Jouissance et désirs |Jean de La Fontaine, poésie coquine|…

Une pensée-Bibi pour (re)découvrir la poésie coquine de Jean de La Fontaine, né un 13 avril [1621-1695]. C’est la saison, alors, lisons…

Jean de la Fontaine, Poésie Coquineephemeride-la-fontaine-489842-jpg_923186_652x284

« D’un vit, d’un con et de deux cœurs naît un accord plein de douceurs que les dévots blâment sans cause » . Oui, Amaryllis des blogs et du Web de France et de Navarre, Aimons! foutons! pensez-y bien pour que vive l‘œuvre de La Fontaine de 1671! Billet «Poésie et Culture», fait. Et voila comment on évite d’aborder le sujet LoiRenseignement, sans s’en foutre. 

Ce n’est rien, merci.

(…)

Publicités

Prix littéraire du blog: “Tendre Nostalgie“ de Yves Nkodia…

Tendre Nostalgie. Les premières pages captivent l’attention, quai de la littérature, excitation du départ vers l’inconnu. Puis, le train de la lecture s’éloigne, les mots sont justes, le lecteur hésite, s’installe confortablement, et se laisse porter par la magie du texte, par le poids des mots, par la beauté des paysages décrits. Évasion…

Ce voyage que je propose permet la découverte, au fil du rail, dans l’ombre de chaque paragraphe, d’un univers imaginaire pour soi, réel pour l’auteur Yves Fernand Nkodia. C’est un ami des années Fac à Besançon (Franche-Comté).

Dans “Tendre Nostalgie“, il décrit avec justesse le riche présent de tous ceux qui quittent l’Afrique un jour, les rêves plein la tête, pour des contrées ou leur accent pose des fois problème…

Comme Aimé Césaire, Yves Fernand Nkodia nous invite dans son “Cahier d’un retour au pays natal. “Tendre Nostalgie chemine le lecteur sur les rails d’une description détaillée, l’entraîne dans la profondeur des forêts lointaines. Sensation d’une marche les  pieds nus, foulant la rosée matinale

A lire près de la cheminée en cette période hivernale. Et la flamme de récit redonne vie aux mots, aux paragraphes qui se suivent dans un agencement précis. Au fil des pages, la lecture s’illumine d’ombres qui filtrent à travers les mots. Le lecteur, s’il prête attention, entend les arbres pleurer leurs feuilles…

Tendre Nostalgie, c’est le récit littéraire que je conseille en cette fin d’année. C’est  mon prix littéraire du blog. Le précédent lauréat de ce prix, souvenez-vous, c’était Alain Mabanckou, un autre copain-d’avant du Lycée, Prix Renaudot 2006 avec le roman: Mémoire d’un Porc épic. Dans l’attente…

LireTendre Nostalgie de Yves Fernand Nkodia, Édition EdiLivre, 2011, 83 pages. En vente ici. A mettre sous le sapin.

Livre ‘’rose‘’ des Écritures: Le «Cantique des Cantiques»…

le-cantique-des-cantique

Cantique des Cantiques? C’est une référence de la littérature que l’on trouve dans… la Bible! Oui, dans le «Livre des Écritures» de l’«ancien Testament», au milieu de mille et une pages.

Que de souvenirs! Que de services rendus! Avec des amis de années jeunesse, on s’en inspirait pour écrire des poèmes, on modifiait deux trois mots sulfureux et le tour était joué! Plagiat? Ben voyons, encore fallait deviner d’où nous venait cette inspiration divine, pas dans les bibliothèques courantes, Internet pas encore développé, on était peinard…

Le Cantique des Cantiques, dit aussi Cantique de Salomon, est un livre de la Bible, situé dans le Premier Testament. Poèmes, chants d’amour alternés entre une femme et un homme, tout y est. Ce sont les textes les plus poétiques que j’ai eu le plaisir de  lire. C’est semble t-il une compilation de différents poèmes du IVe siècle av. J.-C.  Peut être écrit par une femme vu la large place qui y est laissée aux personnages féminins. Va savoir…

Extraits (7.6 à 7.13)

Que tu es belle, que tu es agréable,

Ô mon amour, au milieu des délices !

