du fait de cette situation.

Ma vie est aujourd’hui en danger

(…) J’ai été particulièrement touché par l’appel inattendu du gouvernement français, par la voie de la ministre de la justice et garde des sceaux Christiane Taubira, et relayé par des dizaines d’autres personnalités, à ce que la France me donne l’asile. Gardienne d’une constitution qui oblige la France à accueillir les combattants pour la liberté menacés de leur vie, d’une constitution qui oblige le monde à ouvrir les yeux par la noblesse d’une telle exigence, elle a ouvert une voie qui, je l’espère, ne se refermera pas.

En m’accueillant, la France accomplirait un geste humanitaire mais aussi probablement symbolique, envoyant un encouragement à tous les journalistes et lanceurs d’alerte qui, de par le monde, risquent leur vie au quotidien pour permettre à leurs concitoyens de faire un pas de plus vers la vérité. Elle enverrait aussi un signal à tous ceux qui, de par le monde, saisis par l’hubris, trahissent leurs valeurs en s’attaquant incessamment aux citoyens qui s’y refusent.

la France accomplirait un geste humanitaire

La France a longtemps été porteuse d’espérance et de singularité pour de nombreux peuples et individus de par le monde. Ses mythes nourrissent encore aujourd’hui bien des enfances. Mes liens avec ce pays ne sont pas seulement idéels. De 2007 jusqu’à la perte de ma liberté en 2010, j’y ai résidé. Nos structures techniques y sont encore installées.

Mon plus jeune enfant et sa mère sont français. Je n’ai pas pu les voir depuis maintenant cinq ans, depuis que la persécution politique à mon égard a commencé. La situation présente leur cause d’immenses difficultés. J’ai dû garder leur existence secrète jusqu’à aujourd’hui dans le but de les protéger. J’ai aujourd’hui l’espoir que la situation et l’appui dont je bénéficie permettront de le protéger. Mon fils aîné, aujourd’hui adulte, et à ma mère, en Australie, subissent en effet encore aujourd’hui les conséquences de ma situation. Les menaces de mort, le harcèlement, y compris venant de personnes ayant des liens avec l’appareil militaire états-unien, ont commencé au même moment qu’émergeaient les appels à mon assassinat. Ils ont dû changer d’identité et réduire leurs échanges avec moi. (…) Je ne souhaite plus subir cette situation. Je souhaite les retrouver.

Ma vie est aujourd’hui en danger, Monsieur le président, et mon intégrité, physique comme psychologique, est, chaque jour qui passe, un peu plus menacée.

Tandis que je faisais tout pour préserver la vie d’Edward Snowden, plusieurs employés britanniques de WikiLeaks devaient s’exiler à Berlin, en Allemagne. Tandis que nous révélions le scandale des écoutes de la NSA en France, des responsables politiques du Royaume-Uni admettaient que le siège autour de l’ambassade équatorienne était dû à la pression états-unienne. Tandis que nous créions une fondation d’appui aux lanceurs d’alerte, Courage Foundation, l’administration états-unienne multipliait les poursuites contre les journalistes et leurs sources, poursuites atteignant une intensité inédite dans l’histoire de ce pays.

Tandis que Chelsea Manning était condamnée à 35 ans de prison pour avoir été supposément ma source et révélé un nombre incalculable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, après avoir été soumise à des traitements inhumains selon le rapporteur spécial de l’ONU, je continuais mon travail avec l’organisation de WikiLeaks pour m’assurer qu’aucune source ne pourrait jamais être identifiée du fait de ses liens avec mon travail, ce qui a jusqu’ici été fait avec succès.

Seule la France se trouve aujourd’hui en mesure de m’offrir la protection nécessaire contre, et exclusivement contre, les persécutions politiques dont je fais aujourd’hui l’objet. En tant qu’État membre de l’Union européenne, en tant que pays engagé par toute son histoire dans la lutte pour les valeurs que j’ai faites miennes, en tant que cinquième puissance mondiale, en tant que pays qui a marqué ma vie et qui en accueille une partie, la France peut, si elle le souhaite, agir.

Respectueusement,

Julian Assange

Voila pour le courrier adressé à la France. (version complète) Et la réponse lapidaire de François Hollande depuis sa tournée africaine sonne faux: « Un examen approfondi fait apparaître que compte-tenu des éléments juridiques et de la situation actuelle de M. Assange, la France ne peut pas donner suite à sa demande. La situation de M. Assange ne présente pas de danger immédiat. Il fait en outre l’objet d’un mandant d’arrêt européen« , écrit l’Élysée.

Mauvaise réponse Monsieur le Président! Très mauvaise réponse car personne ne peut douter un seul instant du danger qui pèse sur la vie de Julian Assange, personne. Monsieur le Président, Cher Pépère, sans s’attarder ce que le français moyen ne sait pas de ce dossier, Julian Assange, l’as de Wikileaks n’est peut-être pas un ange mais, il est Papa d’un enfant français, son fiston est citoyen français, l’un des nôtres!, Monsieur le Président, vous auriez pu attendre votre retour à l’Élysée pour vous exprimer sur le sujet, même Léonarda a eu droit à sa déclaration officielle depuis la salle des cérémonies de l’Élysée, Monsieur le Président, d’autres portes de sortie étaient possibles – attendre la fin de la session parlementaire, excuse estivale ou canicule, demander l’avis des français – il s’adresse à nous aussi -, ouvrir des discussions avec les Anglais, les Suédois, les Australiens, les américains pour trouver une solution à ce problème, etc -. Oui Monsieur le Président, l’évidence de la «mauvaise réponse» tient dans sa méthode, expéditive, peut-être liée à une peur que j’ai du mal à comprendre (de qui?), Monsieur le Président, cette requête « éloge de la France » méritait réflexion et beaucoup plus d’attention, c’est une occasion manquée d’emmerder ces américains qui nous espionnent, avec vous dedans, un 04 juillet au nom de la Liberté qu’ils ont grâce à la France (cf Lafayette et l’Hermione). Tenez, je ne suis pas toujours d’accord avec Eva Joly mais sur ce coup, elle a raison, et je partage son avis.

