La « discrétion civique »: l’innovation politique de David Pujadas #Dpda

Jeudi dernier sur le plateau de l’émission « Des paroles et des actes », France 2 a proposé à la France médusée une première inédite dans une émission politique: le témoignage anonyme de la mère d’une victime face à Christiane Taubira, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux.

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C’est une pratique courante dans les émissions de variétés, mais une première pour un débat politique, un « face-à-l’ombre » qui nous éloigne du légendaire « face-à-face ». Le difficile récit de cette femme ne nous soustrait pas de l’obligation de voir la chose sous un autre angle. On peut légitimement s’interroger sur l’intérêt journalistique de la méthode, s’appesantir sur le piège Pujadas ou, parler d’indignité, etc., je vais me limiter à la « peur des représailles » pour ce billet dominical.

En quoi la « peur des représailles » de l’invitée mystère de Pujadas diffère-elle de celle des infirmières marseillaises, menacées dans un hôpital de la citée phocéenne? Elles n’avaient pas porté plainte par peur des représailles, suscitant l’indignation à la UNE de toutes les chaines d’info et de la presse. Je peux comprendre l’inquiétude des victimes mais, que la télévision (publique) rende légitime cette « peur des représailles » pose un sérieux problème. Inciter les victimes à renoncer à leurs droits en se cachant, c’est à mon avis, participer à ce qu’il convient d’appeler la discrétion civique. Avec un voile intégral sur le visage, le résultat serait le même.

Dans le cadre du débat politique, cette pratique peut entrainer de sérieuses dérives avec de faux témoignages par exemple, l’évocation des faits imaginaires sans aucune possibilités de vérification. Être confronté à un militant politique anonyme de l’opposition serait alors possible, à la Papy Voise...

Comme l’a justement rappelé Christiane Taubira: « la justice se rend dans les juridictions, elle se rend dans les prétoires ». Donc, pas à la télévision et surtout pas de façon anonyme.

Des paroles, et des doutes.

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3 réflexions au sujet de « La « discrétion civique »: l’innovation politique de David Pujadas #Dpda »

  1. La pauvreté, la misère, les maladies, l’angoisse, la peur, la crainte de disparaître, le sous développement généralisé ne sont ni une tare ni une fatalité ou une malédiction de notre peuple. L’expérience des années 1970 et 1980, les années glorieuses de notre prospérité, prouve suffisamment comment les Rwandais sont travailleurs et ingénieux et peuvent encore se relever si la paix et la sécurité pouvaient leur être assurées. Bien sûr notre pays n’a pas les mêmes ressources que ses voisins, mais sa ressource fondamentale est le génie et travail assidu de son peuple. Pouvons-nous pacifier ce peuple, le réconcilier à jamais et le protéger contre les prédateurs qui se battent pour les « places » et qui, toujours, finissent leur combat dans un bain du sang?

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