Sexe, Vice et Pouvoir: De l’Éthique à Nicomaque…

Ces derniers temps, l’actualité politique tourne autour des sujets de: Viol, harcèlement sexuel, attouchements, délation, morale,  etc… La morale politique a depuis pris le Ferry sur le thème de la Pédophilie !  Rien que ça.

Le navire politique vogue désormais sur des eaux troubles de la morale. Même le philosophe s’en mêle ‘’Tout le monde savait‘’. Alors réfléchissons. Ce billet n’a pas vocation de juger ce fait, ni les précédents. Quoique.

Éthique, morale, politique, philosophe… Ces mots légitiment la relecture adaptée de ‘’l’Éthique à Nicomaque‘’ d’Aristote. Non, je ne vous entraînerai pas dans de vastes réflexions philosophiques, je ne m’érigerai pas non plus en censeur de la morale publique,  je vous invite juste à traverser le miroir de l’information. Analysons ensemble  ces faits de société sous un prisme nouveau.

Dans l’Éthique à Nicomaque, Aristote nous offre un traité pratique qui peut nous guider vers le bonheur (individuellement et collectivement). On parlera dans ce billet d’homme ou femme de pouvoir (politiques, journalistes influents, acteurs de presse & Médias etc), des citoyens, de la Cité qu’est la France.

Ces hommes de pouvoir devraient véhiculer les vertus de la morale politique, de l’équité sociale, Être des exemples, instruire la Cité, être vertueux. Sauf que ce sont désormais des gens immoraux qui sont censés nous conduire vers la vertu. Problème.

L’Éthique à Nicomaque est pour Aristote un  traité de politique . Il écrit que  ‘’L’homme est un animal politique‘’. ça, on savait. Pour lui,  La vertu désigne une attitude qui s’exprime dans la cohabitation politico-morale avec les autres hommes, elle n’a pas de sens en dehors d’un cadre social qui fonde la République.

Les hommes politiques et de pouvoir ont ils de la vertu? La question se pose avec acuité ces  derniers temps. Le plaisir a pris le pas sur la vertu. La morale est devenue une denrée périssable. La Cité toute entière sombre dans l’irrationnel. Et, l’on s’interroge sur le désormais ‘’Tout le monde savait‘’ Tout le monde savait quoi? Existe t-il donc des sphères de pouvoirs, des strates sociales de connaissances teintées de comportements clientélistes? de concupiscence? Asymétrie d’information? Revenons sur la morale.

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Du pouvoir, de la richesse et de l’argent…

Le pouvoir est aujourd’hui inféodé par la rentabilité financière. Or, selon Aristote, l’argent ne saurait être un but de la vie, elle ne peut être qu’un moyen. Aristote range la richesse dans la catégorie de l’utile, et non du nécessaire : ‘’la vie de l’homme d’affaires c’est une vie de contrainte, et la richesse n’est évidemment pas le bien que nous cherchons: c’est seulement une chose utile, un moyen en vue d’une autre chose‘’. Faut croire qu’il était de gauche…

La chose politique censée régir la vie de la Cité est devenue une profession libérale. On crée des groupes, des cercles de réflexions entre autres satellites du pouvoir, avec pour objectif la rentabilité financière. Les travers, les affaires, et la disparition de frontières public-privé en témoignent. Puis, vient la question des mœurs. Et, tout le monde était censé savoir…

Le pouvoir a oublié la simple notion de prudence, de justesse. Nul n’est parfait certes et nous, manants de la Cité tolérons le juste milieu, c’est-à-dire ce qui est juste entre l’excès et le défaut. Mais l’on constate l’excès à tous les étages de la Cité, surtout au sommet dans la Régence de la Cité.

La parole du pouvoir s’est fortement dégradée. Elle se dit décomplexée. Désacralisation de la fonction de Régent de la Cité et, l’amphigourique  a  remplacé l’Expressis Verbis. Ajoutons à cela l’irresponsabilité des princes et ambassadeurs entre autres courtisans. L’excuse? C’est la faute des ḥashshāshīn, des malinkés etc.. Déchéance collective et levé des pont-levis.

La Cité exige pour sa pérennité morale, des hommes libres et  de bonnes mœurs – Libres dans les engagements souscrits, justes dans la gestion de la chose publique. ‘’le juste est le bien politique, à savoir l’avantage commun‘’ écrivait Aristote.Et de bonnes mœurs... Tout le contraire donc d’un comportement épicurien! Un ‘’épicurien‘ pour reprendre une définition de Philippe Sollers, ‘’c’est est un individu sensuel, grossier, une sorte de notable bourgeois (…) qui ne pense qu’à manger, boire et baiser‘’. [Depardieu?] C’est donc un matérialiste borné est incapable de voir plus loin que son propre corps. La France vit un scandale épicurien

Pourquoi relire Aristote? Parce que l’on vit aujourd’hui dans la Cité des valeurs perdues. Aristote remet l’homme au cœur de la société: ‘’la vie de l’homme d’affaires c’est une vie de contrainte, et la richesse n’est évidemment pas le bien que nous cherchons: c’est seulement une chose utile, un moyen en vue d’une autre chose‘’.