Tweet d'eva joly Assange Hollandepng

Monsieur le Président, je ne sais pas combien de point vous venez de perdre dans les sondages (mais pas que), et déjà qu’il y en avait pas beaucoup, je voulais juste vous dire, #JeSuisAssange !

(…)

Immigration: un discours juste de F. Hollande, juste un discours… #DirectPR

La France pour tous Libération immigration2Sept ans après son ouverture, François Hollande, Président de la république a inauguré le musée de l’histoire de l’immigration ce lundi après-midi à Paris. Un lieu symbole de «la reconnaissance de la France pour ses immigrés» que Nicolas Sarkozy, fils d’immigré,  avait refusé d’inaugurer en 2007.

De repos ce lundi, j’espérais voir à la télé le discours du président de la république, rien, silence chez BFMTV et iTélé pour ne citer que ces deux médias, Laurence Ferrari (elle aussi) avait une autre priorité: le direct australien pour la prise d’otage. Le catalan Manuel Carlos Galfetti Valls était absent. Il faut croire qu’en France, il ne fait pas bon d’être issu de l’immigration,  ce mot est devenu le propre d’une certaine catégorie de la population au point de ne pas intéresser «tous les français», sauf la «récente», la plus visible, «de fraiche date» matière première des Zemmour, Le Pen et demain Michel Houllebecq dans un roman à paraître sur la théorie du grand remplacement: «Soumission», c’est le titre du nouveau suicide français, polémique en vue…

Bref, je n’ai pas suivi le Discours du président de la République en direct à la télé. De l’avis unanime des observateurs, ce discours était très bien, j’ai lu quelques bonnes feuilles et regardé le replay sur Elysée.fr, je confirme: F. Hollande a fait montre (encore une fois) d’une parfaite maîtrise des mots pour apaiser certains doutes, bref, je pourrais m’en contenter mais pas cette fois.

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Oui Monsieur le Président, j’attends dorénavant autre chose qu’un simple discours, aussi excellent soit-il. J’ai aimé celui du Bourget sur le rêve français, je m’en souviens encore (de mémoire): «être français, c’est le plus beau nom qu’on puisse donner à un citoyen du monde», j’ai aussi le souvenir du récent discours de Dakar(2), celui de la libération de Tombouctou sans oublier l’hommage aux soldats étrangers dans le débarquement de Provence, Merci.

Oui Monsieur le Président, vos discours ne souffrent d’aucune contestation, vos mots sonnent juste, sont très justes, mais ce sont juste des mots. les immigrés n’attendent ni roubles ni roublardise et encore moins un hypothétique «droit de vote des étrangers», ce serpent de mer déjà noyé comme le signale des journalistes lors d’un déjeuner à l’Élysée durant lequel vous avez déclaré (off): «C’est une revendication légitime, mais sa traduction constitutionnelle n’est pas possible aujourd’hui».

Droit de vote des étrangers2

En vérité, et pour l’avoir déjà notifié sur ce blog, je ne connais aucun «citoyen du monde» dans mon voisinage qui l’espérait, Made in Ailleurs, ils aspirent à autre chose.

Oui Monsieur le Président, je n’attendais pas grand chose, mais autre chose, je m’explique: ce discours sur l’immigration arrive un peu tard et ressemble à une simple visite de courtoisie, je l’espérais lorsque Christiane Taubira (votre Ministre de la Justice) était victime d’un racisme honteux dans un silence inouïe du gouvernement (de la Gauche en général) et du Ministre de l’intérieur de l’époque (M. Valls) en particulier, l’indifférence des bons était insupportable,  j’espérais entendre ce joli phrasé lorsque la parole raciste s’invitait (et s’invite) avec impunité dans le débat public, j’attendais qu’une parole publique m’épargne le réflexe de «l’auto-défense verbale» comme je le fais de plus en plus (souvent) sur ce blog, avec maladresse des fois, contraint et forcé par d’immondes théories et par de vils personnages. Oui je sais, vous êtes très occupé Monsieur le Président, mais rien ne vous empêche de déléguer cette parole de fermeté et d’impunité, c’est dans votre forfait «Président de la République» et le crédit court jusqu’en 2017, l’utiliser.

Oui Monsieur le Président, je suis presque gêné de ne pas applaudir ce courage que votre prédécesseur n’a pas eu, il était très bien votre discours je le redis, mais ce n’est plus assez. L’électeur issu de l’immigration ne se contente plus d’un simple ripolinage de son hall d’entrée, il vote et se lasse désormais d’entendre et d’attendre. A force, il devient sourd, et l’excellence des mots n’ont malheureusement plus d’effet sur ses attentes, il refuse cette infantilisation par le verbe et par ces mots adroitement juxtaposés aussi sonores qu’inefficaces. Le rituel des discours, avant, pendant et très longtemps après les échéances électorales le fatigue, c’est mon cas.

Oui Monsieur le Président, je fais «mon difficile», vous me l’accorderez pour cette fois. Je précise, ce billet n’est point une résignation (juste un peu, beaucoup?), c’est surtout un constat observé que je partage: Plus personne n’attend un changement par la seule magie du verbe, c’est important certes mais plus maintenant, des actes si vous avez c’est bien, autre chose nous attendons, mais pas que des discours…

Cordialement,

(…)