Ta taille ressemble au palmier,

Et tes seins à des grappes.

Je me dis: Je monterai sur le palmier,

J’en saisirai les rameaux !

Que tes seins soient comme les grappes de la vigne,

Le parfum de ton souffle comme celui des pommes,

Et ta bouche comme un vin excellent …

Qui coule aisément pour mon bien-aimé,

Et glisse sur les lèvres de ceux qui s’endorment!

Je suis à mon bien-aimé,

Et ses désirs se portent vers moi.

Viens, mon bien-aimé, sortons dans les champs,

Demeurons dans les villages !

Dès le matin nous irons aux vignes,

Nous verrons si la vigne pousse, si la fleur s’ouvre,

Si les grenadiers fleurissent.

Là je te donnerai mon amour.

Les mandragores répandent leur parfum,

Et nous avons à nos portes tous les meilleurs fruits,

Nouveaux et anciens:

Mon bien-aimé, je les ai gardés pour toi.

A lire entre les lignes. Écrits sulfureux? Textes profanes? Faut dire que la sexualité et l’érotisme sont naturellement abordés lors des études et débats bibliques comme une dimension respectable de l’amour humain.  Dans les Écritures, la relation amoureuse et sexuelle entre un homme et une femme est considérée comme une bénédiction de Dieu, comme un cadeau inestimable et qu’il faut en profiter tout en restant fidèle à la même personne. Faut voir…

On peut s’étonner de la présence de ce chant d’amour dans la Bible, l’érotisme est peut être spirituel. Relire pour s’en rendre compte. Sinon, décantons  le Cantique

Aimé Césaire, Place des Grands hommes… Et, elle est debout la négraille!

Aimé Césaire, Panthéon 06 Avril 2011

Aimé Césaire ? C’est une bibliothèque toujours vivante désormais au Panthéon des hommes. Il a rejoint une autre référence du subconscient noir Félix Eboué dans la Place des grands hommes de la République.

Mon premier souvenir sur Aimé Césaire remonte à mes 8-9 ans. Je me revois rue Dahomey à Brazzaville (Congo), j’étais intrigué par le nom: Aimé Césaire! J’ai d’abord trouvé ce nom très joli à prononcer, avec une bonne consonance. Pas très noir comme patronyme. On se plait alors à découvrir sa douloureuse histoire, celle de l’esclavage, de la traite négrière, des îles des caraïbes, des Antilles… Surtout, on admire sa réussite scolaire et universitaire, ses combats sur l’identité de cette minorité (déjà) visible en France.

Sa véhémence exprime au fond un vrai attachement aux valeurs de la République. Il n’était pas indépendantiste, plutôt Républicain dans ses différents devoirs citoyens (Député, Maire, etc..): Français à part entière ? Non, il aimait dire ‘’Français entièrement à part’’. Français, Négritude….

Ces souvenirs sur Aimé Césaire sont indissociables de Léopold Sedar Senghor, autre fierté du jeune noir des années 70 dans ce quartier de Poto-Poto Brazzaville. ‘’J’apprends le français aux petits français de la France’’ disait Senghor. Phrase magique d’une admiration sans fin! Petit, on a les références morales et littéraires qui nous ressemblent…

A l’école, le ‘’Cahier de retour au pays natal’’ d’Aimé César a permis de conforter mon identité de Nègre. Nègre je suis et Nègre je resterais pour reprendre le titre de son dernier ouvrage paru en 2005. Dans un passage situé vers la fin du Cahier d’un retour au pays natal (pour célébrer la libération de l’Afrique), on peut lire:

Elle est debout la négraille !

La négraille aux senteurs d’oignon frit retrouve dans son sang répandu le goût amer de la liberté
Et elle est debout la négraille
la négraille assise
inattendument debout!
debout dans la cale
debout dans les cabines
debout sur le pont
debout dans le vent
debout sous le soleil
debout dans le sang
debout et libre
debout et non point pauvre folle dans sa liberté et son dénuement maritimes girant en la dérive parfaite et la voici :
plus inattendument debout!
debout dans les cordages
debout à la barre
debout à la boussole
debout à la carte
debout dans les étoiles
debout et libre
et le navire lustral s’avancer impavide sur les eaux écroulées.