Ces hommes de pouvoir ont de nos jours des vies fondées sur leur honneur, sur leurs vices. Nous, citoyens devenons de simples reflets de cet honneur perdu, de simples spectateurs de l’arène du vice.  Or, pour notre ami Aristote, le vrai bonheur doit être autonome, il ne doit dépendre que de soi. De plus, l’honneur est éphémère. Certains déchus  peuvent en témoigner. Aristote pense que le Bien (collectivement parlant) est le but suprême de la vie, et le Bien est l’objet de la Politique:

“Et puisque la Politique (…) légifère sur ce qu’il faut faire et sur ce dont il faut s’abstenir, (…) la fin (finalité) de la Politique sera le bien proprement humain Même si, en effet, il y a identité entre le bien de l’individu et celui de la cité, de toute façon c’est une tâche manifestement plus importante et plus parfaite d’appréhender et de sauvegarder le bien de la cité..

La grandeur des hommes ne peut résider dans le pouvoir, ni dans le vice, mais dans la mesure où ils servent la grandeur de la Cité, de la République. Ce pouvoir de servir ne peut être une nécessité: ‘’La nécessité est un mal, mais il n’y a aucune nécessité de vivre avec la nécessité‘. Paradigme morale.

[Sex and the body Politic] . Voir ici les [Extraits de l’Ethique à Nicomaque]

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Débat sur l’Islam: La laïcité de l’UMP et la morale des trois ânes…

Église et Minaret, Bethléem Ouest

Le débat sur l’islam (dit débat sur la laïcité) occupe la scène politique de ces jours d’avril irradiés de lumière. Les tentatives de recadrage de ce débat initialement sur l’islam accouchent d’une… journée de séminaire! Dans un précédent billet, j’ai expliqué que finalement, si ça se trouve, il y a du bon dans ce débat. En clair: Si l’UMP veut continuer à se tirer une balle dans l’pied, je ne vois pas pourquoi l’en empêcher.

Jean François Copé s’est cru l’obligation de clarifier les choses dans la désormais célèbre: Lettre à mon ami musulman (à classer dans #bibliolefebvre). L’ami musulman lui a répondu dans une tribune libre sur Rue89. Il évoque l’alibi de la laïcité, son statut de citoyen comme les autres et note que l’UMP n’est pas étrangère à sa situation actuelle:  » Ta famille politique n’est pas étrangère à cette situation (mais bon, on ne choisit pas sa famille…). Ce serait malheureux de donner ainsi raison à ces mauvaises langues que j’entends déjà dire qu’avec des amis comme toi …on n’a pas besoin d’ennemis. Pour ces raisons, tu comprendras que je ne souhaite pas venir à ta petite fête du 5 avril. Je préfère vous laisser laver votre linge sale en famille. Fais-moi signe quand tu auras repris tes esprits et que les choses se seront un peu calmées vers chez toi. »

Plus virulente, Najat Vallaud Belkacem (PS) Porte parole de Ségolène Royal: J’ai tardé à vous répondre car je n’avais pas compris que votre courrier pouvait s’adresser à moi (..) Pour qui vous prenez-vous pour me parler ainsi ? (..) Comprenez-vous que ce ton de propriétaire agacé envers son locataire indélicat ne saurait convenir au Secrétaire Général d’un parti républicain s’adressant à son ‘ami musulman‘ pour l’inciter à dialoguer avec lui sur l’intégration de sa ‘communauté‘ dans la République, et la menace qu’elle représenterait dans l’esprit de trop de Français ? (…)…

Ce débat sur la laïcité est en fait un débat sur l’islam comme l’a concédé  Claude Guéant malgré lui, lundi 04 avril: Je crois qu’il y a 5 à 6 millions de musulmans en France, l’accroissement du nombre des fidèles de cette religion, de cette pratique religieuse pose problème..(BFMTV, 04 Avril). Au moins, c’est clair et qu’on ne s’y trompe plus. Jean François (Copé) dira encore: Est ce qu’on peut jouer collectif? Raté!

Et, que dire de la fusion des idées UMP-FN? FrontNationalisation de l’UMP? Oui et, Sarkommence!. Pour participer à ce diner de con, j’apporte ici une contribution morale, le conte des trois ânes qu’une amie (Janine PATET) m’a confié en lecture…

Le conte des trois ânes…

Un paysan se rendait à la ville pour vendre ses récoltes sur le marché. La ville était loin et il fallait plusieurs jours pour l’atteindre.

Le premier soir, il s’arrêta pour bivouaquer non loin de la demeure d’un vieil ermite. Au moment d’attacher son troisième âne, il s’aperçut qu’il lui manquait une corde. Il se dit: Si je n’attache pas mon âne, il y a de fortes chances que demain il se soit sauvé dans la montagne.

Alors, après avoir solidement attaché les deux autres, il monta sur son âne et pris la direction de la maison du vieil ermite. Arrivé, il demanda au vieil homme: N’auriez-vous pas une corde à me prêter pour attacher mon âne cette nuit ? Je vous la rendrai demain matin.

