« Traité sur la tolérance » (Voltaire, La Prière à Dieu , 1763 ) …

« La Prière à Dieu » [Voltaire, Traité sur la tolérance]....Après les attentats meurtriers de juillet 2011 en Norvège (Explosion en plein cœur d’Oslo et fusillade sur l’île d’Utoeya par Behring Breivik) j’avais édité un billet sur Voltaire (1694-1778) avec un extrait du «Traité sur la Tolérance  Chapitre XXIII : Prière à Dieu».

Dans ce texte – initialement écrit pour réparer l’erreur judiciaire dans l’affaire (jean) Calas –, Voltaire s’en réfère à Dieu dans un plaidoyer qui dénonce la fanatisme, c’est d’actualité. Dans le «Traité sur la tolérance», le philosophe mène la charge contre l’«hydre» du fanatisme religieux, et l’ouvrage  se classe désormais en tête des ventes depuis l’attentat meurtrier de Charlie Hebdo. Le lire si vous pouvez, pour aller au delà des nos petites différences, pour parfaire nos langages insuffisants et nos opinions insensées (je cite).

Pour ce billet-Voltaire nouvelle édition, je vous propose une lecture de la « Prière à Dieu » via un extrait vidéo du film « L’Affaire Voltaire » de Jacques Meny (1994) – réalisé par Charles-Antoine Decroix dans l’Église érigée par Voltaire «pour Dieu» à Ferney –

« Que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution » [Voltaire]. Un très beau texte? Oui. Personnellement – mon avis -, « je refuse de tolérer l’intolérance des cons, d’ici et d’ailleurs », c’est « Ma Prière à Dieu »

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Nouvelle extrême-droite: Traité sur la Tolérance, ‘’la prière à Dieu‘’…

Voltaire (1694-1778) est un des grands philosophes de l’époque des Lumières, auteur de contes, de pamphlets, d’essais et d’une œuvre assez engagée où la satire est omniprésente. Le Traité sur la tolérance est un important essai dans lequel il envisage toutes les formes d’injustice de son époque.

Le chapitre XXIII présente une prière pour ridiculiser le fanatisme religieux et proposer une attitude humaniste. Par les temps qui courent, cette relecture est conseillée…

L’actualité l’oblige pour essayer de comprendre ce qui se passe autour de nous. Comprendre? Du moins essayer de comprendre ce que la nouvelle extrême-droite (FN, UMP Tendance Droite Populiste) n’a pas compris. Il y a des choses que la conscience collective reprouve avec force et conviction: Le terrorisme.

Le drame d’Oslo est qualifié par certains de faits divers. L’excuse ‘’musulmane‘’ écartée, l’attentat terroriste est devenu ‘’l’attentat d’Oslo‘’, un simple ‘’acte odieux‘’.

Rappel: 92 morts et de nombreux blessés. Ce n’est pas une fiction et la vérité n’est pas ailleurs, elle est en nous, dans notre capacité à dire les choses. Osons. Oui, le crime est odieux, c’est un acte commis par l’un des nôtres, par un terroriste.

On note l’absence des débats sur ce terrorisme sur les chaines d’informations en continu: Une première. Tolérance? Ce billet a pour but de dénoncer cette tolérance, puis dans un second temps, en lisant Voltaire, remettre en avant les vertus universelles qui fondent la République. Voltaire mine de s’adresser à Dieu pour mieux mettre en lumière la remise en cause de l’homme. Il souligne l’absence de responsabilité divine dans le malheur des hommes.

Dénonciation de la capacité de l’homme à faire le mal. Sa capacité de destruction, de fanatisme. Il parle de la guerre. L’homme est soumis à l’erreur, fait de son absence de jugement la cause des calamités. Il dénonce le désir de richesse, de puissance qui débouche sur la tyrannie. C’est une critique de l’homme imparfait…

Voltaire (1694-1778), Traité sur la Tolérance  Chapitre XXIII : Prière à Dieu

Conçu initialement pour réparer l’erreur judiciaire à l’origine de l’affaire Calas, cet ouvrage acquiert progressivement une portée universelle, devenant un plaidoyer en faveur de la tolérance.

Ce n’est donc plus aux hommes que je m’adresse; c’est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps: s’il est permis à de faibles créatures perdues dans l’immensité, et imperceptibles au reste de l’univers, d’oser te demander quelque chose, à toi qui as tout donné, à toi dont les décrets sont immuables comme éternels, daigne regarder en pitié les erreurs attachées à notre nature ; que ces erreurs ne fassent point nos calamités.

Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger; fais que nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d’une vie pénible et passagère;

que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps, entre tous nos langages insuffisants, entre tous nos usages ridicules, entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées, entre toutes nos conditions si disproportionnées à nos yeux, et si égales devant toi;

que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution;

que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer supportent ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil ;

que ceux qui couvrent leur robe d’une toile blanche pour dire qu’il faut t’aimer ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire;

qu’il soit égal de t’adorer dans un jargon formé d’une ancienne langue, ou dans un jargon plus nouveau ; que ceux dont l’habit est teint en rouge ou en violet, qui dominent sur une petite parcelle d’un petit tas de la boue de ce monde, et qui possèdent quelques fragments arrondis d’un certain métal, jouissent sans orgueil de ce qu’ils appellent grandeur et richesse, et que les autres les voient sans envie: car tu sais qu’il n’y a dans ces vanités ni de quoi envier, ni de quoi s’enorgueillir.

Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères! Qu’ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes, comme ils ont en exécration le brigandage qui ravit par la force le fruit du travail et de l’industrie paisible!

Si les fléaux de la guerre sont inévitables, ne nous haïssons pas les uns les autres dans le sein de la paix, et employons l’instant de notre existence à bénir également en mille langages divers, depuis Siam jusqu’à la Californie, ta bonté qui nous a donné cet instant.

Ce Que je pense? Décomplexer certaines choses n’est pas sans conséquences. Nourrir certaines velléités extrémistes à des fins électorales conduit à des comportements dommageables pour l’ensemble de la société.

Moralité.. « A trop vouloir tolérer notre intolérance… »

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Voltaire, Traité sur la tolérance à l’occasion de la mort de Jean Calas (1763), chapitre XXIII. Écoutez, Version audio [illustration *Newsweek 2010]: Sarkozy symbole de l’extrême droite en Europe, selon Newsweek septembre 2010: ‘’La région la plus démocratique du monde est désormais le terreau des politiques extrêmes‘’, analyse le journaliste Denis MacShane. Ces politiques s’appuient selon lui sur ‘’ceux qui relient leurs déboires nationaux aux immigrés – ou aux puissances nucléaires, ou à l’Union européenne, ou aux musulmans, ou aux juifs, ou au marché, ou aux États-Unis‘’.

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Séisme: Le témoignage de Voltaire, [Poème].

Japon, 11 Mars 2011

Entrailles, Terre, Colère. Oui encore…. Au Japon, un séisme d’une magnitude 8,9 sur l’échelle de Richter, s’est produit ce 11 mars au large de la côte nord-est du Japon, suivi d’un tsunami de dix mètres sur la côte de Sendai.

Le bilan est encore incertain. Il y aurait plusieurs centaines de victimes, de nombreux disparus et d’importants dégâts. La secousse a été ressentie jusque dans la capitale Tokyo. Des alertes au tsunami ont été déclenchées également sur les cotes russes, aux Philippines, en Indonésie, à Taiwan, aux îles Marianne ou encore à Hawaï. C’est le plus violent séisme jamais enregistré dans l’archipel nippon.

Ce séisme en rappel d’autres. Haïti le 12 janvier 2010, magnitude 7,3 sur l’échelle de Richter, puis 20 janvier (6.1). Bilan : plus de 230 000 morts, 300 000 blessés et 1,2 million de sans-abris.

Très peu de gens se souviennent de celui de Lisbonne le 01 novembre 1755. Le tremblement de terre de Lisbonne a eu lieu à Lisbonne (Portugal) le 1er novembre 1755 à 9h40 du matin. Selon les sources, il y’a eu entre 50 000 et 100 000 victimes. La secousse fut suivie par un tsunami et des incendies, qui détruisirent la ville de Lisbonne dans sa quasi-totalité. Ce séisme, le premier à avoir fait l’objet d’études scientifiques poussées, entraîna la naissance de la sismologie moderne. Les sismologues estiment sa magnitude entre 8,5 et 8,7 sur l’échelle de Richter. La secousse aurait été ressentie jusqu’au Maroc.

Ce fait historique se trouve dans l’héritage de la poésie de Voltaire (Poème sur le désastre de Lisbonne, 1756). Ce poème que je vous propose a fait l’objet d’une polémique en son temps, avec Rousseau. Lisons et, éprouvons.

« O malheureux mortels ! ô terre déplorable !
O de tous les mortels assemblage effroyable !
D’inutiles douleurs éternel entretien !
Philosophes trompés qui criez : « Tout est bien » ;
Accourez, contemplez ces ruines affreuses,
Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses,
Ces femmes, ces enfants l’un sur l’autre entassés,
Sous ces marbres rompus ces membres dispersés ;
Cent mille infortunés que la terre dévore,
Qui, sanglants, déchirés, et palpitants encore,
Enterrés sous leurs toits, terminent sans secours
Dans l’horreur des tourments leurs lamentables jours !
Aux cris demi-formés de leurs voix expirantes,
Au spectacle effrayant de leurs cendres fumantes,
Direz-vous : « C’est l’effet des éternelles lois
Qui d’un Dieu libre et bon nécessitent le choix ? »
Direz-vous, en voyant cet amas de victimes :
« Dieu s’est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes ? »
Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants
Sur le sein maternel écrasés et sanglants ?
Lisbonne, qui n’est plus, eut-elle plus de vices
Que Londres, que Paris, plongés dans les délices :
Lisbonne est abîmée, et l’on danse a Paris.
Tranquilles spectateurs, intrépides esprits,
De vos frères mourants contemplant les naufrages,
Vous recherchez en paix les causes des orages :
Mais du sort ennemi quand vous sentez les coups,
Devenus plus humains, vous pleurez comme nous.
Croyez-moi, quand la terre entr’ouvre ses abîmes,
Ma plainte est innocente et mes cris légitimes.(…) »

(extrait du Poème sur le désastre de Lisbonne, Voltaire, 1756)

La réponse de Rousseau dans une  »lettre à Voltaire » est à lire dans les commentaires. En attendant les vôtres.