Extrait de Cahier d’un retour au pays natal, Présence africaine (texte de l’édition 1956).

Séisme: Le témoignage de Voltaire, [Poème].

Japon, 11 Mars 2011

Entrailles, Terre, Colère. Oui encore…. Au Japon, un séisme d’une magnitude 8,9 sur l’échelle de Richter, s’est produit ce 11 mars au large de la côte nord-est du Japon, suivi d’un tsunami de dix mètres sur la côte de Sendai.

Le bilan est encore incertain. Il y aurait plusieurs centaines de victimes, de nombreux disparus et d’importants dégâts. La secousse a été ressentie jusque dans la capitale Tokyo. Des alertes au tsunami ont été déclenchées également sur les cotes russes, aux Philippines, en Indonésie, à Taiwan, aux îles Marianne ou encore à Hawaï. C’est le plus violent séisme jamais enregistré dans l’archipel nippon.

Ce séisme en rappel d’autres. Haïti le 12 janvier 2010, magnitude 7,3 sur l’échelle de Richter, puis 20 janvier (6.1). Bilan : plus de 230 000 morts, 300 000 blessés et 1,2 million de sans-abris.

Très peu de gens se souviennent de celui de Lisbonne le 01 novembre 1755. Le tremblement de terre de Lisbonne a eu lieu à Lisbonne (Portugal) le 1er novembre 1755 à 9h40 du matin. Selon les sources, il y’a eu entre 50 000 et 100 000 victimes. La secousse fut suivie par un tsunami et des incendies, qui détruisirent la ville de Lisbonne dans sa quasi-totalité. Ce séisme, le premier à avoir fait l’objet d’études scientifiques poussées, entraîna la naissance de la sismologie moderne. Les sismologues estiment sa magnitude entre 8,5 et 8,7 sur l’échelle de Richter. La secousse aurait été ressentie jusqu’au Maroc.

Ce fait historique se trouve dans l’héritage de la poésie de Voltaire (Poème sur le désastre de Lisbonne, 1756). Ce poème que je vous propose a fait l’objet d’une polémique en son temps, avec Rousseau. Lisons et, éprouvons.

« O malheureux mortels ! ô terre déplorable !
O de tous les mortels assemblage effroyable !
D’inutiles douleurs éternel entretien !
Philosophes trompés qui criez : « Tout est bien » ;
Accourez, contemplez ces ruines affreuses,
Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses,
Ces femmes, ces enfants l’un sur l’autre entassés,
Sous ces marbres rompus ces membres dispersés ;
Cent mille infortunés que la terre dévore,
Qui, sanglants, déchirés, et palpitants encore,
Enterrés sous leurs toits, terminent sans secours
Dans l’horreur des tourments leurs lamentables jours !
Aux cris demi-formés de leurs voix expirantes,
Au spectacle effrayant de leurs cendres fumantes,
Direz-vous : « C’est l’effet des éternelles lois
Qui d’un Dieu libre et bon nécessitent le choix ? »
Direz-vous, en voyant cet amas de victimes :
« Dieu s’est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes ? »
Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants
Sur le sein maternel écrasés et sanglants ?
Lisbonne, qui n’est plus, eut-elle plus de vices
Que Londres, que Paris, plongés dans les délices :
Lisbonne est abîmée, et l’on danse a Paris.
Tranquilles spectateurs, intrépides esprits,
De vos frères mourants contemplant les naufrages,
Vous recherchez en paix les causes des orages :
Mais du sort ennemi quand vous sentez les coups,
Devenus plus humains, vous pleurez comme nous.
Croyez-moi, quand la terre entr’ouvre ses abîmes,
Ma plainte est innocente et mes cris légitimes.(…) »

(extrait du Poème sur le désastre de Lisbonne, Voltaire, 1756)

La réponse de Rousseau dans une  »lettre à Voltaire » est à lire dans les commentaires. En attendant les vôtres.