Mais l’ermite n’avait pas le moindre bout de corde. Aussi, il dit à notre paysan: -Retourne à ton campement, et comme chaque jour, fais le geste de passer la corde autour du cou de ton âne, et n’oublie pas de feindre de l’attacher à un arbre.

N’ayant pas le choix et espérant que cela marcherait, le paysan fit exactement ce qui lui avait été conseillé, puis il s’endormit. Le lendemain matin, dès son réveil, son premier regard fut pour son âne: il était toujours là !

Après avoir chargé les trois baudets, le paysan voulut se remettre en route, mais là, son troisième âne refusa de bouger; il eut beau faire, le tirer, le pousser, rien n’ y fit !

Désespéré, notre homme retourna voir l’ermite et lui raconta sa mésaventure.

– As-tu pensé à lui enlever la corde? demanda l’ermite

– Mais il n’y as pas de corde! répondit le paysan.

– Pour toi oui, mais pour l’âne…

Le paysan retourna au campement et d’un ample mouvement, mina le geste de retirer la corde. L’âne le suivit alors sans résistance.

Moralité: Ne nous moquons pas de cet âne. Ne sommes-nous pas, nous aussi, esclaves de nos habitudes, pire, esclaves de nos programmations mentales? Demandons-nous quelle corde invisible empêche l’UMP de progresser et d’évoluer….

Illustration [Clocher et Minaret] Lire aussi ce billet

[Le conte des trois ânes: copie image+texte par une amie, Janine Patet].

[Morale publique]: Tes compatriotes, jamais tu ne stigmatiseras..

Les choses changent, la morale est de retour et la France va mieux. Oui, il faut  reconnaître, de temps en temps, certaines avancées dans les décisions collectives (judiciaires) dans notre patrie.

Ces derniers temps, trois décisions de justice ont marqués un frein dans les dérives verbales permissives dans la ‘’France dite décomplexée’’… C’est fini, la morale a repris ses droits : chassez le naturel, il revient au galop.

1. La condamnation par la 17e chambre du tribunal correctionnel d’instance de Paris, d’Eric Zemmour pour ‘’incitation à la haine raciale’’. Il a été condamné à 1.000 euros d’amende avec sursis dans une affaire l’opposant au Mrap, SOS Racisme et la Licra, et à une peine identique dans un dossier initié par l’UEJF et J’accuse. Le tribunal a estimé qu’il a dépassé les limites autorisées du droit à la liberté d’expression, et devra payer 10.000 € de dommage et intérêt aux associations plaignantes. Le  chroniqueur de Laurent Ruquier (France Télévision) a accepté sa condamnation en ne faisant pas appel. C’est bien.

2. La mise à l’écart de Mr Guerlain par la Société LVMH (Louis Vuitton). Les actions communes des associations des droits de l’homme, les quelques actions de boycott des produits de la marque, les excuses publiques des actionnaires de la maison Guerlain ont fini par mettre en lumière les limites de ce que l’on ne faire impunément. La Société LVMH avait déclaré  avoir pris connaissance « avec consternation des propos inadmissibles tenus par Jean-Paul Guerlain et les condamne avec énergie« . La CSA s’était saisi du dossier et Élise Lucet (Présentatrice du dit Journal de 13h00, France 2) avait dû présenter ses excuses…. L’excuse de vieillesse n’était pas de mise comme certains avaient essayé de le justifier…

3. Cette dernière affaire a été la jurisprudence morale et sociale dans cette nouvelle affaire du couturier vedette de la Maison Dior: John Galliano. C’est l’option prise par le Groupe Dior, qui s’est vite désolidarisé de son styliste à deux jours de la Fashion-week à Paris. L’excuse-pinard, d’alcool et produits illicites ne peut justifier le racisme et l’antisémitisme. Non. Le Parquet de Paris s’est saisi du dossier, le styliste britannique comparaîtra pour injure raciale au deuxième trimestre 2011 devant le tribunal correctionnel, a annoncé le parquet de Paris dans un communiqué. A suivre….

La liste n’est pas exhaustive mais, on ne saurait oublier la condamnation de Brice Hortefeux pour ‘’injure raciale’’, il décidé de faire appel, pas sûr qu’il s’en sorte à bon compte. La preuve ? Sa mise à l’écart du gouvernement lors du dernier remaniement ministériel pour risque d’une confirmation de la peine, à quelque mois de la présidentielle, sonne comme une punition…

A lire...

Ces quelques faits laissent penser que ‘’l’intolérance zéro’’ c’est fini. Du moins, on l’espère…. Pour les orphelins de cette ‘’Récréation verbale’’, je dis :

  • La République (et ses lois), tu aimeras.
  • Tes compatriotes, jamais tu ne stigmatiseras.
  • La morale, tu respecteras.
  • Ta gueule tu fermeras, – ça fera des vacances à la France…-

Vu le programme politique des mois à venir et les débats qui vont en découler, ce retour à la Morale et à plus de retenue dans le phrasé, est louable. Messieurs les juges et Magistrats de la République, Mesdames Mesdemoiselles et Messieurs,  je vous remercie…. (Merci à @jegoun ).